Publié par la rédaction le 15 février 2010 à 16:31
Les fabricants de foie gras retrouvent le sourire. Malgré la crise, les Français n’ont pas boudé leur plaisir pendant les fêtes. Après un mauvais cru 2008, les ventes ont progressé l’an passé de 5,7 % en valeur et de 8,5 % en volume, selon IRI France. La saison de Noël - 70 % de l’activité - a même connu une hausse à deux chiffres (+ 10,6 % en volume). «Le très bon déroulement de la saison festive redonne le moral à l’ensemble de la filière», reconnaît Marie-Pierre Pé, secrétaire général du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). Le numéro 2, Delpeyrat, a ainsi vu ses ventes pendant les fêtes bondir de 110 %, profitant aussi d’une présence renforcée chez les distributeurs. Ce qui porte son chiffre d’affaires annuel à 400 millions d’euros (dont 250 millions en foie gras), contre 325 millions en 2008. Le leader, Labeyrie, a vu sa part de marché légèrement croître autour de 24 %. Quant à Euralis, numéro 3 avec Montfort, il a stabilisé ses ventes à 1,29 million d’euros mais il a plongé dans le rouge en raison de la baisse de ses revenus dans la restauration et à l’export, les deux points noirs du secteur. La stabilité des prix - qu’il s’agisse du mi-cuit, le gros du marché, ou des conserves - n’est pas étrangère au rebond. De même que les nombreuses promotions et la réduction des conditionnements dans les rayons des supermarchés. Delpeyrat a ainsi lancé des tranches de foie gras (40 g) à un euro. Par ailleurs, «le bloc de foie frais a été remis à l’honneur par les grandes et moyennes surfaces», note une étude du cabinet Précepta. La crise n’a donc pas découragé la consommation de ces produits plutôt chers. «En période difficile, les gens ont besoin de plaisir et de réassurance», constate Julie Bernadet, directrice marketing de Labeyrie. Les Français se sont ainsi réfugiés pendant les fêtes sur l’alimentaire festif (saumon fumé, foie gras, champagne, etc.) dont les ventes ont crû de 5,6 %. Le foie gras a également profité du report des dépenses de restauration sur la consommation à domicile. Moins de canards à gaver La filière a tiré les enseignements du marasme de 2008. Près de 6 millions d’euros ont été investis à l’automne dernier dans une campagne publicitaire. Du jamais vu ! L’objectif : faire démarrer les ventes dès novembre, en ressuscitant notamment le 11 novembre une tradition paysanne, la Saint-Martin. Le Cifog devrait réitérer l’opération cette année. Il a fallu aussi rationaliser la production. «Ce n’était pas une crise de consommation mais de surproduction sur l’amont», explique Thierry Blandinières, le patron de Delpeyrat. Le nombre de canards, qui augmentait de 7 % par an, a été réduit. La profession préconisait une baisse de 10 % dès 2009. Les agriculteurs ont finalement réduit leur élevage de 6 %. À cette baisse de revenus pour les exploitants, il faudra ajouter jusqu’en 2016 plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements en équipement afin de complaire à la réglementation européenne. Pendant les douze jours de gavage, les canards français ne pourront plus rester en logements dits individuels (de 12 à 15 euros la place). Ils devront passer en collectif plus onéreux (30 à 50 euros). Du côté des fabricants, le défi majeur consiste à renforcer leur compétitivité face aux marques de distributeurs, toujours plus présentes en rayon : 37,8 % du marché, contre 29,8 % il y a dix ans. Pour cette année, la prudence reste de mise. La profession a rarement connu deux années fastes consécutives. Les ventes devraient rester stables, selon Cifog.
Publié par la rédaction le 15 février 2010 à 14:46
«Il veut débarrasser le débat des régionales d’un de ses éléments les plus forts». Jean-Luc Melenchon, président du Parti de gauche, résume la pensée générale de l’opposition, alors que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer une prolongation du débat sur la réforme des retraites jusqu’en avril et un projet de loi en septembre «Le chef de l’Etat a compris que le rapport de force lui est défavorable», a-t-il déclaré. Pour l’eurodéputé, « le Sarkozy triomphant est fini». Nicolas Sarkozy a affirmé lors de l’ouverture du sommet social qu’aucune loi ne sera passée de force en juillet. Mais la gauche pense le contraire. Pour Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, « Nicolas Sarkozy fait mine d’organiser un débat pour finalement passer en force avant l’été en imposant coûte que coûte la réforme qu’il a déjà décidée ». Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, pense aussi que le président de la République recule pour mieux sauter. « Le gouvernement a lancé sa campagne d’intox sur les retraites. Ce ne sera pas un débat, le gouvernement sait très bien où il veut en venir et ce sera un recul pour les salariés », a-t-elle ajouté. «Rester ferme» Le député PS Gaëtan Gorce a encouragé lundi la gauche à «reprendre la main» sur le dossier des retraites. «Le PS devrait proposer avec insistance et fermeté la convocation d’une grande conférence sur les retraites destinée à fixer les paramètres de la réforme». L’idée d’une réunion sur le dossier a justement été évoquée par Olivier Besancenot. Le leader du NPA appelle toute la gauche, de Martine Aubry (PS) à Arlette Laguiller (LO), à se retrouver «dès cette semaine», pour défendre la retraite à 60 ans. Mais l’union ne s’annonce pas facile. Le député socialiste Pierre Moscovici a par exemple estimé que la proposition d’Olivier Besancenot de revenir à 37,5 années de cotisation n’était pas réaliste. «La question c’est de définir la bonne durée de cotisation et de le faire pour longtemps, c’est-à-dire de le faire de façon stable. Le retour à 37 annuités et demi pourrait être souhaitable, mais comme règle, non». Pour Jean-Marie Le Guen, député de Paris, mieux vaut trouver un terrain d’entente pour «ne pas laisser au gouvernement le monopole des solutions». Pour cela, «le parti socialiste doit peser sur le cours des négociation». Les syndicats sont pour le moment discrets. Seul le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s’est exprimé, tempérant aussi les ardeurs. Selon lui, la situation financière des régimes de retraite ne nécessite pas de «mesures urgentes même si elle nécessite d’être travaillée sur le moyen et le long terme». «Ces processus de réforme se font sous la pression d’institutions financières qui exigent que les Etats reviennent dans les clous de l’orthodoxie budgétaire», affirme-t-il, en référence au problème de la Grèce. Consensus Laurence Parisot, la présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), veut croire de son côté à un consensus sur le dossier des retraites. Selon elle, cet objectif est «possible à atteindre ». La patronne des patrons s’attend à une «décision à la sortie de l’été». Elle s’était prononcée encore ce week end lors d’une interview au JDD pour un report de l’âge légal de départ à la retraite. Le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez a pour sa part espéré sur Europe 1 que la réforme se fasse «avec une concertation la plus large possible», avec «un peu de courage politique» et « moins de démagogie». «Il faut aussi que les partis politiques fassent un peu de travail», ajoute-t-il, en référence aux hésitations du Parti socialiste pour fixer un âge de départ à la retraite.
Publié par la rédaction le 13 février 2010 à 19:26
Martine Aubry a retrouvé l’identité nationale… à la Réunion. Quelques jours à peine après le «point d’étape» du gouvernement sur le sujet, la première secrétaire du PS a entamé samedi une visite de trois jours dans l’île, son premier déplacement outre-mer depuis son installation rue de Solférino. Un voyage organisé dans le cadre des élections régionales de mars pour soutenir les socialistes réunionnais mais aussi pour adresser un message à portée nationale. Accueillie à son arrivée à l’aéroport de Saint-Denis par quelques 150 militants socialistes, Martine Aubry donne d’emblée la tonalité de sa visite. «La France qu’on aime c’est la Réunion avec cette identité nationale que vous faites vivre et que nous voudrions retrouver en métropole», lance-t-elle avant de saluer la société réunionnaise «métissée» où les religions cohabitent. «Je trouve ça formidable cette capacité des hommes et des femmes de cette région de faire vivre vraiment la République, ça tombe bien dans le débat actuel», ajoute-t-elle. A en croire le maire socialiste de Saint-Denis, Gilbert Annette, le débat sur l’identité nationale n’a d’ailleurs rencontré que très peu d’écho dans l’île. «Ce débat, nous ne le comprenons pas. Cela n’a pas de sens. Notre problème c’est le développement économique et la compétitivité de l’île. Il n’y a pas eu de débat organisé ici. Je n’en ai pas entendu parler», assure-t-il. «Une tête de gendre idéal» Après avoir visité le centre des cyclones tropicaux de Meteo France, Martine Aubry s’installe à la terrasse d’un café de la ville avec son équipe et revient sur le sujet en s’en prenant vivement à François Fillon. «Ses dix propositions sur l’identité nationale sont ridicules, elles ne portent que sur l’immigration», assure-t-elle. Il n’y a pas que cela. L’implication du premier ministre dans la campagne des élections régionales agace la première secrétaire. «Fillon c’est quand même l’exécuteur des basses œuvres de Nicolas Sarkozy. C’est lui qui s’occupe de tout le sale boulot et on lui fait une tête de gendre idéal», déplore-t-elle. C’est que François Fillon est populaire, plus en tous cas que Nicolas Sarkozy, et que les socialistes sont encore empêtrés dans leur combat contre Georges Frêche dans le Languedoc-Roussillon. Martine Aubry avait prévu de se rendre à la Réunion avec toute sa garde rapprochée mais au dernier moment, elle a demandé à son bras droit François Lamy de rester à Paris pour gérer le conflit. Tous les autres sont là : Claude Bartolone, Jean-Christophe Cambadélis et son directeur de cabinet Jean-Marc Germain. Et ils relayent le message de la première secrétaire : «On ne peut pas parler de rénovation du PS et accepter une telle mainmise sur une fédération comme cela». Martine Aubry compte-t-elle se rendre dans le Languedoc-Roussillon pour soutenir la candidature d’Hélène Mandroux face à Georges Frêche ? «Bien sûr», répond-t-elle du tac au tac. Mais pour l’heure, elle doit se rendre au conseil général pour une rencontre à huis clos avec sa présidente Nassimah Dindar, musulmane encartée à l’UMP qui dirige avec la gauche. Une particularité locale. «Son discours m’a paru très ouvert par rapport à ce que nous pouvons vivre aujourd’hui en métropole», commente Martine Aubry à l’issue de la rencontre. Pour les régionales, la droite se présente divisée devant les électeurs avec deux listes concurrentes. Massimah Dindar refuse de se prononcer sur le conflit mais la question provoque un commentaire amusé de Martine Aubry : «Quant il n’y a plus de ligne politique, les querelles de personnes reprennent le dessus et croyez-moi… je sais de quoi je parle.» LIRE AUSSI » Les relations entre socialistes et écologistes se tendent » DOSSIER SPECIAL - Régionales 2010
Publié par la rédaction le 13 février 2010 à 9:05
Les forces internationales et afghanes cherchent à couper les talibans de leurs ressources. Dans la nuit de vendredi à samedi, 2.500 soldats de la fragile armée afghane, épaulés par quelque 12.500 hommes de l’Otan - des Américains, britanniques, danois et estoniens principalement -, ont lancé l’opération Mushtarak («ensemble», en dari). Cette offensive majeure dans le sud de l’Afghanistan vise à déloger les talibans de la province du Helmand, district agricole fertile et véritable grenier de l’opium, devenu un des bastions des insurgés islamistes. Dans un communiqué, la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité (Isaf) de l’Otan évoque une «action militaire déterminante de nettoyage». Préparée de longue date, l’opération est la plus massive menée par les forces internationales depuis l’annonce de l’envoi pour 2010 de 30.000 soldats américains en renfort par le président Barack Obama en décembre. Et l’une des plus importants depuis le début de la guerre fin 2001, selon des responsables militaires. Les insurgés, de leur côté, ont raillé une opération «médiatisée» qui se concentre sur la ville de Marjah, «très petite zone» malgré ses 125.000 habitants. Gagner «les coeurs et les esprits» Spectaculaire, l’offensive ne doit pas forcément mener à de longs combats en face à face. Lors d’une opération de test menée l’été dernier sur les districts de Garmser et Nawa, la plupart des insurgés avaient fui plutôt que d’affronter des Marines puissamment armés. Cette fois, les insurgés ont prévenu qu’ils auraient recours à leur tactique habituelle de harcèlement, au moyen d’embuscades et d’engins explosifs artisanaux cachés sur les routes. La résistance serait ainsi «minime», a indiqué samedi matin un porte-parole de l’armée américaine, alors que cinq talibans ont été tués. «Cette bataille doit montrer aux talibans et aux autres groupes anti-gouvernementaux la force du gouvernement, leur montrer qu’il n’y a pas d’endroit où ils peuvent se reposer, afin qu’au bout de compte, ils en viennent à vouloir la réconciliation», explique le politologue afghan Ahmad Saedi. En clair, il s’agit de prendre position dans des endroits-clés et d’y rester. Le général Stanley McChrystal, nouveau commandant des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, a mis au point ce principe de contre-insurrection, qui préconise de faire suivre rapidement les succès militaires par de l’aide au développement, afin de gagner «les cœurs et les esprits». L’opération Mushtarak doit aussi confirmer que les règles du jeu ont changé. En juillet, Barack Obama avait déclaré que la protection des populations avait désormais la priorité sur l’élimination des talibans. Selon une nouvelle stratégie, les forces afghanes et internationales ont en effet renoncé à l’effet de surprise. Depuis deux semaines, des avertissements répétés de l’Otan à la population de la zone de Marjah prévenaient de l’imminence du déploiement, et recommandaient aux habitants de rester chez eux. Les Etats-Unis prévoient de débuter en juillet 2011 leur retrait militaire d’Afghanistan.
Publié par la rédaction le 12 février 2010 à 7:32
Longtemps annoncée, enfin officialisée. La scission des activités de Motorola prend forme. L’équipementier de télécoms américain annonce ce jeudi soir que l’opération donnera naissance à deux sociétés: l’une regroupant l’activité de téléphones portables et décodeurs et l’autre les matériels professionnels. Les deux seront cotées en Bourse au premier trimestre 2011 et garderont la marque Motorola. Au passage, le groupe annonce que son co-directeur général Sanjay Jha, chargé depuis l’été 2008 de la division téléphones portables, ajoutait à ses responsabilités les équipements pour la maison. Selon lui, les deux activités sont «hautement complémentaires», et les réunir permettrait d’être «positionné au mieux pour être leader dans la convergence de la mobilité, des médias et de l’internet». Greg Brown devient dirigeant des activités professionnelles qui regroupent les talkie-walkies, lecteurs de codes-barres ou encore équipements pour les réseaux de téléphonie mobile. «Nous pensons que cette structure fournit une grande flexibilité opérationnelle et stratégique aux deux sociétés, les positionne pour le succès et renforce la valeur à long terme pour les actionnaires», a fait valoir le président du conseil d’administration, David Dorman. Ce jeudi, l’action du groupe gagnait 3,76% à 6,90 dollars après la clôture de Wall Street. LIRE AUSSI: » Motorola va lancer 20 smartphones sous Android
Publié par la rédaction le 11 février 2010 à 2:49
Le chinois fait son bond en avant depuis 2005, date à laquelle cette langue considérée jadis comme une fantaisie exotique de lettrés est passée au cinquième rang des langues les plus enseignées dans le secondaire français, au détriment du russe. Depuis, chaque année, sa progression en termes d’effectifs d’élèves est la plus forte de toutes les langues. Cette rentrée, 25.675 élèves se sont engagés dans son apprentissage, contre seulement 9.328 en 2004. Certes, proportionnellement, le nombre de jeunes Français apprenant l’anglais (plus de 5 millions) ou l’espagnol reste sans commune mesure. Mais le chinois laisse désormais loin derrière lui le russe ou l’arabe. Cet intérêt pour la langue chinoise est mondial, à tel point que, dans les meilleures universités américaines (Princeton, Stanford), le nombre d’étudiants sinisants rivalise avec celui des étudiants hispanistes pour la première place des langues étudiées et devance ceux de français et d’allemand. Il supplante aussi le français dans les universités italiennes. «Ce n’est pas un effet de mode» L’intérêt pour le chinois n’est pas lié à une augmentation de la population sinophone, puisque 90 % des élèves étudiant le chinois dans le secondaire sont de langue maternelle française. «Ce n’est pas non plus un effet de mode ; cette langue a désormais un statut international», affirme Joël Bel Lassen, inspecteur général de chinois. Contrairement à l’enseignement du russe, très soutenu par l’institution scolaire dans les années 1960-1970, l’essor du chinois vient d’abord d’une forte demande des familles. La Chine est aujourd’hui la première destination des expatriés européens, devant les États-Unis et le Royaume-Uni. C’est aussi la deuxième économie mondiale : ces données, parents et enfants se les sont appropriées. Le chinois est désormais perçu comme un atout dans un parcours scolaire. «Que vous travailliez ou étudiez dans le domaine du commerce, de la médecine, de l’informatique ou des mathématiques, vous allez rencontrer ce pays lors de votre parcours professionnel», observe Joël Bel Lassen. «Si, il y a dix ans, cette langue était choisie pour son côté exotique, c’est désormais l’aspect pratique qui prédomine », confirme Sylvaine Gautier-Le Bronze, professeur de chinois au lycée Émile-Zola à Rennes. À l’entendre, ses anciens élèves se disent avantagés lorsqu’ils passent des examens oraux à l’entrée d’écoles de commerce ou d’ingénieurs : «On leur pose souvent des questions sur la langue chinoise avec intérêt.» À niveau égal, affirme-t-elle, le dossier d’un élève ayant appris le chinois «devient prioritaire» pour une entrée en classe préparatoire. Les mathématiques en chinois Nombreux sont les lycées privés et publics renommés qui proposent désormais cette langue, à l’instar d’Henri-IV, Fénelon, Stanislas, Carnot à Paris, ou Montaigne et Sainte-Marie-Grand-Lebrun à Bordeaux. Depuis 2008, quinze sections internationales très élitistes ont par ailleurs été créées : on y apprend les mathématiques en chinois… Mais cette langue ne se cantonne pas aux beaux quartiers. Elle est aussi enseignée au collège de Pontivy dans le Morbihan ou au lycée hôtelier Sainte-Thérèse à La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). «Le profil des élèves s’est démocratisé», assurent les enseignants. Et les motivations ne se limitent pas uniquement à des questions utilitaristes. Le chinois attire aussi «parce que les autres n’en font pas. C’est parfois tout simplement une façon de se distinguer», observe Sylvaine Gautier-Le Bronze. Professeur de chinois au lycée Gymnase Jean-Sturm à Strasbourg, Sandra Lipster raconte que «certains s’inscrivent après avoir vu un film de kung-fu ou parce qu’ils sont intrigués par l’écriture, qu’ils jugent mystérieuse». Le chinois capte depuis toujours les élèves ou les étudiants qui ont le goût du dépaysement et du défi. Il fait, plus que jamais, rêver…
Publié par la rédaction le 11 février 2010 à 0:36
Air France-KLM ne parvient pas à sortir du brouillard dans lequel elle navigue depuis quatre trimestres. La compagnie aérienne annonce ce mercredi une nouvelle perte au troisième trimestre de son exercice décalé 2009-2010, la cinquième d’affilée. Sur cette période (octobre-décembre), le groupe engrange une perte nette de 295 millions d’euros. C’est moins que les 508 millions de l’année précédente mais c’est nettement plus que les 216 millions prévus par les analystes. La perte d’exploitation déçoit aussi les attentes, à -245 millions contre les -194 attendus par le marché. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires chute de 16% à 5,19 milliards d’euros. Les observateurs s’attendaient à 5,34 milliards d’euros. «L’activité a montré au cours de ce trimestre quelques signes de redressement mais dans un environnement économique qui reste difficile», commente le groupe dans un communiqué. Perte d’exploitation record sur l’ensemble de l’exercice Pour la suite, Air France KLM table sur un résultat d’exploitation au quatrième trimestre de son exercice décalé «du même ordre que celui de l’année dernière» soit 574 millions d’euros. Cela «compte tenu de la reprise plus tardive qu’attendu des recettes unitaires, de capacités inférieures et d’une augmentation d’environ 300 millions de dollars de la facture pétrolière». Cela signifie qu’à ce rythme, la perte opérationnelle sur l’ensemble de l’exercice pourrait atteindre un record. En effet, sur neuf mois, la perte opérationnelle du groupe s’établit déjà à 788 millions d’euros. En y ajoutant la perte de 574 millions engrangée au quatrième trimestre, la perte opérationnelle sur la totalité de l’exercice pourrait dépasser 1,3 milliard d’euros. Dans un horizon plus lointain, Air France-KLM confirme viser un retour à l’équilibre opérationnel pour son exercice 2010-11, hors impact des couvertures pétrolières antérieures à 2009. La compagnie compte sur les réductions de coûts, «une légère progression attendue des recettes unitaires, la mise en oeuvre du produit moyen-courrier et la restructuration engagée de l’activité cargo». L’environnement général donne des signes d’amélioration dans le transport aérien, confirme également l’Association internationale du transport aérien (IATA). La situation pourrait difficilement être plus mauvaise qu’en 2009. LIRE AUSSI: » Le trafic passagers d’Air France fond encore en janvier
Publié par la rédaction le 10 février 2010 à 16:52
Neuf départements ont été placés en alerte orange neige et verglas par Météo Consult : le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Seine-Maritime, le Calvados, la Seine-et-Marne, l’Essonne, les Alpes-Maritimes et le Var. De l’instabilité neigeuse est arrivée de la Manche aujourd’hui. Ce système d’averses assez peu organisées mais localement intenses s’est généralisé à l’axe central du pays au fur et à mesure de la journée. Il engendre des ondées assez faibles dans l’ensemble, mais localement plus marquées vers le Pas-de-Calais. En raison des températures négatives, cette neige tient au sol. L’autoroute A1 était coupée ce matin dans le sens Paris-Lille à Quiéry-la-Motte (Pas-de-Calais) en raison de la neige qui occasionnait jusqu’à 80 km de retenues dans la région lilloise, selon le Centre régional d’informations sur les conditions routières (CRICR). Dans le sens Lille-Paris, un accident entre deux poids lourds et une voiture a provoqué un bouchon de 25 km entre Dourges (Pas-de-Calais) et Lille. La neige a également entraîné quelques difficultés sur l’A25, dans le sens Lille-Dunkerque, de Steenvorde (Nord) aux portes de la capitale des Flandres. «On enregistre de 70 à 80 km de bouchons au total. En période de vacances, un mercredi, c’est anormal», selon le responsable du CRICR. Dans l’après-midi, les chutes de neige vont progresser de la Sarthe vers les régions centrales et les Pays de Loire. Là aussi, la neige tiendra au sol et laissera 1 à 3 cm au sol en moyenne. De nouvelles averses de neige toucheront le Nord-Pas-de-Calais. On attend jusqu’à 10 cm sur le Boulonnais par cumul. En soirée, il neigera modérément de la Dordogne au nord du Massif Central et au Berry. La couche au sol sera de l’ordre de 2 cm en général. Dans le même temps, les averses de neige s’intensifieront à nouveau depuis les côtes normandes jusqu’au littoral belge. Il pourrait tomber jusqu’à 5 cm supplémentaires aux endroits exposés. Ailleurs, ces ondées seront plus localisées. Demain jeudi, l’instabilité neigeuse devrait se décaler de la Basse-Normandie au Perche, tout en continuer toucher le nord-est du pays. Ailleurs, un temps gris et faiblement neigeux prévaudra. [LIRE AUSSI - Trafic perturbé à Roissy]
Publié par la rédaction le 10 février 2010 à 10:35
L’écart se resserre singulièrement en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) entre le président socialiste sortant, Michel Vauzelle, et son principal rival, Thierry Mariani, qui conduit la liste de large rassemblement UMP-Nouveau Centre-MPF-CPNT. Selon le baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI, la liste de la majorité présidentielle devancerait au premier tour de six points, avec 30 % d’intentions de vote, la liste PS-PRG-MRC, en perte de sept points avec 24 % des voix, par rapport au dernier sondage OpinionWay du 29 octobre. Pour expliquer ce retournement de tendance, Bruno Jeanbart, le directeur général adjoint d’OpinionWay, invoque deux raisons : «En octobre, on était en pleine polémique sur l’affaire Jean Sarkozy, l’un des pires moments pour la majorité» et «traditionnellement, les électeurs de la majorité se mobilisent plus tardivement que ceux de l’opposition». Grâce à une campagne de terrain acharnée, le député UMP du Vaucluse, dont le principal handicap était un manque de notoriété dans l’ensemble de la région Paca, est en passe de talonner le président socialiste sortant. Au second tour, sa liste est créditée de 41 % des voix (plus quatre points), contre 44 % (moins six points) pour celle conduite par Michel Vauzelle, dans le cadre d’une triangulaire avec la liste conduite par Jean-Marie Le Pen (15 %). Le président du Front national demeure le troisième acteur incontournable de cette campagne régionale. Sa liste gagne trois points au premier tour et deux points au second tour, par rapport au sondage d’octobre, ce qui rend très vraisemblable une triangulaire au second tour. Parmi les huit autres listes en compétition, celle conduite par Laurence Vichnievsky, ancienne juge d’instruction, chef de file régionale des Verts-Europe Écologie, reste stable avec 13 % des voix, malgré la concurrence d’une liste de l’Alliance écologique indépendante conduite par Patrice Miran, qui recule d’un point, à 4 %. La liste MoDem animée par Catherine Levraud, secondée par Christophe Madrolle, vice-président de la communauté urbaine de Marseille, enregistre un sérieux revers, avec 3 % des intentions de vote (moins quatre points). Il est vrai que la liste MoDem devait être dirigée par François-Xavier de Peretti, lequel a choisi d’abandonner la campagne régionale afin de se consacrer à Aix-en-Provence, dans l’espoir d’une hypothétique invalidation de l’élection municipale par la cour d’appel. Combat difficile Les deux listes d’extrême gauche sont en très légère hausse : celle du Front de gauche (PCF, Parti de gauche), conduite par Jean-Marc Coppola, est à 6 % (plus deux points), et celle du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), menée par Pierre Godard et sur laquelle figure une candidate voilée, est créditée de 2 % (plus un point). Enfin, le maire d’Orange, Jacques Bompard, qui mène une liste de la Ligue du Sud, après son divorce avec Philippe de Villiers, est condamné à faire de la figuration avec 1 % seulement. Un score équivalent à celui de la liste de l’Alliance centriste, conduite par Bruno Ravaz. Après la défection d’Hubert Falco, secrétaire d’État aux Anciens Combattants et maire UMP de Toulon, qui devait au départ affronter Michel Vauzelle, l’UMP avait désigné en urgence Thierry Mariani pour relever le défi. Ce sarkozyste affiché sait que le combat sera difficile. Il a peu de réserves de voix pour le second tour : seuls 52 % des électeurs du MoDem et 26 % des électeurs Verts du premier tour seraient prêts à voter pour sa liste au second tour. En outre, 60 % des électeurs de Paca se détermineront en fonction des enjeux spécifiques à la région, contre 36 % qui affirment que leur choix se fera sur des enjeux nationaux. Si la campagne se fait principalement sur des critères locaux, cela favorisera plutôt le président sortant, Michel Vauzelle, qui brigue un troisième mandat. Le député du Vaucluse devra aussi mobiliser les 17 % de personnes interrogées qui n’ont pas exprimé d’intention de vote. Mais il a un bon profil pour contrer Jean-Marie Le Pen sur son terrain, dans la mesure où il est un spécialiste des questions de sécurité et d’immigration. LIRE AUSSI » DOSSIER SPÉCIAL - Régionales 2010 » Paca : Laurence Vichnievsky, une juge en campagne » Mariani joue la proximité pour se faire connaître
Publié par la rédaction le 10 février 2010 à 7:23
Toyota n’en finit plus avec les polémiques. Le constructeur est ce mardi accusé d’avoir réagi trop lentement aux problèmes d’accélération soudains sur certains véhicules dont il avait pourtant eu connaissance dès 2007. Le patron des ventes de Toyota aux Etats-Unis, Jim Lentz, a en effet admis lundi, au cours d’un tchat avec les internautes du site Digg Dialogg, que le constructeur japonais avait eu vent de ces dysfonctionnements techniques sur une Tundra à cette date. «Mais nous n’avons jamais pu déterminer précisément pourquoi cette pédale restait coincée», a ajouté Jim Lentz. L’autorité américaine de sécurité routière, la NHTSA, avait, de son côté, ouvert en mars 2007 «une enquête préliminaire sur des inquiétudes liées à des pédales coincées» sur des modèles Lexus 2007 ES350, avec les tapis de sol identifiés comme «une possible cause». Après un premier rappel des tapis de sol pour quatre millions de véhicules, l’enquête avait été clôturée fin 2007. A la même période, l’assureur automobile américain State Farm a lui aussi notifié la NHTSA d’une augmentation des problèmes d’accélération brutale sur ces modèles. Selon Jim Lentz, les plaintes des clients ne sont parvenues au groupe que fin 2008 et en 2009 pour des véhicules qui étaient tous conduits à gauche. Toyota avait alors attribué les problèmes à cette spécificité. Ce n’est finalement qu’en octobre 2009 que le groupe s’attelle véritablement à la question des accélérateurs coincés, après avoir reçu des informations sur des problèmes liés à trois voitures Corolla. Les plaintes remonteraient à 2003 Au Congrès américain, une autre version de l’histoire circule. Dans une lettre au président démocrate de la commission de contrôle de l’activité gouvernementale, le représentant républicain Darrell Issa affirme que des «plaintes non élucidées faisant état d’accélérations soudaines de modèles Toyota remontent à 2003». Il exprime également «des doutes sérieux sur le travail de la NHTSA pendant les précédentes administrations». Dans une note, la commission de la Chambre des Représentants est tout aussi sévère avec le constructeur et la NHTSA. «Il y a un faisceau de preuves croissant indiquant que ni Toyota ni la NHTSA n’ont identifié toutes les causes de accélérations soudaines involontaires dans des véhicules Toyota» et que «les solutions mises en place comme les tapis de sol n’ont pas résolu le problème». Le directeur général de Toyota aux Etats-Unis, Yoshimi Inaba, et le ministre des Transports, Ray LaHood, devraient être entendus par la commission de la Chambre des Représentants dès que la tempête de neige, qui bloque les administrations à Washington, le permettra. En attendant, les rappels se poursuivent. Ce mardi, ce sont plus de 400.000 Prius qui sont concernées pour des problèmes de freins. La NHTSA annonce également que des plaintes relatives au système de direction des modèles Corolla sont en cours d’examen. LIRE AUSSI: » Toyota veut sortir au plus vite de la crise des accélérateurs » Le patron de Toyota s’excuse pour les rappels de voitures
Publié par la rédaction le 10 février 2010 à 4:04
Alors qu’elle met la dernière main au projet de loi sur la réforme de procédure pénale, Michèle Alliot-Marie vient de recevoir un rapport sur le financement de l’aide juridictionnelle (AJ). La garde des Sceaux a en effet chargé à l’automne dernier un conseiller d’État, Philippe Belaval, et un membre de la Cour des comptes, Jean-Loup Arnaud, de plancher sur ce dossier clé pour la réforme annoncée : l’aide juridictionnelle, ce système qui permet aux justiciables les moins aisés de bénéficier des services d’un avocat rémunéré par l’État, va être plus que jamais sollicitée au moment où le gouvernement prévoit d’augmenter les droits de la défense. Or il est déjà au bord du gouffre : tandis que les dépenses engagées ont plus que triplé depuis les années 1990, les avocats, eux, se plaignent de la faible rémunération de leurs interventions. Dans ce rapport, que Le Figaro s’est procuré, les auteurs estiment les nouveaux besoins à environ 90 millions d’euros - à ajouter à l’enveloppe de quelque 300 millions d’euros consacrés annuellement à l’aide juridictionnelle. Selon la Chancellerie, l’impact de la réforme avoisinerait plutôt les 150 millions d’euros. De son côté, le Conseil national des barreaux, en fait une estimation beaucoup plus haute, «au moins le doublement de l’enveloppe actuelle », estime Thierry Wickers, son président. Quels que soient les montants nécessaires, les auteurs du rapport ne penchent pas en faveur de la solution qu’avait préconisée l’avocat Jean-Michel Darrois à Nicolas Sarkozy dans son rapport sur les métiers du droit : la taxation du chiffre d’affaires des professions juridiques. «Elle est violemment rejetée par l’ensemble des professions rencontrées», soulignent-ils. En revanche, ils prônent, pour engranger des recettes supplémentaires, d’instaurer une taxe sur les actes juridiques. L’idée, qui a été positivement reçue par Michèle Alliot-Marie, est de créer un droit supplémentaire sur les droits d’enregistrement - comme les droits sur les ventes d’immeubles, sur les cessions de fonds de commerce, les actes de formation de société, etc. «Les actes soumis à un droit d’enregistrement sont nombreux et portent en général sur des sommes d’argent suffisamment importantes pour qu’une augmentation raisonnable de ces droits soit relativement indolore», notent les deux auteurs. Les contrats de protection juridique que proposent les assureurs pourraient également être mis à contribution et faire eux aussi l’objet d’une taxe supplémentaire. «La taxation des contrats d’assurance est perçue comme la meilleure solution par les autres professions juridiques, convaincues de l’importance des profits réalisés par les assureurs», souligne le rapport. Par ailleurs, Michèle Alliot-Marie envisage de revoir, avec les assureurs, le fonctionnement même de ces contrats de protection juridique (lire ci-dessous). Comme l’avait fait la Cour des comptes, les auteurs du rapport fustigent la mauvaise gestion du dispositif d’aide juridictionnelle, aujourd’hui largement délégué aux barreaux. À la question de savoir si les avocats sont suffisamment rémunérés lorsqu’ils interviennent via l’aide juridictionnelle, les auteurs livrent cette réponse : «L’appréciation de cette question est d’autant plus délicate, que, (…) selon de nombreux avocats, certains cabinets, principalement situés en province, parviennent à vivre convenablement grâce à l’aide juridictionnelle, ce qui tendrait à nuancer l’urgence d’une augmentation de l’indemnisation des avocats.» Ils ajoutent même, au cas où le gouvernement envisagerait malgré tout une hausse de la rémunération : «Il conviendrait d’être plus strict que maintenant sur la qualité des prestations d’aide juridictionnelle, laquelle est parfois minimale.» LIRE AUSSI » MAM juge désormais «inutile» le secret de l’instruction » Juge d’instruction : la stratégie des petits pas » Avocats commis d’office :le grand gâchis
Publié par la rédaction le 9 février 2010 à 7:35
Les enseignants du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui ont cessé les cours depuis mercredi dernier au lendemain de l’agression d’un élève de 14 ans à coups de couteau, ont décidé en assemblée générale de ne pas reprendre le travail et d’aller manifester mardi à Paris, près du ministère de l’Éducation nationale. Ils sont engagés dans un bras de fer avec Luc Chatel pour obtenir des postes de surveillants. Ils en réclament vingt-deux, contre les onze dont ils disposent aujourd’hui pour 1 500 élèves. Le rectorat leur a proposé six médiateurs et trois assistants d’éducation supplémentaires. Il a aussi proposé d’envoyer sur place un directeur des ressources humaines pour évaluer la situation. Les enseignants, eux, qualifient de «gadgets» les dernières offres qui leur ont été faites. Ce sont en effet des postes d’assistants d’éducation qu’ils réclament et non des médiateurs de réussite scolaire. Les «assistants d’éducation», qui exercent des fonctions d’encadrement et de surveillance des élèves, sont «moins précaires, plus qualifiés et plus motivés» que les «médiateurs de réussite scolaire», de nouveaux emplois créés par Xavier Darcos pour lutter contre l’absentéisme dans les établissements sensibles, affirme l’une des enseignantes de Vitry-sur-Seine. Un grillage ou une barrière «Les enseignants refusent de bouger d’un iota», explique le recteur de Créteil, William Marois, qui les a reçus lundi matin. Il estime pourtant avoir fait un effort «assez exceptionnel qui prend en compte la sécurité du site». Outre les effectifs supplémentaires proposés par le rectorat, le lycée devrait se voir prochainement doté d’un grillage ou d’une barrière pour sécuriser ses 36 hectares. Une réunion des collectivités locales est prévue jeudi pour évoquer le sujet. Freinés en raison d’un imbroglio entre région et département, les travaux seront finis «avant l’été», assure le conseil général. Pour le recteur, les problèmes sont d’ailleurs essentiellement liés à cette absence actuelle de protection, plus qu’au nombre de surveillants : «Un lycée avec un grillage, on peut le surveiller, le sanctuariser facilement», estime-t-il. Il y a cependant désormais urgence «à ce que les élèves reprennent les cours, parce que c’est leur réussite qui doit importer à tous», rappelle-t-il. Cette injonction fait écho à celle de Luc Chatel : «Je crois qu’aujourd’hui il faut surmonter son émotion, et la place des professeurs, à mon sens, est davantage dans les classes auprès des élèves», a-t-il indiqué ce matin sur les ondes. Une polémique s’est nouée entre Luc Chatel et les professeurs. Estimant être confrontés à un danger imminent, les enseignants invoquent un «droit de retrait» pour justifier la suspension des cours. De son côté, le ministère a fait savoir que ces arrêts de travail seraient considérés comme des journées de grève à partir de vendredi dernier, et à ce titre non payés (voir encadré). Le Snes-Créteil a aussitôt rétorqué : «Les enseignants du lycée Chérioux ne sont pas grévistes. Ils refusent simplement de laisser leurs élèves confrontés au danger sans réagir.» Depuis l’agression de Vitry-sur-Seine, la semaine dernière, la colère s’étend dans l’académie de Créteil. Le Snes appelle à une grève jeudi alors que des débrayages se développent depuis la fin de la semaine dernière, essentiellement en Seine-Saint-Denis, sur fond de contestation des suppressions de postes par les syndicats. Sans vouloir parler de récupération politique, à quelques semaines des régionales, le recteur de Créteil fait observer que cette période de l’année, dédiée à la répartition des moyens entre les différents établissements, est toujours «traditionnellement un peu tendue». LIRE AUSSI » FOCUS - Qu’est-ce que le droit de retrait ? » Agression d’un lycéen à Vitry » Le conflit s’envenime
Publié par la rédaction le 6 février 2010 à 0:35
Un petit air de campagne. La cité scolaire Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ne ressemble en rien à ces tristes lycées de banlieue construits à la va-vite autour d’une cour bétonnée. Son vaste parc arboré de 36 hectares pourrait être un havre de paix pour élèves rêveurs ou travailleurs, il s’est transformé en un piège que la plupart traversent rapidement, sans jeter de regards aux alentours, histoire de ne pas «se faire repérer», «traiter» (injurier, NDLR). Car telle est l’obsession de ces adolescents rencontrés aux alentours de l’établissement. Pour aller d’un bâtiment à l’autre, distants parfois de dix minutes à pied, certains se mettent même à courir, «surtout quand la nuit tombe tôt». Élève de terminale ES, Kahina, 19 ans arrive tous les matins «la peur au ventre car il n’y a aucune sécurité». Cet automne, le frère d’une élève, extérieur à l’établissement, a «débarqué» en plein cours de philosophie pour «venger sa sœur», raconte-t-elle. Il a agressé deux jeunes filles et a « donné un coup à la prof». Des histoires comme celle-ci, les élèves d’Adolphe-Chérioux en ont plein la bouche : agression avec un tournevis, viol, menaces avec un couteau, rackets… L’agression d’un jeune de 14 ans, mardi dernier s’ajoute à une longue liste. «On devrait avoir le droit d’étudier en paix. Mais ici, c’est le ring des cités depuis des années. Les bandes s’y donnent rendez-vous parce qu’il est ouvert aux quatre vents», se désole Sophia, élève en seconde, «quand ils ne cherchent pas les problèmes, ils tiennent les murs». Les intrus qui sont issus de telle ou telle cité règlent leurs comptes au milieu des arbres. Histoires « d’honneur » ou de filles, insultes : ils sont parfois adversaires sans même savoir pourquoi, puisque la «raison» remonte souvent à la nuit des temps. L’une des embrouilles découlerait par exemple d’un « ta mère est une pute», lancé «au début des années 2000» par un jeune garçon à un autre ! « Protéger nos gamins » «On n’a plus les moyens de protéger nos gamins et on est trop souvent seuls», déplore Marie Dief, enseignante en dessin. Pour les élèves et les enseignants, la solution ne passe pas par des caméras vidéos : les agresseurs qui sont rentrés par un portique mardi ont été filmés : «Ça n’a rien empêché.» Une grille ceinturant le lycée, « pourquoi pas », disent les élèves et les enseignants. Mais ils attendent surtout davantage d’encadrement. Onze surveillants pour 1.500 élèves, cela leur paraît «totalement insuffisant». Pour deux jeunes filles, Coumba et Naomi, il faut des «surveillants à tous les points d’entrée. Mais pas des emplois précaires, sinon ils ne seront pas motivés». Peut-être faudrait-il instaurer l’usage d’un badge sécurisé «comme en entreprise». Hier, à l’issue d’une assemblée générale, les enseignants qui avaient cessé les cours mercredi ont décidé de maintenir la suspension des cours lundi pour dénoncer une « insécurité endémique». Ils appellent la ministre de l’Éducation à débloquer «rapidement la situation» en faisant droit à leur revendication de voir doubler le nombre de surveillants dans l’établissement. Selon eux, les propositions du recteur - trois surveillants supplémentaires, six médiateurs scolaires - ne sont pas «satisfaisantes». Ils ont par ailleurs dénoncé les «provocations » concernant le non-paiement des journées d’arrêt de travail. Estimant qu’il existe un danger pour la sécurité du lycée, ils considèrent avoir cessé les cours en application d’un « droit de retrait» légitime. Le ministère a fait savoir que ces arrêts de travail seraient considérés comme des journées de grève, et donc non payés. Concernant l’enquête sur l’agression de mardi, deux des six personnes interpellées ont été relâchées. Quatre suspects, dont trois mineurs, restent en garde à vue. La victime, un élève de 14 ans, avait été attaquée mardi par sept individus qui s’étaient introduits dans le lycée. Un coup de feu, provenant d’un pistolet d’alarme, avait été tiré en l’air.
Publié par la rédaction le 5 février 2010 à 18:11
Le CAC 40 a une nouvelle fois connu une séance difficile vendredi. L’indice phare parisien clôture en baisse de 3,40% à 3.563,76 points, très loin des 3.600 points qu’il tentait de tenir en début de séance. Le tout dans un volume soutenu de 6,72 milliards d’euros. C’est l’une des plus mauvaise performance européenne. A Londres, le Footsie cède 1,53%, à 5.060,92 points. A Francfort, le Dax lâche 1,79% à 5.434,34 points à la clôture. La semaine a été laborieuse sur les marchés parisiens. Les deux premières séances dans le vert auraient pu laisser croire à un regain d’optimisme mais la chute, entamée mercredi, n’a laissé aucune chance au CAC 40. Résultat: sur l’ensemble de la semaine, le CAC a perdu 4,70%. Depuis le 1 er janvier, il a abandonne 9,46%. Les inquiétudes sont mondiales, le sentiment des investisseurs est plombé par les problèmes de dette de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal», explique Marcus Droga, directeur associé à Macquarie Private Wealth à Sydney, cité par Dow Jones Newswires. Depuis plusieurs jours, observateurs et analystes s’inquiètent de l’état des finances publiques de ces deux pays, agitant l’épouvantail de la Grèce, dont les déficits et la dette publics sont si élevés que la Commission européenne a décidé mercredi de placer le pays sous une quasi-tutelle. Face aux détériorations de ces finances publiques, la monnaie européenne est passée à 1,3648 dollar ce vendredi matin, soit sous les 1,37 dollar pour un euro. Les cours du pétrole continuent leur chute, alors qu’une épidémie d’aversion au risque continuait à frapper les matières premières, l’euro et les marchés d’actions, et que l’anxiété restait forte à quelques heures du rapport sur l’emploi américain. Les investisseurs réagissent finalement pas mal aux chiffres de l’emploi aux Etats-Unis. L’économie américaine a détruit 22.000 postes de travail nets, mais le taux de chômage des Etats-Unis a baissé de 0,3 point à 9,7% pendant le premier mois. Mais les analystes attendaient 5.000 créations d’emplois en janvier. En revanche, ils tablaient sur un taux de chômage à 10,1% Ces chiffres, ni trop mauvais, ni trop bon, sèment la confusion sur la reprise de la première économie mondiale. Ce vendredi, les Français ont appris que les importations françaises ont dépassé de 43 milliards d’euros les exportations l’année dernière, contre 55,4 milliards d’euros en 2008, selon les chiffres officiels. Automobiles et bancaires en souffrance Dans ce contexte, aucune valeur n’est dans le vert au sein du CAC 40. En élargissant le champs au SBF 120, seuls Bureau Veritas monte… de 0,2%, à 34,9 euros. La société bénéficie du relèvement par Exane BNP Paribas de son objectif de cours à 43 euros contre 41 euros auparavant (recommandation «surperformance» inchangée et de celui d’Oddo Securities, qui vise 33 euros. Le numéro deux mondial de la certification a publié un chiffre d’affaires 2009 en hausse de 1,9%, à 2.647,8 millions d’euros. Sur le CAC, les valeurs automobiles sont pénalisées par les mauvaises nouvelles sur Toyota : Renault , Michelin et Peugeot cèdent respectivement 4,33% à 32,26 euros, 4% à 53,77 euros et 2,7% à 22,25 euros . Le constat est identique pour les valeurs bancaires, le ministre de New York reprochant à Bank of America d’avoir masqué les comptes de Merrill Lynch afin d’obtenir l’aide publique. Axa , lanterne rouge décroche de 4,9%, Dexia de 4,7%, BNP Paribas de 3,6% et Société Générale de 2,8%. LVMH (-3,94% à 77,9 euros), qui dit aborder l’année 2010 «avec confiance», a vu ses ventes reculer de 4% à données comparables en 2009, à 17.053 millions d’euros, avec un retour à la croissance organique (+1%) sur le seul quatrième trimestre. Nexity (-5% à 25 euros) anticipe un recul de son chiffre d’affaires à environ 2,5 milliards d’euros en 2010, après avoir enregistré une hausse inattendue de 6% à 2,838 milliards en 2009. EDF (-0,85% à 38 euros) a annoncé la constitution d’une direction resserrée, avec notamment l’arrivée de Thomas Piquemal, qui quitte son poste de directeur financier de Veolia Environnement pour occuper les mêmes fonctions au sein de l’électricien. Teleperformance (-2,86% à 23,8 euros) a publié un chiffre d’affaires en hausse de 3,5% en 2009, mais a précisé que ses ventes avaient accusé une forte baisse au quatrième trimestre, du fait notamment d’une dégradation de son activité en Europe. Hermès (-2,35% à 94,8 euros) a enregistré une hausse de 8,5% de son chiffre d’affaires en 2009 à 1,91 milliard d’euros. En 2008, le groupe de luxe français avait dégagé un bénéfice net de 290,2 millions d’euros. Le résultat net 2009 sera publié le 25 mars. Deux autres sociétés publieront leur chiffre d’affaires pour l’année 2009, ce vendredi : Eiffage et Bongrain .
Publié par la rédaction le 5 février 2010 à 11:38
La cour d’appel d’Amiens a annulé vendredi matin les peines de prison avec sursis prononcées en septembre dernier à l’encontre des six ouvriers de l’usine Continental de Clairoix, transmuant ces peines en amendes. 2.000 à 4.000 euros seront dues par les six Conti, dont leur leader charismatique Xavier Mathieu, qui espéraient, en faisant appel, obtenir la relaxe. La prison avec sursis, contestée par les «Conti» était pourtant déjà considérée par les experts en droit social comme une condamnation clémente, compte tenu de l’exemple donné là par la justice. Le 13 janvier dernier, l’avocat général Pierre Avignon, a en effet prévenu la cour d’appel d’Amiens qu’une relaxe «serait la porte ouverte à l’impunité». «Une colère non préméditée» Les ouvriers ont justifié le saccage de la sous-préfecture de Compiègne par un geste de «colère» non préméditée, faisant suite au refus de la justice d’accéder à leur demande d’annulation du plan social mis en œuvre par la direction de Continental. Un plan qui devait aboutir à la suppression de 1.120 emplois. «C’est un cataclysme que je reçois sur la tronche quand je reçois ce coup de téléphone» a expliqué à la cour Xavier Mathieu. Plusieurs responsables politiques, de Benoît Hamon à Marie-Georges Buffet, se sont succédé en appel comme témoins de moralité, en soutien des «Conti». Leur combat avait abouti en avril à l’obtention d’une prime extra-légale d’un montant de 50.000 euros par personne. Mais par ce procès, c’était leur fierté que les ouvriers voulaient racheter. « On a déjà gagné aujourd’hui», affirmait le 13 janvier Xavier Mathieu avant sa comparution. Car «quoi qu’il arrive, le gouvernement a bien vu que beaucoup de gens sont avec nous ». LIRE AUSSI : » Dans les coulisses des conflits sociaux
Publié par la rédaction le 5 février 2010 à 1:38
Les dix Américains qui avaient tenté d’emmener une trentaine d’enfants hors d’Haïti ont été inculpés jeudi d’«enlèvement de mineurs et association de malfaiteurs» par le parquet de Port-au-Prince. L’odyssée de ces paroissiens baptistes venus «sauver» des enfants haïtiens se poursuivra donc devant la justice haïtienne. «Nous faisons confiance à Dieu pour que cela se termine bien», avait pourtant déclaré l’une des membres du groupe à son arrivée. Avant de connaître les motifs de l’inculpation, leur avocat, Me Edwin Coq, avait émis l’espoir qu’un seul d’entre eux serait poursuivi. Jusqu’ici, Laura Silsby, de l’association caritative «Le refuge pour une nouvelle vie des enfants», basée dans l’Etat américain de l’Idaho, s’était présentée comme la responsable du groupe. «Nous ne sommes venus que pour aider les enfants. Nous avions de bonnes intentions», avait-elle affirmé. Les dix membres du groupe ont été interpellés vendredi dernier près de la frontière dominicaine en compagnie de 33 enfants, dont le plus petit est âgé de 2 mois et le plus grand de 12 ans. Certains ont depuis été réclamés par des personnes se présentant comme leurs parents. Dans la soirée de jeudi, le ministre haïtien de la Justice a estimé que le groupe devait être jugé en Haïti. Cependant, l’organisation d’un tel procès pourrait se révéler problématique : comme la plupart des composantes de l’État haïtien, les moyens de la justice ont été réduits à néant par le séisme. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a qualifié quant à elle cette affaire de «malencontreuse». «Nous discutons avec le gouvernement d’Haïti du traitement qui convient» de lui apporter, a-t-elle affirmé. Bilan alourdi Le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, regrette de son côté que cette affaire ait pris le dessus dans l’esprit des Haïtiens «qui parlent davantage de dix personnes que du million d’autres qui souffrent dans les rues». Comme pour lui donner raison, l’Unicef a estimé depuis Genève que le séisme du 12 janvier avait provoqué «la plus grave crise de protection des enfants jamais vue» en raison du grand nombre d’orphelins et d’enfants séparés de leurs parents. «Les risques de traite des enfants, d’enfants vendus dans des conditions proches de l’esclavage ou d’adoption illégale sont significatifs», a déclaré la directrice générale adjointe du Fonds des Nations unies pour l’enfance, Hilde Johnson. Selon les derniers chiffres du gouvernement haïtien, le nombre de morts des suites du séisme a dépassé les 200.000. LIRE AUSSI » DOSSIER SPECIAL - Haïti dévasté
Publié par la rédaction le 4 février 2010 à 12:09
Oli progresse. Le cyclone approche de Tahiti et Moorea, deux îles de Polynésie française, dans l’Océan Pacifique, qui ont été placées en alerte rouge jeudi matin. La dépression, qui a déjà touché Bora Bora en faisant quelques blessés légers, doit arriver à Tahiti à partir de 2h00 du matin, heure locale (13h00 en France métropolitaine). «Le maximum de puissance sera atteint à 5h00 (15h00 à Paris); Oli a un peu incurvé sa route et passera donc plus au Sud de Tahiti que prévu, mais en même temps il se renforce», a déclaré Eric Spitz, secrétaire général du Haut-commissariat, représentant de l’Etat en Polynésie. «On attend des vents de 110 km/h et des rafales à 150 km/h, et des creux de 7 à 8 mètres en mer», a-t-il ajouté. Les mairies de Tahiti et Moorea, qui concentrent la majorité de la population polynésienne, ont commencé mercredi soir (heure locale) l’évacuation des populations les plus exposées. Il s’agit en particulier des habitants des bords de mer et des embouchures de rivières, où plusieurs habitations ont déjà été inondées. Plus de 400 personnes des côtes nord et ouest de Tahiti ont convergé vers les hauteurs de l’île. En-dehors des évacuations, les autorités ont interdit la circulation sur les deux îles depuis 21h00 (jeudi 08h00 à Paris). Les touristes qui devaient prendre un avion dans la journée à Bora Bora, près de 700 selon la mairie, ont tous été rapatriés dans des hôtels. L’armée en alerte Oli, qui est passé à proximité des îles de Bora Bora, Maupiti et Raiatea, dans l’archipel des Iles Sous-le-Vent, a détruit plusieurs habitations, sans faire de victimes à part quelques blessés légers. «Des pontons ont été détruits, un autre a coulé, des poteaux électriques ont aussi été arrachés et nous n’avons plus d’électricité», a déclaré Dominique Goche, adjoint au maire de Raiatea. L’alerte orange est par ailleurs maintenue dans les archipels des Australes et des Tuamotu. Il est conseillé aux habitants de se tenir informé, de disposer de provisions d’eau et d’aliments pour deux jours et de protéger toitures et baies vitrées. L’armée a mis à l’abri deux de ses navires dans une baie protégée et l’un de ses avions a été déplacé aux Marquises, l’archipel de Polynésie française le plus à l’Est de Tahiti, pour être à l’abri du cyclone et prêt à intervenir. La ministre de l’outremer, Marie-Luce Penchard, en visite à Papeete depuis dimanche à indiqué qu’elle modifiait complétement son programme. «Les avions ne décollent plus, je partirai au plus tôt vendredi matin», a-t-elle indiqué depuis le PC de crise du Haut-Commissariat. «Il y a beaucoup d’habitats insalubres, et je suis très inquiète pour ces familles», a-t-elle observé. La ministre a également déclaré que «si demain il y a des dégâts très importants», elle se rendra sur place pour voir ensuite comment l’Etat peut aider la Polynésie».
Publié par la rédaction le 4 février 2010 à 9:24
Depuis que Martine Aubry a officiellement investi Hélène Mandroux, la maire socialiste de Montpellier, pour conduire la liste socialiste en Languedoc-Roussillon contre Georges Frêche, tous les participants à cette guerre régionale de la rose se regardent en chiens de faïence. Les deux camps de cette même famille politique évaluent leurs forces respectives. Mercredi matin, le clan Frêche a riposté en saisissant en référé le tribunal de grande instance de Paris pour non-respect des statuts du Parti socialiste. «Les candidats à l’élection politique sont désignés par l’ensemble des adhérents inscrits sur les listes électorales de la circonscription. C’est ce qui est écrit dans nos statuts. Et en tant que premier des socialistes, je suis comptable du vote clairement exprimé par les militants. La décision du bureau national viole les statuts de notre parti et son principe fondateur : la démocratie militante», estime Didier Codorniou, secrétaire régional du PS. «Je suis serein. C’est de la pure communication. Je ne vois pas ce qu’un juge va pouvoir dire sur une telle procédure. C’est une tactique d’occupation du terrain de Georges Frêche», répond Paul Alliès, porte-parole de la nouvelle liste Mandroux, qui dit «pouvoir casser la machine surpuissante mise en place et qui avait contribué à dépolitiser le PS dans la région». «Laissez-nous tranquilles» En attendant, le bloc des secrétaires fédéraux fidèles à Georges Frêche est toujours en place. Mercredi, c’était au tour de Jean-Claude Perez. Le maire PS de Carcassonne, ami de Laurent Fabius, a lancé un cinglant «Laissez-nous tranquilles» à l’adresse de Solferino. Pour faire monter la tension, les colistiers de Frêche vont recevoir une mise en garde du PS leur demandant de quitter ces listes qui n’ont plus aucun lien avec le parti. Le clan Mandroux doit annoncer mardi prochain à Montpellier ses 67 candidats au conseil régional. Dans l’Hérault, le bras de fer est engagé entre la fédération PS, tenue par le sénateur Robert Navarro, et l’équipe Mandroux qui pourra compter sur l’appui d’André Vézinhet, le président du conseil général, du député Kléber Mesquida mais aussi de Pierre Bouldoire, le maire de Frontignan, de l’ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale Christine Lazerges et de plusieurs conseillers généraux. Dans les Pyrénées-Orientales, Jacqueline Amiel-Donat, ancienne rivale PS de Jean-Paul Alduy à la mairie de Perpignan, a été mandatée pour détricoter le réseau de Christian Bourquin, fidèle de Georges Frêche… La guerre est désormais totale entre socialistes languedociens. Et chacun attend les premiers sondages et la position qu’adopteront les partenaires de gauche. LIRE AUSSI » Le PS lance sa liste contre Frêche » Frêche garde l’appui des socialistes de sa région » Les socialistes veulent éviter la question du second tour
Publié par la rédaction le 4 février 2010 à 4:07
Quoi de neuf, mercredi soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France ? D’abord, la présence de l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi parmi les dignitaires religieux. Partisan déclaré du dialogue judéo-musulman et de l’interdiction de la burqa, ce symbole de l’«islam républicain» n’a pas hésité à répondre à l’invitation de Richard Prasquier, le président du Crif. Sans craindre d’être à nouveau agressé, lui qui est en permanence menacé ? «Ça ne peut pas vraiment être pire, soupire-t-il. Et puis, c’est un échange de bons procédés. J’ai invité Prasquier à la mosquée, il m’invite au Crif.» Autre nouveauté, la présence de Martine Aubry. La première secrétaire du PS a assuré à sa façon la continuité avec son prédécesseur François Hollande, qui était en général présent. Contrairement à lui, elle n’a pas frayé avec la foule, où gouvernement et majorité étaient représentés en force. Flanquée d’Harlem Désir et de Benoît Hamon, elle a écouté l’intervention de Prasquier debout à l’entrée de la salle, puis a tourné les talons dès que François Fillon est monté à la tribune. Mais elle n’a pas quitté tout de suite le pavillon d’Armenonville : elle s’est attardée près de la sortie avec Hélène Mandroux, tête de la liste PS en Languedoc-Roussillon, le temps que les caméras la filment à côté de l’intrépide maire de Montpellier, qui ose braver Georges Frêche dans son fief. Comme on leur demandait s’il fallait voir un lien entre leur présence et la proximité des régionales, les deux femmes ont démenti avec vigueur. «Je viens tous les ans», a affirmé Mandroux. «Il ne faut pas mélanger les choses», a renchéri Aubry. Richard Prasquier, Nicolas Sarkozy, et le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur. Crédits photo : AFP Nicolas Sarkozy, lui, s’est contenté d’une apparition fugace au début de cocktail. Il a distribué bises, saluts et sourires, puis s’est éclipsé, laissant Fillon délivrer le message politique de la soirée. Un message de dénonciation du «communautarisme», qui «refuse l’égalité et la fraternité». Dans son discours, Prasquier s’était lui aussi référé à la devise républicaine pour affirmer que le port de la burqa est «contraire aux valeurs de la République, non seulement parce qu’elle est imposée aux femmes, mais aussi parce que dans nos échanges le rapport à l’autre passe par le visage». Sur le même sujet, Fillon a fait dans le subliminal en lançant à l’auditoire : «Nous devons défendre nos valeurs contre ceux qui cachent, derrière le paravent d’une soi-disant liberté, un militantisme extrémiste.» Le premier ministre a, en revanche, eu des mots très fermes pour condamner les «scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens».«Je m’étonne du silence, voire de la connivence de certains responsables politiques vis-à-vis de ces démarches révoltantes», a -t-il ajouté. Il n’a pas cité de noms, mais c’était inutile : comme son prédécesseur, Roger Cukierman, qui avait dénoncé la dérive antisémite de certains Verts et de l’extrême gauche, Prasquier a fait savoir que le parti de Cécile Duflot et le PCF n’avaient toujours pas été conviés cette année au dîner du Crif. LIRE AUSSI » INTERVIEW - Goldnadel : «Sarkozy a apaisé la communauté juive»
Publié par la rédaction le 1 février 2010 à 12:42
L’appel de Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, a été entendu. La direction de Total s’engage, dans un communiqué, à garantir un emploi à chaque salarié, quelle que soit la décision prise quant à l’avenir de la raffinerie de Dunkerque. Le ministre de l’Industrie a affirmé, ce lundi matin, que le gouvernement «n’acceptera pas» la fermeture de la raffinerie Total de Dunkerque «tant qu’il n’y aura pas de garanties nécessaires sur la pérennité» des quelque 800 emplois concernés, a-t-il affirmé lundi sur la radio BFM. «Total doit investir dans l’emploi» (CFDT) Le secrétaire général de la CFDT (Confédération française démocratique du travail), François Chérèque doit également être rassuré lui qui affirmait dans la foulée de Christian Estrosi, que : «Total a beaucoup d’argent, donc Total doit investir dans l’emploi». Selon lui, Total «doit aller plus loin» que ses obligations légales : «Il doit justifier la fermeture, mais il doit faire en sorte que tous les emplois supprimés soient reconvertis dans une autre activité Total, sans oublier les sous-traitants». Selon La Tribune, la poursuite de l’activité de raffinage exigerait 60 à 120 millions d’euros d’investissement. En mars 2009 déjà, le groupe pétrolier s’était attiré les foudres des responsables politiques, après avoir annoncé la suppression de 555 postes en France, dont 249 d’ici à 2013 dans le raffinage. Quelques semaines plus tôt, Total avait publié un profit record pour 2008 de 13,9 milliards d’euros. Total publiera le 11 février ses bénéfices 2009, attendus autour de 8 milliards d’euros. LIRE AUSSI : » Total: l’Etat attentif à la fermeture de Dunkerque » Raffinage : Total prêt à fermer Dunkerque
Publié par la rédaction le 1 février 2010 à 0:57
Grand Prix : Le prochain président d’Angoulême sera Hervé Baruléa, dit Baru. La 37e édition du festival international de la BD consacre l’œuvre de l’auteur de l’Enragé, en lui attribuant le Grand prix, remis par le ministre de la Culture en personne : « Plus qu’une consécration, que j’ai déjà avec un public qui lit mes histoires, je ressens une reconnaissance de mes pairs » assure Baru.Il faut dire qu’Angoulême est loin d’avoir boudé son travail. Plusieurs fois primé, il obtient en 1985 l’Alfred du meilleur premier album en langue française pour le premier tome de sa série Quéquette blue. Onze ans plus tard il est de nouveau récompensé au Festival d’Angoulême 1996 avec l’Alph-Art du meilleur album paraît pour L’Autoroute du soleil. Prix du meilleur album (Fauve d’or) : Pascal Brutal, de Ryad Sattouf, tome 3 (Fluide Glacial) Si l’on se souvient récemment de Ryad Sattouf comme du réalisateur du film Les Beaux gosses, la 37e édition du festival d’Angoulême nous rappelle qu’il est aussi auteur de BD, en attribuant le prix du meilleur album à Plus fort que les forts, le tome 3 de la série Pascal Brutal. Emu de tous ce succès, Ryad espère simplement « ne pas faire une dépression, en attendant une centaine d’années avant de connaître à nouveau toute cette gloire». La série futuriste Pascal Brutal se situe dans une France ultra libérale sous la présidence d’Alain Madelin parti pour trois septennats. Prix du jury : Dungeon Quest, de Joe Daly, l’Association Dungeon Quest est le deuxième album de l’auteur sud-africain Joe Daly. Ce premier tome d’une série de trois, raconte les aventures de Millenium Boy qui oscillent entre réalité et jeu de rôle. Une manière de revisiter les ficelles du roman d’avnture. Absurdité garantie. Prix de la Série : Jérôme K Jérôme Bloche, tome 21 Déni de fuite d’Alain Dodier (Dupuis) Série phare et fétiche d’Alain Dodier, Jérôme K Jérôùe Bloche, accompagne toute une génération d’amoureux du 9e art depuis presque trente ans. Au fil d’enquêtes classiques pleines d’humour et de tendresse, Dodier nous a habitués à son univers parisien. Ses personnages sont attachants : de Babette la piquante fiancée du héros, en passant par Burhan l’épicier du quartier, la voisine madame Zelda, ou encore madame Rose la gardienne de l’immeuble. Prix Révélation : Rosalie Blum, tome 3, Camille Jourdy, (Actes Sud BD) Une rencontre inattendue pour trois personnages dont les modes de vie diffèrent : Vincent qui envisage après trente ans de couper le cordon ombilical, Rosalie Blum qui noie dans le whisky un passé douloureux et Aude qui se laisse aller aux hasards de la vie. Cette rencontre les aidera-t-elle à vaincre leurs démons ? Prix Regard sur le monde : Rébétiko, de David Prudhomme, (Futuropolis) « Je vais à partir de maintenant jeter sur le monde un regard de fauve » s’est réjoui non sans humour David Prudhomme qui reçoit pour la seconde fois des mains de José Munoz un prix à Angoulême. La première fois c’était pour La Marie en Plastique, album qu’il a réalisé avec Pascal Rabaté, en 2008. Rébétiko nous entraîne dans la société grecque des années 20, soumise à la dictature du général Metaxas. L’album nous fait partager, le temps d’une journée, l’errance des rébètes, ces hommes en marge de la société qu’ils rejettent. Prix Fnac-Sncf, Prix du public : Paul à Québec, de Michel Rabagliati, (La pastèque) Auteur québécois, Michel Rabagliati, a campé avec Paul, créé au début des années 2000, un personnage qui sait aborder avec autodérision et philosophie les travers du quotidien. Dans Paul à Québec le sixième tome de la série, l’auteur aborde avec tact le sujet difficile du deuil. Auréolée des meilleurs prix dans son pays, la série est en train de devenir un mythe. Prix de l’audace : Alpha…Directions , de Jens Harder, (Actes Sud l’an 2) Véritable tour de force, cet album se penche sur les origines du monde. S’appuyant sur une synthèse des connaissances les plus actuelles dans tous les domaines du savoir, il raconte l’histoire de la vie depuis le Big Bang jusqu’à l’émergence des premières civilisations humaines. Didactique. Prix Patrimoine : Paracuellos, de Carlos Gimenez (Fluide Glacial) Paracuellos est une série de bande dessinée autobiographique en six tomes qui évoque le quotidien d’enfants dans un orphelinat franquiste.L’auteur qui a lui-même séjourné de 6 ans à 14 ans dans ce type d’établissement se nourrira de ses souvenirs pour évoquer les brimades et sévices endurés par les enfants au nom de la religion et de l’instruction militaire. Prix intergénérations : L’esprit perdu de Mathieu Bonhomme et Gwen De Bonneval (Dupuis) Publié une première fois en trois tomes sous le titre «Messire Guillaume», ce conte médiéval, véritable quête initiatique teintée d’onirisme, relate le voyage aventureux qu’un adolescent entreprend pour accepter, enfin, de faire le deuil de son père défunt. Totalement en noir et blanc tel «qu’ on l’avait rêvé », affirme les auteurs, cette version intégrale publiée dans un format à l’italienne, oscille entre réalité et phantasmes pour aboutir au dur passage de l’âge adulte. Prix jeunesse : Lou, de Julien Neel, tome 5 laser Ninja (Glénat ) Joli coup double pour ce jeune auteur dont Lou est la première aventure graphique, lancée en 2004. Le premier tome, Journal infime, a déjà été récompensé lors du 32e festival d’Angoulême en 2005. Dans cette série, on suit le quotidien d’une petite fille, qui ne connaît pas son père et vit seule avec sa mère, devenue jeune fille dans ce cinquième tome, intitulé Laser Ninja. Cette transition de l’enfance à l’adolescence ne se fait pas sans peine. De prises de consciences aux premiers baisers, Lou demeure égale à elle-même : drôle, truculente, vive et empreinte de tendresse. Trois autres albums sont prévus. Prix Révélation : Rosalie Blum, tome 3, Camille Jourdy, (Actes Sud BD) La série Rosalie Blum convient parfaitement aux adeptes de chroniques de vie d’anti héros attachants à la Bridget Jones. Tout au long de ce volume les personnages des deux autres tomes se rencontrent et s’apprivoisent.
Publié par la rédaction le 31 janvier 2010 à 20:21
Ghana-Egypte 0-1 Egypte : Gedo (85e) Attention, première mondiale ! En battant d’une courte tête le Ghana (1-0), l’Egypte devient la première nation au monde à conserver un titre continental trois éditions de suite (2006, 2008, 2010). Comme inhibés par l’enjeu monstre qui pesait sur la rencontre, Pharaons et Black Stars ne proposaient strictement rien aux 50 000 supporters venus assister au spectacle. Malgré les 10 titres continentaux ou encore les 14 finales à eux deux, la première «occasion» mettait du temps à arriver. Sur un coup-franc excentré côté gauche, Asamoah poussait Fathy à dégager en catastrophe devant son but (14e). Catastrophiques, les 22 acteurs continuaient à l’être au fil des minutes. Le temps juste pour Asamoah de se mettre une deuxième fois en valeur. Le puissant attaquant d’Udinese s’échappait du marquage de Gomâa pour décocher une frappe pure difficilement captée par Al-Hadary (23e). L’Egypte dans tout ça ? Rien, le néant, nada. Hormis une frappe de Zidan aux 30 mètres qui passait largement à côté, le banc des Pharaons n’avait que très peu bondi. Au retour des vestiaires, le spectacle restait aussi consternant. Aucune envie, peu d’engouement, on pouvait alors se poser des questions sur les dantesques conditions climatiques (35° C et 80% de taux d’humidité). A défaut de jeu, les cartons jaunes faisaient leurs apparitions. Coup sur coup, Moawad et Opoku prenaient une biscotte pour deux fautes d’anti-jeu (47e, 48e). Globalement dominateurs, les Black Stars devenaient terriblement brouillons aux abords de la surface adverse. Tour à tour, Gyan (53e) et Asamoah (67e) voyaient le cadre se dérober. A la 70e minute, le trouillomètre ghanéen connaissait une forte chute. La cause ? L’entrée de Gedo. Si le remplaçant de luxe égyptien mettait du temps à toucher son premier ballon, il ne ratait pas sa première demi-occasion. Parfaitement lancé par Zidan dans la surface, Gedo ouvrait parfaitement son plat du pied pour l’ouverture du score coup de poignard (1-0, 85e). KO debout, les jeunes pousses du Ghana se montraient incapables de remettre les compteurs à zéro. Sans briller mais toujours avec son réalisme glacial, l’Egypte conserve son titre et réalise un triplé retentissant. Presque dommage de ne pas voir les Pharaons fouler les pelouses sud-africaines dans un peu moins de cinq mois. Le joueur du match Six fois remplaçant, 172 minutes jouées et la bagatelle de cinq buts inscrits. Un but toutes les 35 minutes, voilà l’exceptionnel bilan de Mohamed Nagui dit Gedo durant cette 27e édition de la CAN. Alors oui, les 20 petites minutes passées sur la pelouse du 11 novembre de Luanda ce dimanche paraissent bien légères pour postuler à cette récompense. Mais qu’importe, l’attaquant d’Al Ittihad d’Alexandrie a donné le sourire à tout un peuple sur une demi-occasion. Et cela n’a pas de prix… Tactique et coaching Avec ses trois titres consécutifs, Hassan Shehata restera à jamais l’un des plus grands entraîneurs qu’ait connu le continent africain. Et les derniers septiques n’ont plus aucune raison d’en douter. Comme en 2006 pour le premier titre de l’Egypte, le sorcier Shehata avait son arme fatale en la personne de Zaki. Cette édition, le monsieur plus des Pharaons se nomme Gedo. Entré à la 70e minute, le meilleur buteur de la CAN (5 buts) offrait le sacre à son pays sur une frappe enveloppée à en faire pâlir Thierry Henry. De son côté, Milovan Rajevac ne s’est pas montré assez réactif. Pire, le Serbe décidait de sortir Gyan, pourtant très bon, à quelques minutes du terme alors que sa formations était menée. Une copie à revoir en vue de la prochaine Coupe du Monde. On n’a pas aimé C’est connu, le niveau de jeu proposé durant une finale ne vole généralement pas haut. Cela est d’autant plus vrai lorsque cette finale a lieu en Afrique. Loin d’avoir régalé les 50 000 spectateurs du stade de Luanda, les 22 acteurs auront déjoué. Bien aidés en cela par une pelouse calamiteuse et des conditions de jeu difficiles (35° C).
Publié par la rédaction le 30 janvier 2010 à 9:40
Mauvaise journée pour les Espagnols, qui ont vu vendredi leur pays s’enfoncer un peu plus dans la crise. Le matin, l’Institut national de statistiques (INE) annonçait que le chômage avait encore augmenté au cours du dernier trimestre 2009. Il se situe désormais à 18,83%. C’est, une nouvelle fois, le pire résultat de l’Union européenne juste après la Lettonie. L’après-midi, le gouvernement expliquait sa nouvelle politique économique et budgétaire et promettait la rigueur : l’État fera preuve d’austérité et l’âge de la retraite sera élevé à 67 ans. Jusqu’à présent, la loi espagnole garantissait la retraite à 65 ans. Toutefois, l’augmentation de la durée légale de cotisation ne sera appliquée qu’à partir de 2013, et de manière progressive. La numéro deux du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, présentait vendredi l’avant-projet de loi adopté en Conseil des ministres. Elle a expliqué que la population n’était pas en mesure de supporter ces changements en pleine crise économique. Dans trois ans donc, l’âge légal du départ en retraite devrait être repoussé chaque année de deux mois. Et ceci jusqu’en 2025. Le ministère du Travail a en effet calculé que le nombre de retraités devrait doubler d’ici à 2040, et que le système actuel n’est pas en mesure de survivre à cette révolution démographique. Respecter les consignesde Bruxelles Selon la presse espagnole, la réforme des retraites devrait également niveler par le bas le niveau des prestations. Les syndicats voulaient calquer le modèle général sur celui des entrepreneurs, qui peuvent choisir de cotiser davantage durant les dernières années de travail, et recevoir ainsi une pension plus élevée. Le gouvernement entend au contraire imposer à tous une même base de cotisation. Par ailleurs, l’effort demandé à l’administration est lui aussi conséquent : l’État devra économiser 50 milliards d’euros entre 2010 et 2013. L’objectif annoncé est de respecter les consignes de Bruxelles, qui enjoint aux États de réduire leur déficit public à moins de 3% du PIB. En 2009, il a atteint le taux record de 11,4%, selon les estimations de la ministre de l’Économie, Elena Salgado. Mais le gouvernement entend aussi envoyer un message aux investisseurs internationaux : «L’Espagne est un pays sérieux», comme Zapataro l’affirmait jeudi dernier à Davos. Il faut dire que les agences de notation observent Madrid avec circonspection. Standard & Poor’s a ainsi revu sa note à la baisse, l’an dernier. L’Espagne est désormais l’un des cinq États de l’UE à payer au prix le plus cher le financement de sa dette sur les marchés financiers. LIRE AUSSI » Dette : la France, pas meilleure que l’Espagne
Publié par la rédaction le 29 janvier 2010 à 23:22
LA RÉMISSION aura été de courte durée pour Dominique de Villepin. Lui qui savourait sa relaxe, jeudi soir, sur le plateau de France 2, a été cueilli à froid le lendemain matin, en apprenant la décision du procureur de Paris, Jean-Claude Marin, de faire appel. Jeudi, moins de deux heures après le jugement, l’Élysée avait publié un communiqué apaisant, qui semblait indiquer que le chef de l’État était prêt à tourner la page. Volonté sincère d’arrêter les frais ou habile manœuvre pour ne pas être accusé d’acharnement ? L’Élysée jure que rien n’a été fait pour influencer la décision du procureur de Paris. Mais les justifications de l’Élysée n’ont pas convaincu Villepin. Après avoir fustigé dans la matinée « l’acharnement du président dans sa haine », l’ex-premier ministre s’est déchaîné hier soir sur Canal + contre l’Élysée. « Quand le procureur dit “J’ai décidé”, c’est faux. Il y a eu une réunion hier après-midi à l’Élysée où cette décision a été prise », a affirmé Villepin en évoquant une « décision scandaleuse ». Pour étayer son propos, il a assuré avoir eu « une information par des fonctionnaires de la présidence de la République ». L’Élysée a immédiatement réagi en affirmant ne pas vouloir « répondre aux allégations mensongères » de Villepin. Mais, interrogé par parismatch.com, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, a tenu à assurer hier soir n’avoir eu « aucun » contact avec le parquet depuis le jugement de jeudi. Et a ajouté que le parquet n’était « absolument pas sous l’influence de Nicolas Sarkozy ou du ministère de la Justice ». La charge de Villepin sur Canal + a pris des allures d’entrée en campagne, bien éloignée de la sobriété de son propos de la veille sur France 2. « La peur politique l’a emporté chez Nicolas Sarkozy sur l’intérêt général », a-t-il asséné avant de regretter que le président ne lui ait pas passé un coup de téléphone. « Ce qu’ont fait, a-t-il dit, Jacques Chirac, Alain Juppé, Ségolène Royal et beaucoup d’autres responsables politiques de droite et de gauche. » « Une faute politique » Les villepinistes ont relayé la colère de leur champion en dénonçant une « faute politique ». « On a bien vu que l’Élysée s’était lancé dans un exercice d’hypocrisie, qui consistait à dire : “Ce n’est pas nous qui faisons appel, c’est le procureur.” On a compris aussi qu’on voulait scotcher Villepin un an de plus », déplore l’ancien ministre François Goulard. Forcément, ce procès en appel freine son nouvel élan. Contraint de retourner devant la justice au plus tôt au début de l’année 2011, il ne pourra pas se mobiliser à 100 % pour son combat politique contre Sarkozy. Mais les villepinistes avaient aussi envisagé ce scénario. « L’appel, cela veut dire que la guerre est ouverte. Ce que je sais, c’est que Villepin se présentera en 2012, c’est désormais une certitude car ce second procès va le radicaliser », parie un de ses amis. Du côté des avantages, le renvoi en appel de l’ex-premier ministre lui offrira une tribune gratuite à un an, voire moins, de la présidentielle de 2012. Il pourra encore une fois se présenter en victime injustement persécutée par le chef de l’État, comme il l’a déjà fait cet automne. Et consolider un courant de sympathie à l’égard de Villepin « l’outsider ». Mais du côté des inconvénients, ce procès complique beaucoup la tâche d’un candidat sans troupes, sans parti et sans argent. C’est sans doute ce qu’en attendent les amis du président. « Est-ce que ça le remet en selle ? Encore faudrait-il qu’il ait un cheval pour ça », ironise le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Une chose paraît acquise : la paix des braves ne viendra plus. Depuis quinze ans que les deux hommes se défient, se toisent, se provoquent… Sarkozy a gagné la première manche en s’affichant en victime de l’affaire Clearstream. Villepin a remporté la deuxième, en se posant en martyr d’un président qui le persécute. La belle se jouera donc en 2011 devant la justice. Avec peut-être des prolongations politiques en 2012. LIRE AUSSI » Clearstream : qui fait appel de quoi ? » ANALYSE AUDIO - Comment les juges ont interprété l’affaire Clearstream » Clearstream, huit ans de rebondissements » DOSSIER SPECIAL - Tout savoir sur l’affaire Clearstream
Publié par la rédaction le 28 janvier 2010 à 19:42
Le 15 octobre dernier, dans une interview au Figaro, Nicolas Sarkozy affirmait : «La France n’enverra pas un soldat de plus en Afghanistan», où elle a déjà déployé 3 750 hommes. Persuadé depuis longtemps que la guerre contre les talibans ne se gagnera pas militairement mais politiquement, Paris ne voit toujours pas l’intérêt d’envoyer des forces supplémentaires en Kapissa et en Surobi, les deux régions qu’elle contrôle à l’est du pays. «On ne ferait pas plus, ni mieux, avec davantage d’hommes», confiait récemment un officier français. La France pourrait malgré tout annoncer d’un jour à l’autre l’envoi de renforts en Afghanistan. Pas des troupes de combat, comme l’a répété Nicolas Sarkozy lundi soir sur TF1, mais des formateurs, dont le rôle sera d’instruire et de mettre à niveau les forces de sécurité afghanes, police et armée. Les Américains souhaitent en effet qu’elles prennent en main le destin de leur pays le plus rapidement possible. Primat du politique et du civil Dans cette affaire, on l’aura compris, tout est une question de sémantique. Pour faire passer la pilule sans avoir l’air de céder aux pressions de Washington, le pouvoir français joue sur les mots et parle de «formateurs» et non de «soldats». Mais personne n’est dupe. Jusque-là, les officiers envoyés par l’armée française pour former les cadres de l’ANA, la jeune Armée nationale afghane, avaient toujours été comptabilisés dans les effectifs militaires… «Il est trop difficile de dire non à Obama», alors que tous les alliés des États-Unis ont fait un effort, le dernier en date étant l’Allemagne, poursuit l’officier. La France, qui avait déjà mis quelque temps à se remettre dans le bain de la guerre parce qu’elle n’avait pas participé au conflit irakien, tient à conserver une crédibilité auprès des Anglo-Saxons et à maintenir son rang de puissance. Elle se porte d’autant plus facilement volontaire qu’elle se reconnaît complètement dans la nouvelle stratégie américaine initiée par Barack Obama et le général Stanley McChrystal, fondée sur la «conquête des cœurs», la sécurisation de la population, l’afghanisation du conflit et le primat du politique et du civil sur le tout-militaire. Pierre sans doute importante pour le bon fonctionnement de l’édifice central, cet effort supplémentaire ne donnera cependant pas plus d’influence à la France, qui n’est que le quatrième contributeur de la coalition, sur la conduite des opérations. «L’Afghanistan est la première guerre contre-insurrectionnelle à laquelle nous participons sans en être les leaders. Nous sommes obligés de suivre l’actionnaire principal, américain. C’est l’une des plus grosses différences avec l’Indochine et l’Algérie», explique un théoricien de la guerre, familier de l’Afghanistan. Et, sur le terrain, pas sûr non plus que cela fasse une grosse différence. «Le problème de la guerre en Afghanistan, c’est qu’on y participe en étant persuadés que l’année suivante, on sera partis ! Or, pour réussir dans ce type de conflit, il faut généralement pouvoir rester quatorze ou quinze ans. Les Français ont-ils pris conscience de cela ?», interroge le spécialiste. LIRE AUSSI » FOCUS - Le dispositif militaire français en Afghanistan
Publié par la rédaction le 28 janvier 2010 à 8:08
En tant que haute représentante de l’UE, Catherine Ashton est depuis quelques semaines chargée de la diplomatie commune des Vingt-Sept. De passage à Paris, elle a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et George Mitchell, l’émissaire américain pour le Proche-Orient. LE FIGARO. - Vous avez été critiquée parce que vous n’êtes pas allée en Haïti au lendemain du séisme. Que répondez-vous ? Catherine ASHTON. - Quand le tremblement de terre est arrivé, j’ai très vite parlé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et aux représentants des Nations unies sur le terrain. Je leur ai demandé si cela aiderait que je vienne sur place. Ils m’ont demandé de ne pas venir. Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas faire atterrir les avions avec les secours et que le mieux serait de ne pas venir. C’était aussi pour moi une première. Je n’assume mes fonctions que depuis quelques semaines. Mon travail est de coordonner notre réponse. Pour la première fois, nous rassemblions des gens qui n’avaient jamais travaillé ensemble. J’étais plus utile aux sinistrés d’Haïti en coordonnant le travail des différents services qu’en allant sur place demander que l’on s’occupe de moi. Je ne suis ni docteur ni pompier. Je suis absolument certaine d’avoir fait ce qu’il fallait et je n’ai pas à m’excuser de ne pas y être allé. Il y aura d’autres occasions pour moi d’aller à Port-au-Prince pour évoquer les besoins à long terme. Ne faudrait-il pas tout de même que la solidarité européenne soit plus visible ? Je vais tirer bien évidemment les leçons de cette affaire. Comment améliorer notre action ? Aurions-nous pu intervenir plus vite ? Pouvions-nous aider davantage de sinistrés plus rapidement ? Il faut aussi que nos citoyens en Europe comprennent ce que nous faisons. La visibilité est donc quelque chose d’important. Dans le cas d’Haïti, il était clair que les Américains allaient être très visibles. Ils sont proches et ils sont venus en grand nombre. Si la tragédie avait été à nos portes, nous aurions eu la responsabilité d’être les premiers et les plus nombreux. Notre premier objectif doit demeurer de sauver et d’aider les Haïtiens. Ensuite, seulement, il faut faire comprendre ce que nous faisons et songer à notre visibilité. Avez-vous des idées pour encadrer l’assistance à long terme à Haïti ? Est-il envisagé de nommer un représentant spécial de l’Union européenne? Nous allons mettre en place une équipe à Bruxelles et une autre en Haïti pour coordonner notre aide et étudier les besoins à long terme. Il est possible que nous ayons besoin de quelqu’un pour maintenir Haïti sur l’agenda. Pour le moment, il va falloir déterminer notre contribution à moyen et à long terme. Je vais en parler avec Bernard Kouchner qui revient de la conférence de Montréal. Michel Barnier a proposé la création d’une «force humanitaire de réaction rapide». Qu’en pensez-vous ? Cette idée est souvent évoquée. Je voudrais en parler avec Michel Barnier. Compte tenu de son expérience, il a une contribution importante à apporter. Il est peut-être temps d’envisager des nouvelles formules et aussi de profiter des dispositions du traité de Lisbonne pour mieux coordonner notre aide. En Afghanistan, l’UE est représentée à trois niveaux différents, celui de la Commission, du Conseil européen et de l’Eupol. Envisagez-vous de nommer un envoyé spécial pour mieux coordonner l’action européenne ? Oui. Mon poste a en partie été créé pour regrouper des ressources qui dépendent notamment de la Commission et du Conseil. Notre ambition en Afghanistan est effectivement de créer un poste sur le même modèle, qui dépendrait aussi de la Ccmmission et du Conseil pour travailler avec l’Otan et l’ONU. Au Moyen-Orient, considérez-vous que l’arrêt par Israël de la colonisation en Cisjordanie soit une condition de la reprise des négociations ? Nous avons clairement fait connaître notre position à ce sujet. La colonisation est un problème grave qui doit être résolu par la négociation. Seules des négociations peuvent amener la paix dans la région. Nous devons être prêts à soutenir un tel processus et à apporter un soutien économique et en matière de sécurité qui peut faire la différence. Quelles sont vos priorités, en tant que haute représentante ? En premier lieu, le service extérieur de l’Union qu’il va falloir mettre en place. Ensuite, la politique de voisinage, parce que la politique étrangère de l’Union sera toujours jugée en fonction de son efficacité dans les pays qui nous sont proches et qui attendent un soutien de notre part. Et, bien sûr, les relations stratégiques avec les grands pays. Quels sont vos objectifs pour le nouveau service extérieur de l’Union ? Je veux que ce nouveau service soit distinctement européen. Il ne s’agit pas de doublonner ou de reproduire ce que les États membres font déjà très bien. Il s’agit de voir où l’Europe peut apporter une valeur ajoutée, à vingt-sept pays. Quand j’étais commissaire au Commerce, je décrivais l’Europe comme une superpuissance économique. Les délégations européennes sur le terrain disposent des moyens pour travailler sur le commerce. Nos relations commerciales sont plus fortes parce que nous agissons ensemble. Il faut trouver les autres domaines où ce principe peut s’appliquer. Par exemple, nous voulons soutenir la sécurité économique dans le monde. Notre assistance au développement, au commerce, notre soutien à l’état de droit et à la justice, tout cela aide à consolider les États, leur donne plus de sécurité et nous apporte aussi plus de sécurité. Il en est de même pour le changement climatique où il y a une grande demande d’assistance. Ce sont des domaines où l’Europe en tant que telle peut apporter quelque chose, aux côtés des États membres. Il y a aussi des endroits, comme en Afrique, où peu de pays européens sont représentés. Envisagez-vous que l’UE puisse avoir des ambassades permettant de représenter les États membres dans les pays où ils ne sont pas présents ? Cela n’est pas formulé ainsi. Mais là où certains pays membres n’ont pas de représentation, ils comptent sur l’Union européenne pour leur apporter des informations. Irons-nous au-delà ? Ce sera aux pays membres d’en décider. Avez-vous le sentiment que les États membres vous soutiennent comme ils le devraient ? Oui. Vraiment. C’est un travail énorme, qui était effectué auparavant par trois personnes, Benita Ferrero-Waldner (commissaire européenne, anciennement chargée des Relations extérieures), Javier Solana (ancien haut représentant) et le président tournant. J’ai cinq ans pour réussir. Je compte travailler en équipe avec mes collègues ministres des Affaires étrangères, parce que je ne peux pas être partout. Ainsi, par exemple, lundi, Bernard Kouchner m’a représentée à la conférence sur Haïti, à Montréal, parce que je devais présider à Bruxelles le Conseil des ministres des Affaires étrangères. En tant que Britannique, allez-vous défendre l’idée européenne dans votre pays ? J’ai toujours été très proeuropéenne. Je sais qu’il y a une attente parce que je suis aussi la commissaire britannique. Comme chacun des commissaires, j’essaierai d’engager mon pays dans les affaires européennes. Je n’en aurai pas beaucoup le temps, mais il est important que je sois entendue par le Parlement de mon pays. LIRE AUSSI » La baronne Ashton à la tête de la diplomatie européenne » Ashton défend une «stratégie européenne unique»
Publié par la rédaction le 27 janvier 2010 à 10:26
Vingt-quatre heures après le scrutin, la tension se fait de plus en plus vive à Colombo. Le président sortant, Mahinda Rajapakse, a officiellement remporté mercredi matin l’élection présidentielle, d’après la télévision officielle. Il aurait dépassé la barre des 50%, selon des résultats portant sur près de 85% des bulletins dépouillés publiés mercredi par la Commission électorale. Au même moment, l’hôtel de son rival, l’ex- chef des Armées Sarath Fonseka, est encerclé par des troupes armées gouvernementales. L’opposant a demandé mercredi matin la protection d’un pays étranger. Anciens alliés, aujourd’hui ennemis Depuis mardi, le gouvernement accuse Fonseka d’employer une milice privée constituée de déserteurs. Des troupes armées, constituées d’environ 80 soldats, ont donc été envoyées mercredi au petit matin pour encercler l’hôtel de luxe où se trouve l’ex-général, dans le centre de Colombo. L’allégation du gouvernement a été démentie par l’opposition. Un porte-parole de Fonseka a déclaré mercredi que la présence militaire autour de l’hôtel visait à «nous intimider ou arrêter nos dirigeants». L’opposition a également dénoncé des infractions dans le scrutin, sans donner plus de précisions. Le ton de la campagne électorale, qui a tourné au réglement de comptes entre les deux principaux candidats - deux anciens alliés dans la victoire contre la rébellion séparatiste tamoule - et les accusations mutuelles de préparation de coup d’Etat font craindre un retour à l’instabilité dans un pays qui a déjà du mal à recouvrer la paix depuis la défaite des Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE), en mai dernier, après un conflit de près de 40 ans qui a fait entre 80.000 et 100.000 morts. LIRE AUSSI : » REPORTAGE - Les Tamouls oubliés de l’élection sri-lankaise » BLOG - La capitale des Tigres revisitée
Publié par la rédaction le 27 janvier 2010 à 1:46
Nicolas Sarkozy en vedette américaine du pianiste chinois Lang Lang, le musicien classique le plus médiatisé de la planète. Telle est l’affiche d’ouverture du 40e forum annuel, qui commence mercredi pour se terminer le 31 janvier. Le président de la République s’exprimera, seul, une heure durant, sur l’avenir du capitalisme et la nouvelle gouvernance mondiale. Et comme Davos n’aime rien tant que de mélanger politiques, chefs d’entreprise, scientifiques et artistes, son intervention sera suivie par un récital d’une quinzaine de minutes de Lang Lang. «Ce que nous espérons, c’est rééquilibrer la relation entre économie réelle et le monde de la finance», explique Klaus Schwab, le fondateur et président du forum depuis 1971. Il reconnaît s’être démené pour faire venir le président français et lui proposer d’ouvrir les débats 2010. Wen Jiabao, le premier ministre chinois, et Vladimir Poutine, son homologue russe, s’étaient partagé le rôle l’an dernier. «Repenser, remodeler, reconstruire» Ce n’est pas la première fois que l’hôte de l’Élysée inaugure la rencontre de la station des Grisons. En 2005, Jacques Chirac avait prononcé son discours en vidéoconférence, l’hélicoptère n’ayant pu fonctionner en raison de la météo. Il avait exposé sa taxe sur les billets d’avion pour lutter contre le sida. Sa dénonciation de «l’évasion fiscale mondiale» (sic) avait suscité quelques rires dans l’assistance. Les 1.400 dirigeants d’entreprise attendus mardi seront-ils plus enclins à suivre Nicolas Sarkozy dans ses propositions de régulation ? «Quelque chose ne va fondamentalement pas dans le secteur financier», admet Klaus Schwab, en présentant les quelque 200 séminaires du forum 2010, dont le leitmotiv officiel sera «Repenser, remodeler, reconstruire». Après avoir quasiment déserté le forum 2009, les banquiers sont attendus plus nombreux cette année. Les patrons de Bank of America, Barclays, Société générale et Deutsche Bank seront là. Morgan Stanley, JPMorgan et Goldman Sachs ont dépêché leurs numéros 2 ou 3. Interpellés par les récentes propositions de réformes révolutionnaires de Barack Obama, les financiers pourront dialoguer avec la fine fleur des régulateurs, de Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, à Mario Draghi, président du Conseil de stabilité financière, en passant par Zhu Min, le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, considéré comme son véritable «penseur», sans oublier Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI. Une bonne partie des ministres des Finances du G20 est annoncée, alors que l’Administration américaine sera représentée par Lawrence Summers, le directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche. LIRE AUSSI » Obama vs Wall Street : une guerre perdue d’avance ?
Publié par la rédaction le 26 janvier 2010 à 23:12
Le pari était osé. James Cameron l’a fait. «Avatar», sa super-production en 3D, est devenu le plus gros succès au box-office de toute l’histoire du cinéma, devant «Titanic», avec 1,859 milliard de dollars de recettes dans le monde, selon les studios Century Fox. Le réalisateur à la carrière impressionnante a mis 315 millions de dollars sur la table pour «Avatar». Un projet coûteux de film tout public, inspiré de la science-fiction et sans grande star hollywoodienne au générique. Et pourtant. «Avatar» a bel et bien séduit un public monstre à travers le monde, au point de détrôner le «Titanic» du même James Cameron à la tête du box-office mondial. Le secret d’un carton Comment expliquer ce succès fracassant ? «Avatar est un film innovant techniquement, et également proposé en version 3D. C’est aussi un film riche en action, une histoire divertissante et forte en émotions», explique Olivier Snanoudj, vice-président Distribution de Warner Bros Pictures France. En résumé, le cocktail idéal pour toucher un vaste public. Pourtant, encore faut-il donner l’envie au public de se déplacer pour voir un film. Face à une offre de films, et de loisirs en général, qui ne cesse de s’élargir, rien n’est gagné d’avance. «Depuis que le cinéma existe, il nous prouve qu’il n’y a pas de recette miracle du succès», constate Olivier Snanoudj. Ainsi, l’éventail de stars créées par Hollywood ces dernières décennies est en train de s’épuiser. «Les stars restent importantes, mais elles ne suffisent plus à attirer les spectateurs dans les salles», confirme le vice-président Distribution de Warner Bros Pictures France. Bien loin du star system, certaines comédies interprétées par des vedettes plus locales ont littéralement créé la surprise, comme «Very Bad Trip» ou «Little Miss Sunshine». La force du «buzz» La France n’est pas en reste, sur le front des comédies. «Tous les ans, une comédie explose et tient tête aux grandes productions américaines», note Olivier Snanoudj. Ce fût le cas du «Petit Nicolas» en 2009. Et, bien sûr, de «Bienvenue chez les Ch’tis». Dany Boon, pourtant très connu par ailleurs, faisait ses premiers pas en tant que réalisateur cinématographique. Selon Olivier Snanoudj, «Bienvenue chez les Ch’tis» a séduit un public de cinéphiles, mais aussi de spectateurs occasionnels. «Ce film racontait la bonne histoire et véhiculait les bonnes émotions au bon moment.» Le bouche à oreille a fait le reste. Le «buzz», voilà un autre paramètre que les studios ne peuvent plus ignorer. Avec Internet, ses nombreux forums et les communautés comme Facebook ou Twitter, l’information circule plus vite. «Le public sait de plus en plus tôt s’il a envie de voir un film ou pas», explique le vice-président Distribution de Warner Bros Pictures France. Un vrai défi pour les équipes marketing des grands distributeurs, à qui échappe une partie des commentaires suscités par un film. Les «franchises», une valeur sûre Heureusement que certains paris sont moins risqués que d’autres, sur le plan commercial. Les «franchises», dont font partie les sagas «Harry Potter», «Pirates des Caraïbes» ou «Le Seigneur des Anneaux», cartonnent presque à tous les coups, à en juger par le classement mondial des films les plus vus. Mais comme le remarque Olivier Snanoudj, «le cinéma, c’est le règne de l’exception». Les superproductions comptent aussi leur lot de flops commerciaux. Gros budget ou pas, grande star ou pas, l’important pour le cinéma reste bien d’être en phase avec le public. Pari tenu pour «Avatar» ! LIRE AUSSI » «Avatar» déclenche une polémique » Pourquoi le monde entier succombe à Avatar » James Cameron : «J’ai voulu inventer le spectacle total» » La révolution «Avatar» » EN IMAGES - «Avatar» se place en tête du box-office mondial Box-office d’hier et d’aujourd’hui Chaque exploit peut être relativisé. Et ceci est valable pour «Avatar», comme pour «Titanic». Des sites américains spécialisés dans la compilation des chiffres du box-office ont calculé les recettes des films ajustées à l’inflation des prix. Voilà donc ce que donne le box-office américain, si l’on prend en compte ces ajustements :
Publié par la rédaction le 26 janvier 2010 à 9:35
Neuf ans après les attentats contre le World Trade Center, la traque de Ben Laden est à nouveau considérée comme une priorité par les responsables américains, qui cherchent une porte de sortie à la guerre en Afghanistan. La tentative d’attentat contre le vol Amsterdam-Detroit par un jeune Nigérian, le 25 décembre, a replacé al-Qaida au centre de l’actualité. Mais, depuis le 11 septembre 2001, une chose n’a guère changé : la persistance des thèses révisionnistes qui contredisent la version officielle des événements. Plus solides qu’al-Qaida et plus immuables que Ben Laden, elles se sont transformées en une croyance collective qui atteint tous les continents et résiste, comme les mauvaises herbes, à tous les traitements. «Le Pentagate» Pour les tenants des thèses conspirationnistes, la CIA, les Juifs et les compagnies pétrolières seraient à l’origine des attentats. Au mieux, l’Administration américaine aurait été au courant des attaques mais aurait laissé faire, pour justifier son projet de s’emparer du Moyen-Orient. Les idées qui veulent que les Twin Towers se seraient effondrées sous l’effet d’explosifs, qu’un missile américain et non un avion aurait frappé le Pentagone et qu’aucun appareil ne se serait jamais écrasé en Pennsylvanie se portent toujours très bien. Après avoir vendu 200 000 exemplaires de son livre, L’Effroyable Imposture, traduit en vingt-huit langues, le chef de file des révisionnistes français sur le 11 Septembre, Thierry Meyssan, directeur du réseau Voltaire, a écrit une suite, LePentagate. Sur le Net, les associations se multiplient comme des petits pains. Le Mouvement (américain) pour la vérité sur le 11 septembre 2001 fédère aujourd’hui une centaine de sites différents, vend des tee-shirts, édite des DVD, organise des conférences dans le monde entier. Depuis neuf ans, les zones d’influence des thèses négationnistes sont plus ou moins les mêmes : le monde musulman en général, la Russie, d’anciens pays communistes, l’Amérique latine et quelques pays isolés comme la France et l’Allemagne. «La carte des théories révisionnistes épouse parfaitement celle de l’antiaméricanisme dans le monde», explique Claude Moniquet, le président du Centre européen pour l’intelligence stratégique et la sécurité (ESISC), basé à Bruxelles. Ainsi, elles n’ont pas marché en Ukraine et en Géorgie, dont les cœurs sont tournés vers Washington plutôt que vers Moscou. Les présidents iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et vénézuélien, Hugo Chavez, les ont en revanche soutenues dans des discours officiels. Aidées par l’effet amplificateur d’Internet, les thèses révisionnistes sont constamment alimentées par les sympathisants. «Leur popularité est quotidiennement nourrie par de nouveaux arguments», explique le sociologue Gérald Bronner, qui a consacré deux ouvrages à la question (*). Mais si ces théories marchent si bien, c’est aussi parce qu’elles sont très difficiles à démonter. «Les arguments paraissent toujours convaincants. Il faut être à la fois ingénieur, physicien, pilote… pour pouvoir les anéantir. Fondés sur un effet de dévoilement satisfaisant pour l’esprit, les mythes conspirationnistes répondent en outre à notre soif de comprendre le monde.» Les théories du complot ont toujours existé. Parmi les mythes conspirationnistes les plus connus, on peut citer l’assassinat de John F. Kennedy, en 1963, qui aurait été fomenté par Cuba, par l’URSS ou par la CIA. Et les Protocoles des sages de Sion, faux document censé représenter un plan de conquête du monde par les Juifs, fabriqué par la police secrète du tsar russe Nicolas II. Plus récemment, les théories conspirationnistes se sont emparées du sida, qui aurait été créé par la CIA, et de la mort de Lady Di, qui aurait été assassinée par les services secrets britanniques. «Les thèses conspirationnistes correspondent à des cycles conjoncturels… Aux XIX, XX et XXIe siècles, nous assistons à une véritable culture de l’opposition et du complot», écrit la chercheuse Nathalie Bastin dans une étude réalisée pour l’ESISC. Une suspicion généralisée Mais elles évoluent aussi avec les époques. Longtemps limités à une région ou à un pays, les mythes sont désormais devenus mondiaux et transcendent les frontières. «Auparavant concentrés sur les minorités (Juifs, gitans, francs-maçons), ils se polarisent aujourd’hui sur un nouvel acteur, les États-Unis, qui représentent la force centrale, l’expression du pouvoir occidental», explique Gérald Bronner. Pour le sociologue, l’époque contemporaine est particulièrement favorable à leur développement. «Il y a, dans nos sociétés occidentales, un désaveu de la parole officielle et une suspicion généralisée de l’expertise et de l’innovation scientifique.» Deux particularités auxquelles il faut, selon lui, ajouter le développement des idées «anticapitalistes» et la «libération du marché cognitif» avec l’explosion des radios, des télévisions et la généralisation d’Internet. «Il est de plus en plus difficile de cacher les choses et les complots. Mais paradoxalement, comme tout finit par se savoir, y compris les mensonges, le sentiment que l’on nous ment se développe.» Le sociologue voit aujourd’hui un autre grand mythe prendre le pas sur ceux qui entourent le 11 Septembre : le «précautionnisme», c’est-à-dire le principe de précaution poussé à l’extrême. (*) «Vie et mort des croyances collectives», chez Hermann, et «La Pensée extrême», chez Denoël.
Publié par la rédaction le 26 janvier 2010 à 6:28
La séance s’annonçait difficile, comme en témoignait l’ouverture en baisse du CAC 40 à - 0,51% (3.801,34 points). Après un revirement dans le vert à mi-séance, l’indice parisien est repassé dans le rouge vers 13 heures. Puis à 16 heures, outre-Atlantique, les reventes de logements aux Etats-Unis sont ressorties en brutale chute en décembre, de 16,7% par rapport au mois précédent, à 5,45 millions de transactions en rythme annuel, selon des chiffres publiés par l’Association nationale des agents immobiliers (NAR), très loin des prévisions des analystes qui tablaient sur 5,9 millions. Au final, à la clôture, le CAC retombe de 1,02%, à 3.781,8 points, après des séances particulièrement chahutées la semaine dernière, où la Bourse de Paris avait perdu 3,6% en trois séances (mercredi, jeudi et vendredi derniers). Dans cette baisse, certaines valeurs bancaires ont résisté. S ociété Générale a gagné 1,39% à 43 euros et Crédit agricole a pris 1,14% à 12 euros, dopés par une information de presse évoquant l’ouverture de discussions entre les deux établissements en vue de créer une coentreprise dans l’activité de banque de financement et d’investissement. Dexia a bifurqué au dernier moment et a perdu 0,07% à 4,46 euros. Axa a finalement cédé 0,38%, à 15,5 euros. Mais BNP Paribas a reculé de 1,77%, à 51,6 euros. Deutsche Bank a dégradé la valeur et n’est pas à l’achat mais a relevé son conseil à achat sur Société générale. Par comparaison, Société Générale avait perdu vendredi 5,2%, Crédit Agricole reculait (-2,51%) de même que BNP Paribas (-1,89%), Axa (-2,5%) et Dexia (-0,73%). Les seules autres valeurs dans le «vert» sont Accor (+0,04%) et LVMH (+0,04% aussi),porté par un relèvement de Nomura. Le pétrole revient à 75 dollars L’euro a retrouvé des couleurs. La monnaie européenne prend 0,12% à 1,4150 dollar. Sur le marché des matières premières, le baril de «light sweet crude» pour livraison en mars gagne 0,6% et revient au contact des 75 dollars. Total a terminé ainsi en repli de 1,08%, à 42,7 euros, Vallourec de 0,68%, à 124,1 euros, Technip de 0,55% à 48,6 euros. Ce matin, l’institut GFK a annoncé que la montée du chômage et la reprise laborieuse de l’économie continuent de peser sur le moral des ménages allemands. Le baromètre de la consommation s’est ainsi replié à 3,2 points pour février, contre 3,4 points le mois précédent. «Du point de vue de la consommation, 2010 s’annonce plus difficile que 2009», estime l’institut. Du côté des statistiques, ce lundi, l’Insee a publié son enquête trimestrielle de conjoncture dans la construction immobilière et dans l’artisanat du bâtiment en janvier. Il en ressort une amélioration de la demande de logments neufs qui s’affiche à -22% en janvier contre -28% en octobre dernier. En revanche, «selon les chefs d’entreprise interrogés en janvier 2010, l’amélioration du climat conjoncturel marquerait le pas dans l’artisanat du bâtiment», explique l’Insee. Le secteur automobile à la peine Après une séance volatile, les valeurs automobiles sont finalement à la traîne du classement du jour, ce lundi. Renault , qui a présenté son nouveau fourgon Master (commercialisation prévue en avril 2010), a lâché 1,8%. Peugeot , en hausse en début de séance, a terminé en recul de 2,4%, à 24,3 euros. Le constructeur a annoncé son intention de viser une part de marché de 8% d’ici à 2015-2016 en Chine, pays prioritaire de sa stratégie de croissance. Peugeot doit aussi présenter sa nouvelle 408 ce lundi. Michelin est la lanterne rouge avec un retrait de 3,21% des actions ce lundi. Sanofi-Aventis a pesé lourd aussi (-1,81%). Les technologiques ont été sanctionnées aussi : Alcatel-Lucent a cédé 2,87%, à 2,04 euros, et Capgemini 2,4%. Christine Lagarde a estime que la double fonction d’Henri Proglio à la présidence d’EDF (-1,34%, à 40,5 euros) et au conseil d’administration de Veolia ne pouvait durer «éternellement». Par ailleurs, chez Veolia environnement (-0,81% à 24,6 euros) , des informations sur l’atmosphère tendue qui pèse au conseil d’administration ont été dévoilées par le Parisien ce week end. Les services de la répression des fraudes auraient également perquisitionné dans les locaux d’une filiale du groupe de service collectifs en décembre 2009 dans le cadre d’une enquête sur une possible entente sur les prix, selon Capital. Chez EDF (-0,45% à 40,83 euros), les Echos indique ce lundi qu’une hausse des tarifs de l’électricité serait demandée au gouvernement, ce que dément l’entreprise. Vivendi (-1,2%) a souffert d’un baisse de recommandation de Citigroup. L’homme d’affaires Stéphane Courbit, allié au groupe publicitaire Publicis (-0,08% à 29,5 euros), envisagerait d’acheter une participation de 70% au capital de France Télévisions Publicité selon la Tribune. Son projet de reprise pourrait même être validé »dans les prochains jours», croit savoir le quotidien. Sur le SRD, SEB a encore surperformé. Bank of America-Merrill Lynch a relevé son objectif de cours de 52 à 54 euros et réitéré sa recommandation d’achat. April Group (-1,58% à 21,85 euros) et NextRadio TV (à l’équilibre, à 14,54euros) doivent publier leurs résultats annuels après Bourse. LIRE AUSSI: » Les Bourses asiatiques à la peine
Publié par la rédaction le 26 janvier 2010 à 4:22
Le groupe Amaury rénove ses deux publications phares, Le Parisien et L’Équipe. Demain, Le Parisien se dote d’une nouvelle maquette autour de cinq séquences principales (Fait du jour, Actu, Département, Sports et Air du temps). Mais la principale innovation réside dans le choix de généraliser la couleur : pour la première fois, en effet, le quotidien adopte une pagination - qui passe de 40 à 48 pages - entièrement en quadri, comme son édition nationale Aujourd’hui en France Le Parisien a vu sa diffusion payée en France reculer de -5,8 % à 304 304 exemplaires, selon les déclarations déposées par l’éditeur à l’OJD. Dès le lendemain, mercredi, L’Équipe lui emboîte le pas, en lançant trois nouvelles rubriques hebdomadaires d’une page : «L’Équipe Inside» chaque mercredi, «L’Équipe Découverte» le jeudi et «L’Équipe Week-End» le vendredi. Ces nouvelles pages répondent à un besoin du titre sportif de «créer une pause de lecture, le traitement de l’information et l’analyse étant déjà bien présents dans le quotidien», souligne Fabrice Jouhaud, son directeur de la rédaction. Cette respiration doit également permettre à «L’Équipe» de fidéliser et élargir son lectorat, notamment chez les jeunes, très volatiles. Ainsi, la rubrique «Inside», à paraître après-demain, fait la part belle au joueur de la NBA Joachim Noah qui y raconte son quotidien sportif, photos à l’appui. «Avec Inside, nous cherchons à surprendre, divertir, en nous adossant à notre site internet pour compléter en vidéo le reportage sur la préparation de ce sportif en pleine ascension», précise Fabrice Jouhaud. Les pages «Découvertes» et «Week-end» surfent sur la même vague du reportage et du divertissement, «des rubriques à l’esprit décalé et très magazine», résume François Morinière, le directeur général du groupe L’Équipe. Dans le même esprit, une page dédiée à l’automobile, mais «sous son angle produit et non pas, comme on le voit souvent en presse auto, à destination d’un futur acquéreur», remarque Fabrice Jouhaud. Ce nouveau rendez-vous doit étoffer le titre chaque mardi à partir du mois de mars. Et limiter l’érosion de ses ventes. En 2009, le quotidien sportif affiche «une baisse de 2,6 % des ventes sur l’année, à 303 300 exemplaires vendus en moyenne chaque jour (diffusion France payée)» selon François Morinière, «avec des recettes publicitaires en recul de 15 % à 20 %». Un plan d’économie, lancé en juin 2009, doit permettre d’économiser au titre entre 6 et 8 millions d’euros chaque année. LIRE AUSSI : » Grève au Parisien après l’annonce d’une réorganisation
Publié par la rédaction le 25 janvier 2010 à 16:58
Invité dimanche du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», Éric Woerth est revenu sur la «conférence sur les déficits publics» - terme qu’il préfère à celui de «conférence sur les finances publiques» - qui se tiendra jeudi à l’Élysée. L’objectif est selon lui de faire «un point sur l’état des finances publiques» avec tous ceux qui participent à la gestion de l’argent des Français : État, collectivités locales, partenaires sociaux… Le ministre du Budget et des comptes publics espère qu’un «diagnostic» sera établi. Notamment sur «les dépenses galopantes» - de plus de 6 % par an ces dernières années - des collectivités locales et des conseils régionaux. «L’État met 90 milliards d’euros par an en transferts de dépenses aux collectivités locales, a-t-il assuré. C’est beaucoup.» A contrario, le ministre espère lors de cette conférence que l’effort du gouvernement pour avoir contenu les dépenses - hors crise et plan de relance - de l’État en 2009 sera reconnu. Il a plaidé pour parvenir à terme à «un objectif partagé et un encadrement de la progression» de dépenses entre tous les acteurs. En matière d’emploi, les collectivités locales doivent selon lui commencer à «revoir le nombre de leurs fonctionnaires». Il juge le «poids des charges de fonctionnement» des 30 000 créations annuelles trop important. L’urgence d’une réforme des retraites Le ministre du Budget a ensuite redit son opposition à l’inscription d’un «déficit maximal» dans la loi ou la Constitution. «Je ne suis pas pour une règle que l’on aurait le plus grand mal à appliquer», a-t-il justifié. Le seul intérêt qu’il verrait à la mise en œuvre d’une telle disposition, que les Allemands ont incluse dans leur Constitution, serait peut-être de mettre tous les acteurs «face à leurs responsabilités» et obliger tout le monde «à se coordonner». Éric Woerth a réaffirmé son intention de baisser les déficits à horizon 2013. Sans augmenter les impôts, promesse présidentielle oblige de ne pas le faire, mais en continuant à tailler dans les dépenses. «On a cinq points de PIB à trouver, a expliqué le ministre du Budget. Soit 100 milliards d’euros au total, dont la moitié nous sera apportée en recettes supplémentaires avec le retour de la croissance. On a donc 50 milliards à économiser sur plus de 1 000 milliards de dépenses globales.» Un effort «extraordinairement difficile», a-t-il toutefois reconnu. Sur le dossier des retraites, le ministre du Budget a ironisé sur le fait que toutes les réformes précédentes avaient été faites «par des gouvernements de droite» alors que la gauche avait «fait des rapports». Pour lui, «la clé de la réforme n’est pas de revoir la répartition». Le vrai sujet, c’est celui du déficit actuel. «Il y a urgence à réformer les retraites car nous aurons en 2010 un déficit du régime général de 10 milliards, soit celui que l’on pensait avoir dans dix ans», a-t-il insisté, appelant à une forme de «consensus national» sur le sujet. Il a enfin confirmé, sans rentrer dans les détails et en appelant à un «grand débat national qui ne divise pas les Français», que les fonctionnaires ne seraient pas exclus de la réforme à venir. Le ministre, sans pouvoir donner de chiffres sur le nombre d’exils fiscaux évités, a relégitimé la nécessité d’avoir instauré un bouclier fiscal. LIRE AUSSI » Woerth pour la fixation d’objectifs de réduction des déficits
Publié par la rédaction le 25 janvier 2010 à 6:32
Les Guyanais et les Martiniquais retournent dans l’isoloir. Deux semaines après avoir refusé une autonomie accrue, ils sont invités à dire, à nouveau par référendum, s’ils souhaitent la création d’une «collectivité unique» dans leurs départements-régions. Les résultats dovient être connus dans la nuit de dimanche à lundi à Paris, sans doute plus tardivement en Martinique où la préfecture est très prise par le séisme qui a ravagé Haïti. Les dernières estimations, rendues publiques dimanche par le ministère de l’outre-mer, font état d’une forte abstention. En Guyane, le taux de participation estimé à 17h00 (heure locale), une heure avant la fin du scrutin, était de 22,5% (contre 42,1% le 10 janvier). En Martinique,le taux de participation estimé à 17h00 s’établissait à 30,2% (contre 41,2% le 10 janvier). Les 67.500 électeurs en Guyane et les 296.800 électeurs martiniquais devaient répondre à la question : «Approuvez-vous la création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l’article 73 de la Constitution?». En cas de victoire du oui, le département et la région fusionneraient dans une assemblée unique. La «collectivité unique» verrait le jour dans les deux ans. Une loi ordinaire, dont le texte pourrait être étudié début 2011, devra arrêter la composition de la nouvelle assemblée, le nombre d’élus… La «collectivité unique» disposerait des compétences du département et de la région. La Guyane et la Martinique présentent depuis 1982 la particularité, comme la Guadeloupe et La Réunion, d’être des régions mono-départementales. Cela a créé des chevauchements et des dépenses inutiles, auxquels le gouvernement souhaite mettre fin. Il s’agit ainsi, selon la ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard, de «purger» les questions statutaires afin que celles-ci ne viennent plus freiner le développement économique et social de l’outre-mer, en retard par rapport à la métropole. On s’attend à une faible participation Si le non l’emporte, le statu-quo prévaudrait. Les deux départements-régions resteraient dans le droit commun national et leur statut dépendrait de la réforme territoriale. A partir de 2014, comme en métropole, des conseillers territoriaux devraient siéger à la fois au conseil régional et au conseil général, qui auraient la même composition, mais des présidents différents. Une des clefs des consultations est la participation, qui avait atteint 55,3% le 10 janvier en Martinique et 48,2% en Guyane. De source officielle, on s’attendait à ce qu’elle soit très basse dimanche. La proximité des régionales pourrait toutefois avoir un impact sur scrutin, notamment en Martinique, où certains électeurs pourraient voter non pour faire obstacle au député autonomiste Serge Letchimy, partisan du oui. Comme pour le référendum du 10 janvier, la consultation ne concerne ni Réunion, ni Guadeloupe. La Réunion, les élus n’ont pas demandé majoritairement une collectivité unique. En Guadeloupe, les élus, déstabilisés par la crise sociale de 2009, ont reporté à 2011 une éventuelle demande d’évolution institutionnelle.
Publié par la rédaction le 24 janvier 2010 à 15:11
Un gouvernement embarrassé, une opposition ulcérée, et désormais un conseil d’administration de Veolia tendu. L’affaire Proglio n’en finit plus de faire des vagues. Au cours de l’émission télévisée «13h15, le dimanche» de France 2, Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, annonce qu’Henri Proglio devra quitter Veolia. « Il ne faut pas que [ce cumul] dure éternellement. Il l’a d’ailleurs reconnu devant les commissions des assemblées » a-t-elle affirmé sur France 2. Et la ministre de saluer l’abandon de ses indemnités chez Veolia: «C’est bien, franchement. J’espère que la polémique pourra s’éteindre parce qu’il a vraiment du pain sur la planche». «J’espère qu’il va pouvoir se consacrer de toutes ses forces au service d’EDF», a plaidé Christine Lagarde. La locataire de Bercy a d’ailleurs souligné que le groupe EDF est «le seul dans lequel Henri Proglio a des fonctions opérationnelles, donc il n’y a pas de cumul de fonctions opérationnelles». La double casquette de Proglio sème également le trouble à Veolia. Dans un article publié dimanche, Le Parisien révèle qu’une atmosphère pesante règne au sein du conseil d’administration de l’entreprise, où siègent quelques grands patrons actuels ou passés du CAC 40 tels que Daniel Bouton, ancien président de Société Générale, Jean-François Dehecq, PDG de Sanofi Aventis ou encore Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas. Le prochain conseil d’administration de Veolia sera «sportif» Trois principales raisons à cela. La première : le départ d’Henri Proglio chez EDF. «Lorsqu’il nous a annoncé son départ pour EDF, en septembre, la surprise a été totale. Personne n’avait été mis dans la confidence» s’étonne un administrateur. Ayant compris que le PDG d’EDF souhaitait garder le pilotage de Veolia «pour mieux contrôler l’information sur les comptes 2010 et sur ses projets de rapprochement avec EDF», selon une source citée par le Journal du Dimanche -, ils regrettent simplement «avoir été mis devant le fait accompli» et que tout se soit joué «en dehors d’eux», entre l’Elysée et Henri Proglio, à en croire des administrateurs cités par Le Parisien. Autre cause du malaise : le renoncement d’Henri Proglio pour ses 450.000 euros annuels chez Veolia. Le Parisien nous apprend qu’à aucun moment les administrateurs n’ont été mis au courant de ce refus, alors que se tenait le jour même un conseil. «On n’a pas apprécié d’apprendre la nouvelle le soir à la télévision. Cette dissimulation ne ressemble pas à Henri», regrette l’un deux, cité par Le Parisien. Enfin, le projet de rapprochement entre EDF et Veolia ne convainc pas les administrateurs qui le qualifient, à l’instar de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, de «baroque». Ce véritable malaise au sein du conseil d’administration fait dire à l’un de ses membres que le prochain conseil sera «sportif». LIRE AUSSI : » Sarkozy approuve la décision de Proglio, le PS insatisfait » Henri Proglio renonce à son double salaire » VIDEO LE TALK - Affaire Proglio : Mélenchon défend un «salaire maximum»
Publié par la rédaction le 23 janvier 2010 à 16:38
Son esclandre a été désavoué par ses camarades socialistes, Manuel Valls et Pierre Moscovici en tête, mais Vincent Peillon refuse tout mea culpa. L’eurodéputé socialiste, qui a provoqué la polémique en boycottant le débat sur l’identité nationale de France 2, revient à la charge contre l’audiovisuel public. Dans un entretien au Monde, Vincent Peillon, qui avait exigé la démission d’Alerte Chabot, dénonce «la servilité» de «certains dirigeants» de France Télévisions. «Arlette Chabot est directrice générale adjointe du groupe, et j’ai aussi mis en cause la responsabilité du président et du directeur général». «Ce ne sont pas de simples journalistes. Ce sont les responsables de cette programmation», assure le socialiste. «Les rédactions font ce qu’elles peuvent, mais la perspective de la nomination du président du service public par le président de la République (…) favorise la servilité de certains dirigeants», assène-t-il. France Télévisions a immédiatement dénoncé «des propos injurieux et mensongers». L’eurodéputé ne s’excuse pas davantage, dans cette interview, du «lapin» posé à France 2. Le débat sur l’identité nationale «fait honte à la France», redit Vincent Peillon. «Sept émissions sur neuf organisées en prime time ont été consacrées à cette question, il fallait arrêter cela», estime le socialiste. «Mais comment se faire entendre ? Le président de la République a déjà la mainmise sur de nombreux médias privés, et maintenant le service public», déplore l’eurodéputé. Pour appuyer ses dires, le membre du parlement de Strasbourg cite le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse où la France (43e) a perdu 32 places depuis 2002. «2012 est un bon rendez-vous» «J’aurais préféré dire que je ne venais pas sur France 2 et que l’ensemble du Parti socialiste me suive. Mais un remplaçant se serait vite proposé», confie-t-il. Vincent Peillon maintient avoir appris au dernier moment le déroulé de l’émission, suggérant qu’Arlette Chabot et Nathalie Saint-Cricq, rédactrice en chef de l’émission A vous de Juger, ont menti. France 2 affirme depuis le début de l’affaire que le socialiste était au courant qu’Eric Besson était l’invité principal et que c’est Vincent Peillon lui-même qui a voulu passer après Marine le Pen et le ministre de l’immigration pour «ramasser» leurs arguments. Le député européen appelle de ses vœux pour garantir l’indépendance des médias une réforme du Conseil supérieur de l’audiovisuel. «Il faut le rendre indépendant et pluraliste et assurer des ressources stables au service public et à la presse qui ne passent pas par les cabinets des ministres». Et Vincent Peillon de prôner «une vraie loi anti-concentration» pour compléter les garde-fous. Niant tout égocentrisme, l’élu, professeur de philosophie de formation, refuse d’être un penseur «qui reste dans sa bibliothèque». «La place des philosophes est dans la cité», souligne-t-il lorsqu’on l’interroge sur ses derniers coups d’éclat. Quant à l’échance de 2012, la perspective de la présidentielle semble encore lointaine à Vincent Peillon qui estime que la question des primaires socialistes ne se posera pas avant l’automne 2011. «D’ici là, nous devons nous rassembler. Notre génération [celle des quadras du PS, ndlr] n’a pas encore pris la parole. Elle doit écrire son propre récit. 2012 est un bon rendez-vous pour cela», se contente-t-il de dire.
Publié par la rédaction le 23 janvier 2010 à 13:39
Roman Polanski peut dépoussiérer ses valises. Dans quelques semaines, il pourrait quitter la Suisse et son confortable chalet de Gstaad, où il est assigné à résidence au moyen d’un bracelet électronique, pour rejoindre le tribunal de Los Angeles. Le réalisateur franco-polonais devrait y être jugé pour avoir eu, en 1977, des «relations sexuelles illégales» avec une mineure, alors âgée de 13 ans. vendredi, le magistrat en charge du dossier a mis fin au suspense juridique en refusant la demande de contumace formulée par les avocats américains du prévenu. Cette décision va dans le sens du ministère public, qui réclamait le retour de Roman Polanski, aujourd’hui âgé de 76 ans, sur le territoire américain. Dans des documents officiels, David Walgren, procureur adjoint du comté de Los Angeles, considérait que l’absence du cinéaste au procès «serait absolument déplacée» , dans la mesure où c’est un «fugitif», condamné «pour le viol d’une enfant». Les avocats de Roman Polanski avaient pourtant longuement plaidé l’inverse. Chad Hummel et Bart Dalton affirmaient qu’il y avait «de nombreuses et de fortes raisons» de rendre un jugement en l’absence de l’accusé. Dans une partie de leur argumentation, ils notaient que «la politique semble interférer avec l’administration équitable de la justice». Harriet Ryan, journaliste au Los Angeles Times et spécialiste du sujet, précise que le procureur général du comté de Los Angeles occupe «un poste électif et envisage de se présenter au poste de ministre de la Justice de l’État de Californie». Dans un entretien avec le journal en ligne Swissinfo, elle ajoute qu’il est impossible de dire si «l’affaire Polanski sera un thème de campagne». Politique ou non, le juge a tranché. Reste que la Suisse doit encore accepter la demande d’extradition émise par le bureau du procureur adjoint du comté de Los Angeles. L’Office fédéral de la justice, qui doit répondre à cette demande, n’a pas souhaité faire de commentaires ; de même que Lorenz Erni, qui défend Roman Polanski au sein de la Confédération helvétique. «Mais je vois mal comment la Suisse pourrait refuser l’extradition de Roman Polanski, commente Adrien Gutowski, avocat à Lausanne. La peine n’est pas prescrite et les faits sont condamnables dans les deux pays. D’après moi, Berne devrait entrer en matière assez rapidement.» Les hésitations des autorités suisses ont certainement à voir avec le tour médiatique qu’a pris cette affaire. En arrêtant le cinéaste dans le cadre d’un mandat d’arrêt américain, le 26 septembre dernier, la Confédération helvétique a fait l’objet de violentes critiques de la part de nombreuses personnalités culturelles et politiques, parmi lesquelles le ministre de la Culture français en personne, Frédéric Mitterrand. Le zèle de Berne est d’autant plus étonnant que, depuis plusieurs mois, la présumée victime du viol, Samantha Geimer, affirme qu’elle a «pardonné» à Roman Polanski. Récemment, elle a affirmé soutenir la demande de contumace. Son avocate, Lawrence Silver, a même fait valoir que le parquet n’avait pas prévenu sa cliente avant de demander l’extradition du cinéaste, ce qui constituerait une «violation» de la Constitution de l’État de Californie. Au-delà de ce déficit d’image, le pays souffre d’importantes difficultés avec les États-Unis, notamment vis-à-vis de la banque UBS et de l’échange des données bancaires. Dans ce contexte tendu, la Suisse pourrait vouloir contenter Washington en validant l’extradition de Roman Polanski. Si c’est le cas, comme les experts le supposent, Roman Polanski devrait rapidement quitter Gstaad. Trente ans après les faits, l’homme retournera sur ses pas pour affronter son passé. Il risque plusieurs années de prison.
Publié par la rédaction le 22 janvier 2010 à 23:45
Jamais deux sans trois. La Bourse de Paris a encore cédé du terrain ce vendredi après deux séances très chahutées. Le CAC 40 a terminé la dernière séance de la semaine en repli de 1,07%. En trois jours, l’indice s’est ainsi replié de près de 5%, et est tombé vers les 3.800 points, à 3.820,78 points, alors qu’il était encore au dessus des 4.000 points mardi soir. Au final, sur la semaine, le CAC a cécé 3,4%. L’ambiance est encore aujourd’hui plombée par les annonces bancaires d’Obama de jeudi. Wall Street en pâtit encore aussi aujourd’hui. Jeudi, les Bourses mondiales avaient déjà essuyé un gros revers à cause de ses mesures restrictives, qui ne sont pas encore claires. Mercredi, la décision de la Chine de limiter ses octrois de crédits en 2010 pour enrayer la surchauffe de l’économie avaient refroidi les investisseurs outre-Atlantique, et dans leurs sillages, les principales places européennes. A Londres, le FTSE finit la semaine de retour aus 5.300 points, le Dax est redescendu sous les 5.700 points. Ce matin, le Nikkei a terminé la séance en forte baisse de 2,56%, terminant sous les 10.600 points, et entrainant dans sa chute toutes les places de la région. La veille, Wall Street finissait en baisse de 2,06% à 10.389,88 points. Les valeurs bancaires malmenées Parmi les titres les plus attaqués, on trouve tout le secteur bancaire au lendemain des annonces de Barack Obama qui souhaite brider les établissements financiers . Société Générale perd 5,2% à 42,44 euros, loin devant Crédit Agricole (-2,51%) et BNP Paribas (-1,89%). Axa abandonne 2,5% et Dexia 0,73%. Partout, les valeurs financières sont boudées. Seule JP Morgan aux Etats-Unis s’en sort bien porté par une recommandation de Citigroup qui estime que les mesures américaines n’auront qu’un impact limité sur la valeur. Côté lourds replis, les valeurs liées aux matières premières sont chahutées : Total cède 1,47%, à 43,2 eruos, alors que le pétrole est passé sous les 76 dollars le baril. Vallourec tombe de 1,69%. Technip chute de 2,5%, à 48,9 euros. Une des fortes baisses du CAC 40 : ST Microelectronics (-2,4%). ST Ericsson, coentreprise wireless à 50/50 entre STMicro et Ericsson a publié des résultats un peu endessous des attentes. Le nouveau patron d’ EDF (-1,37% à 41 euros), Henri Proglio, a renoncé à sa rémunération en tant que président du conseil d’administration de Veolia Environnement (-1,1% à 24,8 euros). Dans le feuilleton A400M, EADS (-1,49% à 14,18 euros) serait prêt à débourser jusqu’à 800 milions d’euros pour couvrir les surcoûts. C’est ce qu’annonce la Tribune ce vendredi. Une nouvelle réunion est prévue ce jour entre EADS et les pays clients afin de définir les modalités du partage des surcoûts l’avion de transport militaire Air France KLM (-3,07% à 12 euros) pourrait enregistrer des pertes de 300 millions d’euros en 2009 sur son réseau intra-européen, selon les Echos. Par ailleurs, Jean-Claude Filippi, du syndicat FO, a été élu jeudi secrétaire général du comité central d’entreprise (CCE) d’Air France dont le fonctionnement et les frais sont au cœur d’une vive polémique depuis deux semaines. Kaufman & Broad (-3,63% à la clôture après une séance globalement dans le vert) a présenté ses résultats 2009 ce matin avant Bourse. Son chiffre d’affaires 2009 s’élève à 934,9 millions d’euros (HT) contre 1 165,1 millions d’euros (HT) en 2008, en baisse de 19,8%. Pierre & Vacances a présenté un chiffre d’affaires en progression de 10,7% à 329,3 millions d’euros au 1er trimestre 2009-2010. Le titre bondit en Bourse: +3,4% à 53,8 euros. Biomérieux a annoncé ce matin avant Bourse que son chiffre d’affaires en 2009 s’est établi à 1,223 milliard d’euros contre 1,111 milliard en 2008. Il a progressé de 7,7 %, à devises et périmètre constants. Mais la nouvelle ne passe pas auprès des investisseurs. Le titre est sanctionné sur le SBF 120: -5,94% à 80 euros. Gilbert Dupont a fortement dégradé la valeur. Somfy est monté de 5%, à 136,5 euros. CM-CIC est passé de vendre à conserver et a relevé son objectif de cours de 110 à 121 euros. «Le groupe montre mieux qu’une résistance, et mieux qu’un simple restockage en affichant une croissance de 4% sur son core business au quatrième trimestre (86% du chiffre d’affaires global). Des stats correctes, mais ça n’a pas suffit Ce vendredi, les indicateurs macro-économiques, bien que nombreux, n’y ont rien fait. Avant l’ouverture, l’Insee a annoncé que le moral des industriels a progressé de 4 points en janvier, atteignant son plus haut niveau (92 points) depuis septembre 2008. Les commandes industrielles dans la zone euro ont rebondi plus que prévu en novembre, progressant de 1,6% sur un mois, après un recul de 1,9% en octobre, selon Eurostat. Les ventes de détail au Royaume-Uni ont augmenté bien moins que prévu en décembre, de 0,3% sur le mois et de 2,1% sur un an, selon l’ONS. Par ailleurs, la production automobile britannique a poursuivi son rebond en décembre, s’envolant de 58,5% par rapport à un an plus tôt. LIRE AUSSI: » Les Bourses asiatiques en chute libre
Publié par la rédaction le 22 janvier 2010 à 14:56
Les députés de la mission parlementaire sur le voile intégral ont finalement renoncé à une loi d’interdiction générale. Dans leur rapport définitif que le Figaro a pu se procurer, ils préconisent des dispositions législatives pour la bannir du service public. Mais auparavant, ils suggèrent le vote d’une résolution par l’Assemblée. L’occasion de rappeler les valeurs fondamentales de la République et d’offrir un temps pour la pédagogie et la médiation. Ensuite, la mission propose des mesures plus concrètes. Elle prône l’interdiction de la burqa dans les administrations, hôpitaux, écoles. Dans tous les «services publics et donc dans les transports». «Ce dispositif contraindrait les personnes non seulement à montrer leur visage à l’entrée du service public mais aussi à conserver le visage découvert tout au long de leur présence au sein du service public», peut-on lire dans ce texte que les députés ont amendé encore dans la nuit. La «conséquence de cette violation ne serait pas de nature pénale mais constituerait en un refus de délivrance du service demandé». Cette interdiction ne semble pas poser de difficultés juridiques, car dans les services publics, «les contraintes que leur fonctionnement impose, permettent de légitimer des règles particulières». Les députés proposent donc d’adopter une «disposition interdisant de dissimuler son visage dans les services publics». Les députés rappellent également, que le voile intégral peut être banni des lieux accueillant du public. D’une part, «la liberté de se vêtir des employés est encadrée par les impératifs de l’entreprise». Par ailleurs ces établissements sont autorités à «contrôler l’identité de leurs clients quand ils procèdent à certaines action, notamment la remise d’un chèque». Enfin, les établissement sont autorisés à s’équiper de vidéosurveillance lors qu’ils «sont particulièrement exposés à des risques d’agression ou de vol…». Sur ce fondement, ces établissements peuvent «prohiber l’entrée avec le casque intégral ou la burqa». A condition que l’interdit reste justifié par des impératifs de sécurité et ne soit pas discriminatoire. Conduire leur serait également interdit. Des interdits fragmentés et multiples «Il faut leur rendre la vie impossible, pour endiguer le phénomène» résume un député. Ces interdits fragmentés, mais multiples auraient l’avantage d’échapper aux foudres du conseil constitutionnel. Quand bien même, certains décrets seraient retoqués, cela ne signerait pas la défaite du camps anti-burqa, et le triomphe des islamistes, glissait il y a quelques jours le rapporteur Eric Raoult, «soucieux d’agir de façon efficace et pédagogique». Parmi les autres manières de «décourager» les porteuses de voile intégral, la mission écarte une voie envisagée, celle du «contrôle d’identité systématique, qui ne serait pas légal», car il doit reposer sur une présomption de risque d’atteintes à l’ordre public ou de délit. Certains avaient également proposé de faire de la burqa un obstacle à l’obtention d’un titre de séjour de longue durée. Les députés estiment qu’il serait difficile de refuser un regroupement familial sur cette base. En revanche, ils proposent de «modifier des articles du Ceseda afin de refuser la délivrance d’une carte de résident aux personnes qui manifestent une pratique radicale de leur religion incompatible avec les valeurs de la république, en particulier le principe d’égalité entre hommes et femmes, ceci étant considéré comme un défaut d’intégration» ; Par le même article ajouté dans le code civil, l’intégrisme deviendrait également un motif de refus de naturalisation. Enfin, les députés explorent longuement la voie de la loi. Car elle «seule bannirait la burqa de l’espace public». Mais elle soulève des «questions juridiques complexes. Il s’agit en effet de limiter l’exercice d’une liberté fondamentale, la liberté d’opinion, dans la totalité de l’espace public. Le chemin est à coup sûr étroit et nul ne peut dire avec une totale certitude s’il est praticable», ont conclu les députés. Car la laïcité ne permet pas de réglementer les habits dans la rue. La dignité, souvent invoquée pour proscrire le voile intégral est une notion «presque abandonnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme», peut-on lire dans le rapport. Le Conseil Constitutionnel a lui aussi évolué et protège surtout le «libre arbitre de la personne». Mais si l’assemblée souhaitait poursuivre dans la voie ouverte par Jean-François Copé, la mission propose de recueillir «l’avis du Conseil d’état en amont proposition de loi interdisant de dissimuler son visage dans l’espace public». Serait alors sanctionnée la personne qui commet l’infraction, la femme, sauf si elle démontre la contrainte. «Évidemment, l’idée n’est pas, quel que soit le moyen retenu, d’arracher les voiles, mais de les faire tomber d’eux-mêmes», assure Eric Raoult. La mission évoque d’ailleurs la pertinence d’un travail d’intérêt général, plutôt qu’une amende. L’avocate féministe Gisèle Halimi ayant recommandé «des cours sur les libertés ou sur le droit des femmes…» LIRE AUSSI : » INTERVIEW - Gerin : «L’interdiction sera absolue dans les lieux publics» » Burqa : les religions ne voient pas l’efficacité d’une loi » Bertrand : «Une étrangère en burqa ne pourra pas être naturalisée» » Le PS cherche la meilleure opposition au voile intégral
Publié par la rédaction le 22 janvier 2010 à 2:00
Sur la colline de Lascaux, à Montignac, la porte monumentale de bronze, construite en 1948, évoque l’antiquité classique. Elle transforme en sanctuaire - ou en tombeau - la plus célèbre des grottes ornées, découverte en 1940, fermée au public par décision d’André Malraux en 1963. Depuis, il y a un «mystère Lascaux» et même une polémique : la grotte ignorée pendant 15.000 ou 18.000 ans, intacte, va-t-elle disparaître au XXIe siècle ? Après les moisissures blanches et les algues vertes, ce sont des taches noires qui, apparues depuis quelques années, menaceraient «la Sixtine de l’art pariétal». Frédéric Mitterrand a voulu constater sur place, avec Yves Coppens et Philippe Bélaval, son nouveau directeur général des patrimoines. Il m’a convié à participer à cette visite. Le paléontologiste et paléoanthropologue Yves Coppens, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et Muriel Mauriac, conservatrice de la grotte. Crédits photo : AFP Passé les portes de bronze, commence une sorte de cérémonie initiatique. Il faut revêtir une combinaison blanche digne de la Nasa, deux protections successives pour les chaussures, franchir une autre porte. Rien de ce qui a été en contact avec l’extérieur ne doit entrer. Commence la courte descente par un escalier assez raide, sous les gouttes d’eau qui tombent par infiltration. Nouvelle porte : on entre dans la première salle, la plus grande, la salle des taureaux. Tous les appareils de mesure hygrométrique fonctionnent et une partie de la grotte ressemble à un laboratoire. Il fait un peu plus chaud. Muriel Mauriac, la conservatrice du site, et Jean-Michel Geneste, le directeur des recherches menées sur place, détaillent les moyens scientifiques grâce auxquels Lascaux fait l’objet d’une surveillance constante. La grotte n’est pas un monument, elle est un écosystème, instable, vivant. Mais elle est d’abord une œuvre d’art. Frédéric Mitterrand, homme d’image, interroge Yves Coppens. Il veut voir les gravures, à la lumière rasante des torches électriques. Il est fasciné par la licorne, avec sa double défense, demande des explications sur cette couleur violette qui apparaît dans un dessin géométrique de la Nef et qu’on ne retrouve pas ailleurs. Devant le panneau des bisons adossés, il pose la question de la perspective. Puis tout le monde se tait. L’émotion l’emporte. Voir le grain de la peinture, la manière dont le dessin semble si fragile et si sûr, l’impression d’être en contact, dans l’odeur âpre de ce monde confiné, avec ces artistes dont on ne sait rien, mais qu’on sent vivre. La profondeur moelleuse des noirs, les ocres, les repentirs, tout parle. Lascaux n’est pas un tombeau, c’est un lieu vibrant. Un site en convalescence Les polémiques avaient de quoi inquiéter, et le fait que la grotte soit inaccessible ne peut que venir les alimenter. À l’évidence, les parois et les peintures sont conformes aux photos et aux films. Lascaux n’est pas du tout, aujourd’hui, un univers dégradé. Les fameuses taches noires semblent localisées. Je les ai vues de près. Certaines sont en régression. J’avais imaginé une horrible lèpre masquant les gravures et les dessins, le problème, s’il est sérieux, est actuellement bien observé par les experts et ne semble pas s’étendre. Ces taches n’affectent pas les peintures. Visiblement, la grotte a souffert des travaux effectués au moment où les architectes des monuments historiques ont voulu en faire un monument visitable, dans les années 1960. Elle a subi les assauts de norias de touristes avant de retourner au silence. Elle est en convalescence. Dans certaines zones, où il y a bien eu des champignons blancs, on voit que le mal a reculé à la suite des traitements. À côté, sans doute trop proche, car la colline ne devrait supporter ni route ni parkings, Lascaux II est en train d’être restauré, un chantier qui s’achèvera le mois prochain. Frédéric Mitterrand prend le temps d’y entrer. Voir la copie immédiatement après l’original est passionnant : la réussite est totale. Grâce à ce dispositif, Lascaux pourra continuer à captiver les visiteurs. À une jeune fille qui ravive le «cheval renversé», Frédéric Mitterrand parle d’Éric Rohmer. Toucher du doigt la nuit des temps Lascaux, daté d’abord de l’époque magdalénienne, serait sans doute un peu plus ancien, de la période dite solutréenne, en référence aux vestiges du paléolithique supérieur découverts au pied de la roche de Solutré. Descendre à Lascaux, c’est toucher du doigt la nuit des temps. C’est la préhistoire, mais c’est aussi l’enfance. C’est le sanctuaire d’une France idéale, avec ses quatre jeunes découvreurs, leur petit chien Robot, entourés symboliquement du bon instituteur du village et du savant abbé Breuil au milieu des genévriers. C’est ensuite un décor héroïque et littéraire, qui inspira Georges Bataille et André Malraux. C’est le cœur de la France. Une aventure mythologique.
Publié par la rédaction le 21 janvier 2010 à 14:52
Près de cinq millions de fonctionnaires avaient été appelés par les syndicats (CGT, Solidaires, FSU) à la grève jeudi contre les suppressions de postes et les réformes de l’Etat en cours. A la mi-journée, le mouvement était suivi par 15,7 % des enseignants en moyenne, selon le ministère de l’Education nationale. 12,2 % des agents de l’Etat, 3,5 % de ceux des collectivités locales et 2% de ceux des hôpitaux participaient également à la journée d’action, a annoncé le ministère de la Fonction publique. Cette journée d’action chez les fonctionnaires semble ainsi rencontrer un écho limité, même si la proportion de grévistes dans l’Education nationale apparaît en légère hausse par rapport à la précédente journée de grève le 24 novembre. A l’époque, 13,4 % des enseignants du premier degré étaient en grève, contre 17,7 % jeudi, selon les chiffres du ministère. Dans le secondaire, 12,3 % avaient suivi le mouvement de novembre, contre 13,8 % jeudi. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a quant à lui indiqué que «plus de 40%» des personnels dans les collèges et lycées publics étaient en grève jeudi midi. «En faisant grève à plus de 40%, les personnels du second degré ont clairement manifesté leur rejet de la politique éducative actuelle», a jugé le Snes. Ce dernier critique en particulier les suppressions de postes d’enseignants, la dégradation des conditions de travail, la réforme du lycée et demande «une revalorisation digne de ce nom» pour les personnels. Rassemblement à La Sorbonne Un rassemblement d’enseignants a notamment réuni jeudi matin une centaine de personnes à l’appel de l’Unsa et de la CFDT, place de la Sorbonne, à Paris, dans le Ve arrondissement. Les participants devraient ensuite se joindre au cortège organisé par la CGT, la FSU et Solidaires. «Environ 120 manifestations sont organisées, le plus souvent le matin en province», dont trois grandes à Paris, Lille et Toulouse, avait indiqué un peu plus tôt Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT. «Le pouvoir d’achat des fonctionnaires a perdu 8% en dix ans» et «sur l’emploi, le gouvernement refuse de négocier», avait-il ajouté. La fonction publique hospitalière a également prévu de «s’exprimer alors que les pétitions contre les suppressions de postes se multiplient, que des hôpitaux ont connu de longues grèves et qu’une manifestation est prévue le 26 janvier contre la création d’un ordre infirmier», a expliqué Jean-Marc Canon. Enfin, la fonction publique territoriale s’est également mobilisée jeudi contre les «projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut» de fonctionnaire, «vulnérables aux pressions des élus», a souligné la CGT. .
Publié par la rédaction le 21 janvier 2010 à 12:03
Un cordon de sécurité a pris place devant l’hôpital général universitaire d’Haïti. Une dizaine de parachutistes de la 82e division aéroportée sont déployés, lunettes noires sur le nez. «Nous sommes là pour filtrer les entrées et éviter le désordre», explique le sergent Montreux. Il n’en dira pas plus. Devant l’hôpital, le plus grand de Port-au-Prince, qui soigne à la chaîne des centaines de blessés graves, la foule se masse à distance respectueuse pour voir ces soldats tant de fois annoncés et jusqu’alors quasiment invisibles. Dans les rues, de gros camions verts chargés de GI, arme au poing, et quelques Humvees passent lentement. Les cortèges, encore rares, font naître des sourires sur le visage des sinistrés haïtiens, visiblement heureux de voir que des services de sécurité s’installent. «C’est très bien. Ils vont empêcher les bandits de saccager plus encore la ville. Ils doivent venir plus vite», insiste, dans un mauvais français, Charles Jackson, un petit marchand. Mais les États-Unis semblent décidés à agir en douceur pour se substituer à l’armée haïtienne, un corps habitué aux coups d’État et dissous en 1995. Les gros hélicoptères qui, depuis mardi, survolent bas la capitale sont le signe le plus évident du débarquement de l’US Army. Mercredi, la noria d’appareils gris sombre a repris dès l’aube. Une façon d’alerter les bandes de désœuvrés qui errent dans le centre-ville armés de barres de fer et de bâtons, de leur imminent déploiement en ville. Étrange silence du président Devant les grilles du palais présidentiel, encore un peu plus en ruine après la forte réplique de mercredi (de magnitude 6,1), un sinistré agite depuis des heures un petit drapeau américain, dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces des nouveaux maîtres du pays. Les élites se montrent nettement moins enthousiastes. Comme de nombreuses ONG. «On est sous occupation. Il faut être clair, affirme Pierre Espérance, le directeur de Surveillance Haïti, une organisation de défense des droits de l’homme. C’est vrai que l’État est incapable de faire face. Mais c’était à l’ONU de prendre la tête des opérations, pas à un pays étranger.» L’installation américaine ne devrait pourtant pas, selon lui, soulever de grandes difficultés. «Il n’y a pas vraiment de choix et ici personne, et surtout pas les gangs de voyous, n’est en mesure de s’opposer à l’armée américaine.» Membre de Médecins sans frontières, François Servranckx rappelle : «Nous sommes hostiles par principe à la présence de soldats lors des opérations humanitaires.» L’International Medical Corps (IMC) a vu avec plaisir les GI prendre le contrôle de l’hôpital universitaire de Port-au-Prince où l’association américaine opère. «Ces derniers jours, la situation dans le centre devenait difficile. Il y a toutes sortes de gens qui traînaient partout. On peut travailler de manière plus efficace», résume Jeff Kenyon, l’un des médecins d’IMC. Le président René Préval a profité de l’occasion pour sortir de l’étrange silence dans lequel il se murait depuis le séisme. Et marquer sa volonté de faire taire toute polémique. «Que ce soit en Italie, au Mexique ou en Turquie, les sinistrés ont toujours reçu des secours internationaux. Nous accueillons l’aide d’où qu’elle vienne : du Venezuela, de Cuba ou des États-Unis.» René Préval assure être le seul responsable de l’arrivée massive des troupes américaines. «Mme Clinton, la secrétaire d’État, est venue cette semaine à Haïti et m’a demandé si j’étais d’accord pour que les militaires américains interviennent. Je lui ai dit oui. C’est dans ce cadre-là, et dans ce cadre-là seulement, que cela s’est fait.» Cette intervention du grand voisin américain n’est qu’un geste humanitaire, poursuit-il. «Les soldats sont des ingénieurs, des hommes du génie et des médecins ainsi que des hommes de troupe qui doivent assurer la protection des transports», insiste-t-il. En vieux routier de la politique haïtienne, René Préval, qui était déjà à la tête du pays entre 1996 et 2000, sait qu’il doit être prudent. Ses relations avec Washington sont ambiguës, notamment depuis le limogeage en novembre dernier du premier ministre Michèle Pierre-Louis, proche de Hillary Clinton et du financier George Soros. Il sait aussi qu’Haïti est versatile. Les foules enthousiastes ne demandent qu’à se retourner. Les deux siècles d’histoire américano-haïtienne ne sont qu’une longue illustration de cette curieuse relation. En 1994, 20.000 marines avaient débarqué pour remettre au pouvoir le président Jean-Bertrand Aristide. Entre 1915 et 1934, les États-Unis avaient fait de l’île un protectorat. «Il n’est pas question de tutelle», martèle, aujourd’hui, René Préval. De dangereuses espérances Comme bien des déshérités, Gidion veut croire, lui, que Barack Obama vient prendre le pouvoir. Plombier au chômage et désormais sans abri, il se méfie des politiciens haïtiens. Gidion ignore tout des études qui démontrent que, ces dernières années, à peine 5% de l’aide destinée aux plus pauvres atteignent effectivement leur but. Mais il connaît les résultats. «Les autorités d’Haïti ne nous donnent rien. Elles mettent tout dans leurs poches pour se payer des villas et des voitures. Les deux cents ans d’indépendance ne nous ont apporté que des malheurs. On a besoin que des étrangers, à la bonne morale, commandent. Ils peuvent venir d’Amérique, de France ou même d’Angleterre, ce n’est pas grave.» Derrière lui, Josiane Ilsidore, une vieille femme, approuve. Elle est même prête à soutenir la famille Duvalier. «Avec“Papa”au moins, il y avait du travail et à manger.» Les troupes américaines connaissent bien les dangereuses espérances qu’elles suscitent. À l’aéroport, placée sous leur contrôle aux premières heures de la catastrophe, une foule s’est massée immédiatement dans l’espoir de décrocher un emploi. Renvoyés, les chômeurs traînent leur amertume devant l’aérogare. «Ni les Américains ni Préval ne servent», grogne Fritz Saint-Luc. Dans cette colère latente, René Préval ne voit que la conséquence du manque de coordination de l’aide humanitaire. «C’est là qu’est le plus gros problème, et je m’en occupe avec l’ONU», affirme le chef d’État haïtien. Une façon de dire qu’il est toujours aux commandes. «Le président de ce pays, si je me rappelle bien, s’appelle René Préval», martèle-t-il. Une précision qui n’est peut-être pas inutile quand, en Haïti, nombreux sont ceux qui se demandent qui, de Port-au-Prince ou de Washington, tient les rênes du pouvoir. LIRE AUSSI » L’Amérique impose son leadership » DOSSIER SPÉCIAL - Haïti dévasté
Publié par la rédaction le 20 janvier 2010 à 23:26
Marie-Ange Laroche devrait accueillir la nouvelle avec soulagement. Le président Jean-François Pontonnier, qui s’efforce actuellement de collecter l’ADN des principaux acteurs de l’enquête sur le meurtre du petit Grégory Villemin, vient de renoncer à ordonner l’exhumation de son époux. Un examen superficiel des divers scellés conservés au palais de justice de Dijon après l’assassinat de Bernard Laroche, le 29 mars 1985, l’a en effet convaincu qu’une telle opération ne sera pas nécessaire. «Les vêtements qu’il portait le jour de sa mort se trouvent dans un état de conservation suffisant pour nous permettre d’établir son empreinte génétique», confie le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney. Ces pièces à conviction, qui étaient jusqu’à présent conservées au greffe de la cour d’appel, ont tout récemment été expédiées au laboratoire Biomnis de Lyon. La structure est en effet chargée de comparer les différentes traces ADN détectées sur les scellés de l’affaire Grégory avec les empreintes génétiques d’environ soixante protagonistes du dossier. Fin 2009, une vingtaine d’acteurs «professionnels» - enquêteurs, magistrats, greffiers ainsi qu’une quarantaine de personnes qui gravitaient dans l’entourage de l’enfant ont subi un prélèvement à cet effet. L’opération, dont les résultats sont attendus au printemps, vise à identifier les individus qui ont laissé leur ADN sur plusieurs enveloppes utilisées par le «corbeau» de la Vologne, ainsi que sur les cordelettes employées pour entraver l’enfant. Bernard Laroche, qui entretenait des rapport complexes avec les parents de l’enfant, fit un temps figure de suspect numéro un avant d’être abattu par Jean-Marie Villemin. Depuis lors, son épouse, Marie-Ange Laroche, n’a jamais cessé de défendre son innocence. Début novembre 2009, elle a publié un livre dans lequel elle raconte le «cauchemar» sans fin qu’elle endure depuis vingt-cinq ans. Lors de sa parution, elle a précisé qu’elle ne s’opposerait pas à l’exhumation du corps de son mari. «Aujourd’hui, les parents de Grégory sont soulagés d’apprendre que cette épreuve ne sera pas imposée à la veuve de Bernard Laroche», indique l’avocat de Christine et Jean-Marie Villemin, Me Thierry Moser. LIRE AUSSI » L’affaire Grégory relancée par plusieurs traces d’ADN » L’offensive de Marie-Laure Laroche » EN IMAGES - «Le petit Grégory»: 25 ans de mystère » Fiasco judiciaire et dérives médiatiques : l’enquête de tous les excès
Publié par la rédaction le 20 janvier 2010 à 17:53
Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, Patricia Barbizet, directeur général d’Artemis, Laurence Parisot, présidente du Medef, Virginie Morgon, membre du directoire d’Eurazeo, ont un point commun : elles appartiennent au club très fermé des femmes qui siègent dans les conseils d’administration de groupes du CAC 40. Car les instances dirigeantes des grandes entreprises demeurent une affaire d’hommes, malgré les efforts réalisés par BNP Paribas, Michelin, L’Oréal, Pernod Ricard et la Société générale qui comptent plus de 20% de femmes dans leurs conseils. Et la situation n’évolue pas depuis plusieurs années. Ce surplace explique que la France soit un des mauvais élèves de l’Europe avec seulement 9 à 10% de femmes dans les conseils des grandes firmes. Un chiffre qui la place loin derrière la Norvège (41%), la Suède (27%) et la Finlande (20%). Mais la situation va changer. Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de la Moselle, et Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, défendent ce mercredi devant les députés une loi qui imposera en six ans un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées. La France suit l’exemple de la Norvège et de l’Espagne. Le Parlement norvégien a voté en 2003 une loi qui a imposé l’égalité hommes-femmes dans les conseils à partir du 1er janvier 2008. Les députés espagnols ont adopté en 2007 un texte qui impose 40% de femmes à partir de 2015. Pour atteindre l’objectif de 40%, Marie-Jo Zimmermann observe qu’il va falloir trouver 1.350 femmes cumulant deux mandats ou 555 cumulant cinq mandats. Un pari impossible, assurent les opposants. Faux, rétorquent les partisans du changement. Les compétences existent. Et les initiatives se multiplient. L’Institut français des administrateurs et l’European Professional Women’s Network-Paris ont mis en place le programme «Women on Boards». «Faire preuve de créativité» Véronique Morali, présidente de Fimalac Développement et de Terrafemina, membre du conseil d’administration de Coca-cola Enterprises aux États-Unis, Caroline Apffel, associée du cabinet Heidrick & Struggles, Marina Eloy-Jacquillat ont lancé en décembre l’antenne française du Women Corporate Directors, un réseau de femmes membres de conseil d’administration. Une trentaine de femmes ont participé à la première réunion. Elles échangent des idées, se forment. «Le vivier existe, à condition de faire preuve de créativité et d’élargir le spectre des compétences. Nous pouvons aller chercher des femmes à l’étranger et nous pourrions également nous inspirer de l’exemple des Anglo-Saxons, de la Norvège et de la Finlande en allant chercher des femmes qui ont exercé des responsabilités dans les conseils des universités, de fondations, des ONG. Nous devons également ouvrir aux femmes entrepreneurs qui exercent, par exemple, des responsabilités dans des entreprises familiales», assure Catherine Apffel. La féminisation des conseils est également en marche sous l’influence des investisseurs. Dunya Bouhacene vient de lancer le Women Equity for Growth et le premier fonds d’investissement européen qui privilégie les entreprises favorisant la mixité dans leurs équipes de direction. Un mouvement irrésistible est donc lancé. Et les bouleversements pourraient être grands. Avec la fin des cooptations et un rajeunissement des administrateurs. LIRE AUSSI : » BLOG - Parité en entreprise : 13 dirigeantes jugent la loi » INTERVIEW - Copé : «Il faut créer un électrochoc» » Parité en entreprise : la Norvège montre la voie
Publié par la rédaction le 19 janvier 2010 à 16:07
«Je pense qu’on doit aller, qu’on va aller très certainement vers 61 ou 62 ans.» Prononcée sur un ton d’évidence, la phrase émane de Martine Aubry, interrogée dimanche au «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI» sur un éventuel report de l’âge légal de la retraite. La première secrétaire du PS a tout de même précisé : «Je n’imagine pas qu’on aille plus loin». Mine de rien, Martine Aubry fait sauter un tabou socialiste. Un tabou qui date de plus de 27 ans, lorsque l’âge de la retraite fut abaissé de 65 à 60 ans - une des mesures symboliques du début de la présidence Mitterrand. Entre ceux qui cessent le travail avant, parce qu’ils sont au chômage ou en invalidité, et ceux qui poursuivent pour obtenir une surcote, «l’âge légal est déjà fictif, virtuel», s’attachait à relativiser lundi un membre de la direction du PS. Et de revendiquer une démarche pragmatique : «Dire “la priorité, c’est de ne pas toucher à l’âge”, c’est être déconnecté de ce que vivent les gens. Les Français attendent que nous soyons pragmatiques et non théologiques, qu’on se concentre sur le niveau des pensions ou la possibilité de partir plus tôt quand on a exercé un travail pénible.» Pour un autre cadre de la Rue de Solferino, «Martine Aubry sait en tant qu’ancienne ministre du Travail que le système des retraites ne pourra pas rester en l’état. Elle refusera la logique de l’opposition systématique.» Ce qui ne l’empêche pas de poser ses conditions. En demandant de réactiver le fonds de réserve des retraites mis en place sous Lionel Jospin. En exigeant que les cotisations ne portent plus seulement sur les salaires. En proposant un système de retraite «à la carte» qui tienne compte de la pénibilité du travail ou du stress. FO «clairement en désaccord» Il n’empêche. Le sujet, mis à l’ordre du jour du bureau national aujourd’hui, «provoquera peut-être quelques débats internes», concède un responsable. La position inattendue de la première secrétaire risque de brusquer son aile gauche. Son leader, Benoît Hamon, pas encore porte-parole du parti, prônait en 2008 dans sa motion au congrès de Reims «son attachement au droit à la retraite à 60 ans.» Ces derniers jours, d’autres leaders socialistes comme Jean-Marie Le Guen ou Manuel Valls ont toutefois affiché des positions proches de celles de Martine Aubry, prônant la recherche d’un «consensus national» sur la retraite. Côté syndicats, en revanche, le maintien de la retraite à 60 ans reste une revendication centrale. La prise de position d’Aubry fait déjà un déçu : Jean-Claude Mailly. «On est clairement en désaccord, a indiqué lundi le secrétaire général de FO. Reporter l’âge ou augmenter la durée de cotisation (…) conduirait les salariés à travailler sans fin. C’est inacceptable.» Alors que l’échéance du «rendez-vous 2010» sur les retraites approche, Jean-Claude Mailly assure ne pas avoir le sentiment de perdre un soutien : «On n’est pas lâché puisque FO est une organisation indépendante.» «Récupérer 25 milliards» Le leader syndical «ne nie pas les difficultés de financement des régimes de retraite» et milite pour «un changement de modèle». Il propose de «revenir à l’équilibre» en récupérant «25 milliards d’euros» de recettes par an en augmentant d’un point les cotisations vieillesse ou en taxant l’intéressement et les bénéfices non réinvestis. Enfin, il met en garde : FO n’acceptera aucune modification du mode de calcul de la pension des fonctionnaires, basé sur les six derniers mois de salaire (contre les 25 meilleures années dans le privé). Ce serait une «remise en cause du statut de la fonction publique». Certains pourtant, au PS, jugent là encore l’alignement «inéluctable». Mais, pour le moment, en privé seulement… LIRE AUSSI » Les Français prêts à un recul de l’âge de la retraite » Retraites : Sarkozy lance le compte à rebours » Aubry estime avoir les «capacités» de présider la France » BLOG - Tamilutte, FOrtifiant contre la pandémie sociale
Publié par la rédaction le 19 janvier 2010 à 11:12
La baisse des audience de NRJ continue d’être favorable aux généralistes. Après avoir permis à France Inter de prendre la deuxième place du classement avant l’été, c’est au tour d’Europe 1 de profiter de la baisse de la première musicale de France. La radio généraliste du groupe Lagardère se hisse sur la troisième marche du podium avec 9,9% d’audience cumulée sur les mois de novembre et décembre, selon le dernier sondage 126 000 Radio de Médiamétrie. Europe 1 talonne désormais France Inter, en baisse de 0,5 point sur un an, à 10,1% d’audience cumulée. Première radio de France, RTL reste loin devant à 12,7% d’audience cumulée. Stable sur un an, cette performance est une nette amélioration par rapport à la vague septembre-octobre, où RTL était tombé à 11,8%. France Info arrive cinquième, stable à 9,1% d’audience cumulée. RMC poursuit de son côté son ascension vers la barre des 7% d’audience cumulée : La filiale de NextRadioTV gagne 0,6 point, à 6,8% d’audience. Elle se rapproche ainsi de France Bleu, à 7,1%. Skyrock, avec 7,5% d’audience cumulée (-0,3 point), voit se rapprocher Fun Radio à vive allure. La radio dance gagne un demi-point à 7,2% d’audience cumulée. Cherie FM, MFM, RFM, Rire et Chansons et RTL2 figurent également parmi les musicales en hausse. L’audience de l’ensemble du média a reculé de 1,5 point sur un an : 81,5% des Français de 13 ans et plus ont écouté la radio au moins une fois par jour sur les deux derniers mois.
Publié par la rédaction le 19 janvier 2010 à 7:34
LE FIGARO. - Est-ce une bonne méthode, de voter une résolution puis des textes législatifs sur la burqa, comme le propose François Fillon ? François BAROIN. - À partir du moment où la burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République, la conclusion logique et évidente, c’est de l’interdire. Non pour des questions religieuses. Chacun en est conscient aujourd’hui. Même Tariq Ramadan a rappelé que la burqa n’est pas une prescription religieuse. La question d’ailleurs est plus simple à traiter sur un plan politique que l’affaire du voile à l’école. J’avais rédigé en 2004 le rapport «Pour une nouvelle laïcité». À l’époque, on avait été confronté aux mêmes réticences. Il n’y a pas à s’offusquer que le groupe parlementaire ait affirmé une position de fermeté. C’est bien le moins que l’on attend. Une simple résolution, comme le chef de l’État le souhaitait au départ, ne suffisait pas ? La résolution est indissociable d’une loi. La résolution a la force d’un vœu dans une enceinte municipale. Et la force d’un vœu a le poids de l’espérance. C’est très bien, mais ça ne suffit pas. La loi, ça a la force de l’exigence. Avec la loi, vous courrez le risque de l’inconstitutionnalité ? Il y aurait un risque d’inconstitutionnalité sur une telle loi si elle était fondée sur des questions religieuses et si elle édictait l’interdiction générale dans l’espace public. Ce qui remettrait en cause le principe de laïcité et son application dans la distinction qu’il y a à faire entre la sphère publique et privée. Le texte que nous proposons avec Jean-François Copé et Nicole Ameline est juridiquement limité dans une application relative à l’ordre public. De mon point de vue, il n’y a pas de risque inconstitutionnel. De même qu’il n’y a pas de risque au regard de la Cour européenne des droits de l’homme. Car il faudrait démontrer que vivre masqué dans un pays comme le nôtre est un droit imprescriptible, inaliénable et sacré. Ce serait une jurisprudence encore plus spectaculaire que la burqa elle-même. Que pensez-vous de la propositionde Xavier Bertrand de ne pas accorder la nationalité française aux femmes qui portent la burqa ? Il est important que le texte de loi sur la burqa soit le plus simple possible. Il doit échapper au risque d’inconstitutionnalité et éviter d’être rejeté par la Cour européenne des droits de l’homme. De mon point de vue, l’angle de l’ordre public doit suffire. Lier l’acquisition de la nationalité au non-port de la burqa est un élément du débat. Encore faut-il que toutes les femmes qui portent la burqa soient étrangères. Cette proposition peut parfaitement figurer dans la résolution, mais pas dans la loi. Êtes-vous d’accord avec François Fillon, qui veut repousser l’adoption de cette résolution après les régionales ? On parviendra à trouver sans difficulté un consensus sur le calendrier. Que l’examen débute après les régionales ne me choque pas. Cela évitera à ce débat d’être pris en otage de façon clientéliste, comme le sont d’autres débats. Vous pensez à ceux sur l’identité nationale ou le droit de vote des étrangers ? C’est quand même une ficelle aussi grosse que rose que nous propose Martine Aubry en déposant une proposition de loi accordant le droit de vote aux étrangers. Pour ma part, ma position est stable et depuis toujours inchangée. Le droit de vote s’acquiert avec la nationalité et non pas avec le fait de payer des impôts. Partagez-vous les critiques émanant notamment de Patrick Devedjian à l’endroit du Conseil constitutionnel, qui vient de censurer la taxe carbone? La violence de certaines attaques est non seulement décalée, mais inutile, pour ne pas dire dangereuse. Il est difficilement acceptable, pour une question de principe - même si nous avons été déçus de ne pas voir une application rapide de cet engagement important -, de contester une décision du Conseil constitutionnel. Il ne faut pas s’éloigner de ce principe. Le Conseil constitutionnel a la très grande responsabilité de nous rappeler aux exigences de la Constitution. Je rappelle que le président de la République est le garant de nos institutions, il est le protecteur du Conseil constitutionnel et de ses décisions. Que répondez-vous à ceux qui jugent les Sages trop chiraquiens ? D’abord, je ne le vis pas comme une insulte. Et de tels commentaires sont à mi-chemin entre une grande puérilité et un profond irrespect. Les magistrats du Conseil constitutionnel agissent à la lumière de l’exigence de leurs fonctions. La Constitution n’est pas de droite ou de gauche, elle n’est pas chiraquienne ou sarkozyste, elle est française. Et l’appliquer, sans rentrer dans ces attaques stupides, c’est la respecter, et inversement. LIRE AUSSI » Les députés UMP veulent interdire totalement la burqa » François Baroin était l’invité du Talk Orange-Le Figaro le 2 novembre dernier
Publié par la rédaction le 18 janvier 2010 à 18:49
Six jours après le séisme qui a dévasté Haïti, l’aide internationale monte en puissance. Des promesses de dons de près de 360 millions de dollars avaient été avancées par une vingtaine de donateurs vendredi, avant l’appel de fonds officiel de l’Organisation des Nations unies (ONU). Selon Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 9% des 562 millions de dollars visés avaient été versés sur les comptes de l’organisation ce lundi, soit 51 millions de dollars (35,5 millions d’euros). Nouveau tour d’annonces pour les gouvernements L’appel de l’ONU a donc relancé l’élan de solidarité du côté des gouvernements. «La France a décidé de répondre à l’appel d’urgence pour Haïti lancé par les Nations unies (…) par une contribution de 10 millions d’euros», a annoncé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans un communiqué, ce lundi. Une somme qui s’ajoute aux 2 millions d’euros promis vendredi par Paris pour l’aide alimentaire, précise le ministère. Par ailleurs, l’Union européenne pourrait débloquer plus de 100 millions d’euros, lors d’une réunion ministérielle convoquée d’urgence ce lundi. Le gouvernement tchèque a approuvé une aide de 20 millions de couronnes (772.500 euros) aujourd’hui, tandis que Mexique s’est engagé à donner 8 millions de dollars à Haïti. Aux Etats-Unis, Barack Obama a rallié deux de ses prédécesseurs, George W. Bush et Bill Clinton, aux efforts de la Maison Blanche pour collecter des dons. Et ce, après avoir débloqué 100 millions de dollars pour l’aide immédiate à destination de Haïti. Selon le département d’Etat américain, la contribution totale des Etats-Unis à cette première phase d’urgence pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. Les dons battent des records du côté des ONG Sur le front de la récolte de dons, les ONG ne sont pas en reste. En France, une dizaine de grandes organisations humanitaires avaient reçu quelque 15 millions d’euros ce matin, principalement par internet. Parmi ces organisations figurent Handicap International (100.000 euros), Secours Populaire (185.000 euros), Médecins du Monde (700.000 euros), CCFD - Terre solidaire (820.000 euros), Médecins sans Frontières (880.000 euros), Action contre la Faim (965.000 euros), Unicef France (1 million), Secours catholique (1,4 million), Croix-Rouge (3,3 millions) et Fondation de France (5,8 millions). Aux Etats-Unis, la Croix-Rouge a récolté plus de 10 millions de dollars par SMS, «la plus grande campagne de dons par téléphone portable qui ait jamais existé», s’est réjouit la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. Les entreprises françaises viennent en aide à Haïti • Association française des opérateurs mobiles (AFOM) : Les opérateurs mobiles français (dont Bouygues Telecom, Orange, SFR, NRJ Mobile, Virgin Mobile, Breizh Mobile, Simplissime, M6 Mobile, Universal Mobile, Télé 2 Mobile et Casino Mobile) ont lancé une campagne de collecte de dons par SMS. Pendant un mois, leurs abonnés pourront effectuer un don de 1 euro à la Croix Rouge, au Secours populaire ou au Secours catholique, en envoyant un SMS à des numéros spécialement mis en place, dans le cadre de l’opération «Haïti 1 SMS = 1 euro ». SFR et Orange ont par ailleurs annoncé la gratuité des appels vers Haïti. • Air France : Après Air Caraïbes, la semaine dernière, la compagnie aérienne a annoncé qu’elle avait prévu des tarifs spéciaux pour les vols de rapatriement, au départ de Fort-de-France (Martinique) et de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et à destination de Paris Orly. • Les banques Société Générale et Crédit Agricole : Chacune s’est engagée à verser 1 million d’euros aux ONG présentes en Haïti. • EDF : Le groupe a prévu un don de 250.000 euros, et achemine actuellement 16 groupes électrogènes vers Haïti. Des experts d’EDF basés en Martinique et en Guadeloupe sont également prêts à se rendre à Port-au-Prince pour évaluer les dommages du réseau électrique. • GDF Suez : Le groupe énergétique a annoncé un don de première urgence de 100.000 euros et mis en avant la mobilisation de tous ses collaborateurs, au sein d’ «ONG internes». • Sodexo : Le groupe de restauration collective a décidé d’allouer 100.000 euros au Programme alimentaire mondial (PAM). • La Poste : Un timbre de solidarité avec les victimes du séisme va être édité. Son prix de 1 euro intègre un don de 44 centimes à la Croix-Rouge. • EADS et Airbus : Le groupe aéronautique et sa filiale ont décidé de prêter à l’association Action contre la faim un gros porteur A 340 pour porter secours aux Haïtiens. L’appareil devait décoller de Lyon vendredi, avec à son bord 150 mètres cubes de matériels d’hygiène et de télécommunications, ainsi que des poches d’eau potable. • Les Entreprises du médicament (Leem) : L’industrie pharmaceutique française a fait don, en fin de semaine dernière, de 56.000 traitements d’urgence aux équipes de secours se rendant en Haïti. LIRE AUSSI » DOSSIER SPECIAL : Séisme, Haïti dévasté » Haïti : 360 millions de dollars de promesses d’aides
Publié par la rédaction le 18 janvier 2010 à 16:45
L’hôpital général de Port-au-Prince ne peut faire face. Devant les bâtiments qui ont résisté au séisme, les patients affluent. Un homme gît au sol, blessé aux jambes, à demi nu, en attendant d’être pris en charge. Assise sur une chaise roulante dont on essaye de la déloger, une jeune femme fait une crise de nerfs, le regard fou. Une maman, perdue, porte son enfant au visage tuméfié. Au cœur du chaos, Alix Lassegue, le directeur de l’hôpital tente de coordonner les secours. De nombreuses associations se portent volontaires. Leurs représentants l’entourent pour recevoir des consignes, médecins du très réputé Mount Sinai Medical Center avec leurs tuniques bleues, ou membres d’International Medical Corps. Des jeunes gens de la Croix-Rouge espagnole expliquent qu’ils ont un camion rempli d’eau et voudraient connaître l’emplacement sur lequel ils pourraient le garer. Des ingénieurs demandent à visiter les lieux afin de dresser l’état des bâtiments qui peuvent être utilisés. La bonne volonté internationale s’est durement heurtée à la logistique dans un pays dévasté. Mais à l’aéroport de Port-au-Prince, où les créneaux horaires sont désormais strictement gérés par les Américains, les secours, depuis 48 heures arrivent. Enfin. L’hôpital manque encore de presque tout. D’eau et de nourriture pour les patients hospitalisés. D’essence pour le générateur qui tourne jour et nuit. Et de matériel médical bien sûr. Trois avions et des centaines de secouristes français «Beaucoup de matériel, de médicaments sont entrés dans le pays depuis deux jours. Mais ils sont encore à l’aéroport, ou dans les circuits de distribution», explique Alix Lassegue. Il sait désormais qu’ils arriveront bientôt, mais il manque toujours d’antibiotiques pour stopper les infections qui attaquent la plupart des plaies, d’antalgiques pour soulager les corps brisés, de vaccins antitétaniques, de matériel chirurgical de base : compresses, fil de suture, bandages. Il manque aussi d’anesthésiques, locaux et généraux. «Nous sommes entrés dans une phase où nous opérons. Nous avons besoin de tout ce que comporte un bloc opératoire», souligne-t-il. Les équipes de Médecins sans frontières présentes en Haïti affirment n’avoir «jamais vu autant de blessures aussi graves». «Malheureusement nous devons réaliser énormément d’amputations,» déplore un chirurgien, ajoutant qu’il en prévoit «400 dans les jours qui viennent». À l’aéroport de Port-au-Prince, quelques heures auparavant, un avion français a pu se poser. Dans ses soutes, un hôpital de campagne. À suivi un Airbus A 310 marqué du sigle de la République française. C’est le deuxième avion amenant des sauveteurs français qui a pu atterrir à Port-au-Prince. Le premier était arrivé jeudi. À son bord, 120 personnes : un détachement de pompiers de la Sécurité civile, un autre de l’Ile-de-France, des marins-pompiers de Marseille - en majorité des médecins et des infirmiers - et des hommes de la garde républicaine chargés d’assurer la sécurité des secouristes. Ils apportent avec eux des médicaments et le matériel nécessaire pour monter un dispensaire. LIRE AUSSI : » Paris renforce son aide aux Haïtiens » L’insécurité, premier obstacle pour les sauveteurs » DOSSIER SPECIAL - Haïti dévasté
Publié par la rédaction le 18 janvier 2010 à 9:33
• Victimes. Le bilan du nombre de tués est encore difficile à établir cinq jours après le séisme qui a frappé Haïti. Depuis mardi, quelque 75.000 corps ont été enterrés, selon le gouvernement haïtien, alors que le secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation, Carol Joseph, parle lui de 70.000. Parmi les victimes, on dénombre douze Français. Le chiffre de 150.000 à 200.000 morts est parfois évoqué mais le général Ken Keen - qui dirige la force spéciale mise sur pied par les Etats-Unis en Haïti - a précisé qu’il s’agissait d’une «hypothèse de travail». Jusqu’ici, seules 70 personnes ont pu être sauvées des décombres. Les Nations Unies estiment que trois millions de personnes ont été touchées par le tremblement de terre et que 300.000 sont actuellement sans-abri. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) calcule de son côté que 200.000 familles, soit jusqu’à un million de personnes, ont besoin de trouver un abri d’urgence. Le gouvernement haïtien a décrété dimanche, par arrêté, l’état d’urgence dans le pays, jusqu’à la fin janvier, ainsi qu’une période de deuil national de 30 jours, jusqu’au 17 février, lors de laquelle les drapeaux des bâtiments officiels seront mis en berne. • Secours. Vingt-sept équipes internationales de sauveteurs, soit environ 1.500 professionnels et 115 chiens, ont été déployés sur le terrain, selon le département d’Etat américain. Des recherches ont déjà eu lieu dans 60% des quartiers de la capitale, Port-au-Prince. A partir de lundi, quelque 280 centres d’urgence vont être ouverts afin de distribuer des vivres et héberger des sans-abri. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel pour débloquer 279 millions de dollars (194 millions d’euros). Son objectif : arriver à distribuer une semaine de rations alimentaires pour deux millions de personnes pendant six mois. L’Agence américaine d’aide au développement (USAID) dispose de 7,1 tonnes de nourriture déjà sur place à Haïti, selon le département d’Etat. Jusqu’ici, les Etats-Unis à eux seuls ont fourni 87 millions de dollars en aide humanitaire. Les forces américaines ont apporté 130.000 rations de nourriture journalières et les parachutistes de la 82e division aéroportée ont déjà distribué 70.000 bouteilles d’eau. 600.000 autres rations journalières sont attendues dans les jours à venir. Trois unités de purification d’eau sont arrivées à bord d’un C-130 affrété par les Américains. A elles trois, elles peuvent produire 300.000 litres d’eau potable par jour. La France a également envoyé des secours : 260 hommes et 35 tonnes de fret ont été acheminés sur l’île depuis la catastrophe. Cinq avions, dont des appareils de transport Casa, un Hercule (transport tactique) et un Airbus A 310 militaire ont été envoyés sur place. Un navire commercial transportant de la farine et de l’huile végétale est attendu lundi au port des Cayes, à quelque 160 km au sud-ouest de Port-au-Prince. La cargaison doit permettre, selon les calculs américains, de satisfaire les besoins de 130.000 personnes pendant 30 jours. • Soins médicaux. Depuis le porte-avions américain Carl Vinson, 30 palettes de produits de premier secours ont été livrées sur des points de distribution, selon Washington. Un bateau-hôpital américain est par ailleurs actuellement en route pour Haïti. Quatre équipes de médecine d’urgence de 35 personnes chacune sont sur place, une cinquième est attendue dans les jours à venir. Elle devrait arriver en même temps qu’une équipe spécialisée dans le travail funéraire. Dimanche, la Croix-Rouge britannique a mis au point un hôpital de campagne de 300 lits. • Logistique. Le port de Port-au-Prince, détruit, pourrait rester hors d’usage pendant 60 à 90 jours, selon le Pentagone, ce qui constitue un problème majeur puisque l’essence fait cruellement défaut sur le terrain. L’aéroport a subi des dégâts mais il fonctionne, sous contrôle des Etats-Unis. Avec 19 hélicoptères à bord, et plusieurs autres navires militaires amarrés à proximité, le porte-avions Vinson mouille au large de la capitale. Cette flotte sert de base logistique. 12.500 GI arriveront dans la journée de lundi et le président Barack Obama a également ordonné dimanche une mobilisation partielle des réservistes. Les Nations unies ont recommandé que la route menant de Saint-Domingue à Haïti serve de principale porte d’entrée pour l’aide humanitaire. Le PAM a mis en place un service de navette de Port-au-Prince à Saint-Domingue avec des transports de passager trois fois par jour. LIRE AUSSI : » DOSSIER SPECIAL - Haïti dévasté » REPORTAGE - Entre morts et vivants, dans les ruines de Port-au-Prince
Publié par la rédaction le 18 janvier 2010 à 6:47
Auréolée de son nouveau statut de meilleure opposante à Nicolas Sarkozy, renforcée par de récents sondages prédisant une large victoire des socialistes aux prochaines élections régionales, Martine Aubry a tenté de pousser son avantage dimanche lors du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro. Sur le dossier emblématique des retraites, elle a reconnu qu’il fallait envisager de repousser l’âge de départ en retraite. « On va aller vers 61, 62 ans. Mais je n’imagine pas qu’on aille plus loin », a-t-elle affirmé en se disant prête à travailler avec le gouvernement sur cette réforme : «Nous apporterons notre contribution.» La première secrétaire du PS n’a pas renié la comparaison avec la chancelière allemande Angela Merkel : «Même si nous ne partageons pas les mêmes idées, c’est une femme qui donne une image de sérieux et de confiance.» De quoi lui donner des idées pour la présidence de la République ? «J’en ai les capacités, comme d’autres», a dit Martine Aubry. Depuis son élection à la tête du PS, elle figure mécaniquement sur la longue liste des présidentiables du PS mais «ça m’est égal», a-t-elle assuré. D’ici à 2012, le chemin de l’Élysée est semé d’embûches. D’abord, les élections régionales de mars. Même si le PS les aborde en bien meilleure forme que les européennes de juin 2009, il lui reste plusieurs problèmes à régler. À commencer par la concurrence des Verts qui s’en prennent régulièrement à lui. «Il vaudrait mieux se concentrer sur l’essentiel : attaquer la droite», a demandé Martine Aubry en refusant de répondre aux récentes critiques de Daniel Cohn-Bendit : «Je ne remettrais pas un sou dans la machine.» Il y a aussi le cas Georges Frêche dans le Languedoc-Rousillon. Déplorant ne pas avoir réussi à bâtir un rassemblement avec ses partenaires de gauche au premier tour, Martine Aubry s’est résignée à la candidature de cet ancien socialiste exclu du PS pour des propos controversés sur le nombre de joueurs noirs en équipe de France de football. «J’espère qu’il gagnera», a-t-elle tout juste glissé. Il y a enfin Ségolène Royal en Poitou-Charentes et son alliance récente avec le MoDem local. «Il y a localement des situations individuelles et personnelles, je les respecte», a-t-elle assuré. Mais soutient-elle la liste de Ségolène Royal malgré qu’elle se soit affranchie des consignes de rassemblement de la gauche au premier tour ? Martine Aubry glisse un tout petit «oui». Après les élections régionales, ce sont ensuite les primaires de désignation qu’il lui faudra affronter. Dimanche soir, Martine Aubry a annoncé qu’elles se dérouleraient probablement «au second semestre 2011». Soit le calendrier généralement considéré comme favorable à Dominique Strauss-Kahn, s’il décide de quitter le FMI. À son égard, Martine Aubry n’a d’ailleurs pas tari d’éloge. «DSK lui aussi est quelqu’un qui peut diriger notre pays», a-t-elle assuré.
Publié par la rédaction le 17 janvier 2010 à 15:17
Le séisme qui a ravagé Haïti est «la plus grave crise humanitaire depuis des décennies», a déclaré dimanche le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, juste avant de partir pour Port-au-Prince. Dans la capitale haïtienne, une vingtaine d’hélicoptères font désormais un ballet continu entre le porte-avions américains Carl Vinson et la région de Port-au-Prince, en Haïti, pour amener nourriture et secours aux rescapés du séisme qui a frappé l’île. Samedi soir, des rations alimentaires ont été jetées dans un stade ou dans une clairière à destination des rescapés. Les secours ont également pu atteindre Léogâne, l’épicentre du tremblement de terre, où 80% à 90% des bâtiments ont été détruits. L’ONG Médecins Sans Frontières dit n’avoir «jamais vu autant de blessures aussi graves». L’association, qui comptait déjà 30 volontaires sur place au moment du séisme, a pu envoyer 70 personnels internationaux supplémentaires à Port-au-Prince. «La priorité étant donnée aux cas les plus urgents, les équipes ont pratiqué des césariennes et des amputations», explique un cadre de l’association. Selon lui, «la réaction de la population a été immédiate lorsqu’elle a su que nous démarrions des activités médicales d’urgence à Carrefour (quartier de Port-au-Prince, NDLR). La foule s’est alors amassée près de l’entrée. Les patients arrivant sur des charrettes ou à dos d’homme. Il y a d’autres hôpitaux dans la zone, mais ils sont déjà débordés par l’afflux de blessés et disposent d’un nombre limité de personnel et de matériel/médicaments». L’insécurité continue de régner dans l’île, où retentissent régulièrement des détonations, ce qui ne facilite pas la tâche des humanitaires. Face aux pillages et à la peur des bandes, les habitants poursuivent leur exode de la capitale pour tenter de rallier les zones de l’île épargnées par le séisme. Et les exhortations du président René Préval, qui assure que «le gouvernement a perdu ses capacités de fonctionnement mais il ne s’est pas effondré», ne suffisent pas à les rassurer. Le premier ministre haitien a évoqué dans la nuit le chiffre de 25.000 cadavres ramassés. Selon un bilan de l’OMS, la catastrophe aurait fait 40.000 à 50.000 victimes ainsi que 250.000 blessés et 1,5 million de sans-abri . Samedi soir, la Chine a annoncé que huit de ses ressortissants. Le Canada déplore également 8 victimes et 1.362 disparus. La France a perdu douze personnes, selon un nouveau bilan samedi. Trente à cinquante Français sont toujours portés disparus. Réunion du Conseil de sécurité lundi Au milieu de ce chaos, les sauveteurs s’activent pour tenter de dégager des personnes ensevelies sous les décombres. Une femme de 62 ans a ainsi été extraite des ruines samedi soir. Une étudiante de 29 ans a également pu être sauvée après 97 heures passée sous les gravats. Plusieurs dizaines d’autres sauvetages ont pu être réalisés et l’ONU indique que les sauveteurs ont encore l’espoir de retrouver des survivants. Mais l’horloge tourne. Dans ce type de catastrophe, les chances de survie sont minces au-delà de 72 heures. Autre petit miracle : une Haitienne enceinte a donné naissance à son enfant dans l’hélicoptère de la marine américaine qui la ramenait sur le Carl Vinson pour y être prise en charge. Le monde entier continue de se pencher sur Haïti. Très attendue, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a visité l’île samedi. Elle a promis l’aide américaine, immédiatement et dans la durée. «Comme le président Obama l’a dit, nous serons ici aujourd’hui, demain, et par la suite». Plus de 10.000 soldats américains devaient être sur zone d’ici dimanche, soit au large d’Haïti, soit sur le terrain pour assurer la sécurité des secours, dans le cadre d’une opération baptisée «Réponse Unifiée». En réaction, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a accusé les Etats-Unis de profiter du chaos «pour installer» ses troupes en Haïti. Barack Obama a chargé ses prédécesseurs George W. Bush et Bill Clinton de rassembler des fonds pour les victimes. Le tremblement de terre en Haïti a donné lieu à «l’une des plus grandes opérations de secours» de l’histoire des Etats-Unis, a déclaré à cette occasion le président des Etats-Unis. Les deux ex-présidents ont accepté de diriger un «Fonds Clinton-Bush pour Haïti». Le conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence dès lundi matin pour étudier la situation et mettre en place une «présence internationale accrue» rendue nécessaire par la catrastrophe, a annoncé» le Mexique samedi soir. » DOSSIER SPECIAL - Haïti dévasté » 12 Français morts à Haïti
Publié par la rédaction le 17 janvier 2010 à 13:18
Le PDG du constructeur, Carlos Ghosn, a été convoqué à l’Elysée samedi pour s’expliquer au sujet d’un possible transfert de la production de la Clio IV en Turquie. Plusieurs questions restent en suspend. Renault calme le jeu. A deux mois des élections régionales, l’annonce par la presse cette semaine d’une éventuelle délocalisation de la Clio IV en Turquie a pris une tournure politique que n’avait pas prévue le groupe. Carlos Ghosn, le PDG du constructeur au losange, a donc dû rentrer du Japon samedi pour s’expliquer sur sa stratégie devant le président Nicolas Sarkozy. Un entretien qui a duré plus d’une heure et auquel ont également assisté le ministre de l’Industrie Christian Estrosi et Patrick Pélata, directeur général délégué de Renault. «Carlos Ghosn a indiqué au chef de l’Etat que Renault maintiendra l’emploi et l’activité du site» de Flins (Yvelines), a déclaré l’Elysée dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion. Le site français assurera toujours la production des modèles actuels de la Clio, ainsi qu’ «une partie de la production de la Clio IV», qui devrait débuter en 2013, a ajouté la présidence. Des promesses aux contours flous Passé l’effet d’annonce, de nombreuses questions restent sans réponse. Carlos Ghosn a confirmé dans un communiqué, hier soir, que Renault produirait bien la Clio IV à Flins, «avec une deuxième localisation à Bursa, en Turquie». En revanche, aucune précision sur le partage des tâches. «Parler aujourd’hui de volume n’est pas très réaliste», se défend le patron du constructeur dans une interview au Journal du Dimanche. «Ce qu’il faut retenir, c’est que Flins est un site pérenne pour Renault et que l’emploi y sera maintenu à terme.» Un «terme» qui n’est pas non plus clairement défini. Pour le Parti socialiste, qui a réagi dès hier soir, la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn a donc «accouché d’annonces vagues». Rien n’a été dit sur «la stratégie de Renault en Turquie». Rien non plus sur les intentions de l’Etat concernant sa participation au capital de Renault (15%) ou sa représentation au conseil d’administration. Le sujet n’aurait pas été évoqué, selon Carlos Ghosn. Flins, le pari de la voiture électrique Aujourd’hui, Renault veut mettre l’accent sur son projet de véhicule électrique. La production du modèle Zoe débutera en 2012 et sera confiée à Flins. «Nous fabriquons en France les modèles à forte valeur ajoutée», explique Carlos Ghosn au Parisien. Et parmi ceux-ci, Zoe, «qui devrait représenter 60% de nos ventes de véhicules électriques». Des prévisions certes rassurantes, mais les perspectives de la voiture électrique sont encore floues à ce jour. LIRE AUSSI : » Bruxelles s’invite dans le débat sur Renault » Les dettes de Renault » Renault : l’Etat vise six sièges au conseil d’administration » L’Etat peut-il empêcher Renault de fabriquer des Clio en Turquie ?
Publié par la rédaction le 16 janvier 2010 à 15:05
En refusant à la dernière minute de participer à l’émission «A vous de juger» sur France 2 jeudi, Vincent Peillon voulait créer un «buzz». C’est réussi, peut-être au-delà de ses espérances. Samedi, l’eurodéputé socialiste a essuyé une nouvelle bordée de critiques. Dernier en date à donner son opinion sur la question, Manuel Valls n’a pas été tendre avec son camarade. Pour le député-maire d’Evry, «on a toujours intérêt à débattre, à présenter ses idées. Et puis surtout il y a la méthode. Dire qu’on y va pour ne pas y aller après, ça pose forcément toujours un problème de crédibilité». Et Manuel Valls d’évoquer «une forme de frustration de la part du téléspectateur en général, et notamment de ceux qui nous sont proches». Pour lui, Vincent Peillon aurait surtout dû éviter d’en appeler, par communiqué, à la démission d’Arlette Chabot, animatrice de l’émission et directice adjointe de France 2. «Je pense qu’on doit éviter les mises en cause des journalistes du service public. Honnêtement c’est pas à nous de le faire». Et Valls de conclure par un dernier tacle : «Vincent Peillon est un des dirigeants les plus intelligents de notre formation politique, c’est toujours un peu embêtant de le voir dans cette polémique, c’est le choix qu’il a fait…». Embarras à la direction du PS Autres socialiste, autres critiques. Dans une interview au Parisien, Pierre Moscovici fait part de ses «doutes sur la politique de la chaise vide. Nous n’avons pas à avoir peur d’une confrontation avec l’UMP et le FN. Par ailleurs, je ne suis pas un amateur de coup d’éclat». Pour lui, «Arlette Chabot n’a tout de même pas commis un crime de lèse-majesté! Donc demander sa démission me paraît infondé», commente-t-il. Et le député d’ajouter : «J’aurais aimé que la décision de pratiquer ou pas la politique de la chaise vide soit prise collectivement par le PS. Martine Aubry nous a d’ailleurs appelés à cela». Une allusion à l’embarras suscité au sein de la direction du PS par la stratégie de Peillon. Si officiellement Martine Aubry a soutenu l’eurodéputé, en privé, ses proches dénoncent un coup d’éclat solitaire et non concerté. Martine Aubry a d’ailleurs dû expliquer, à sa demande, au patron de France Télévisions, Patrick de Carolis, qu’elle n’appelait pas au nom du PS à la démission d’Arlette Chabot. «Il n’y a évidemment pas de problème de décision collective du Parti socialiste de boycott de France 2, la question n’est absolument pas là», a-t-elle dû expliquer. La première secrétaire du PS doit revoir le PDG de la télévision publique la semaine prochaine pour s’entendre sur les conditions d’un «débat de qualité» majorité/opposition. La presse très critique A l’UMP, on multiplie depuis deux jours les noms d’oiseaux en direction de l’eurodéputé PS. Eric Besson, qui s’est autoproclamé vainqueur du débat face à Marine Le Pen, l’a accusé «d’avoir eu peur». Le porte-parole adjoint de l’UMP Dominique Paillé a qualifié vendredi le socialiste Vincent Peillon de «fourbe» et de «totalitaire. Le parti de la majorité compte écrire au CSA. Samedi matin, la presse quasi unanime a critiqué le geste de Vincent Peillon. acques Camus dans La République du Centre, estime que «le pire est que l’ancien soutien de Ségolène Royal a maquillé son insultante dérobade (soigneusement préméditée) en acte de résistance républicaine». Hervé Chabaud (L’Union) cingle le «manque de panache» de l’europdéputé. «Quelle indignité, quelle caricature du politique par lui-même», renchérit Jacques Guyon dans La Charente libre. Evoquant la stratégie même de Peillon, Patrick Fluckiger (l’Alsace) l’invalide totalement : «Plus encore que sa dérobade, la justification de Vincent Peillon laisse pantois. En désertant le plateau, (il) laissé le champ libre à la droite et à l’extrême droite qu’il affirme vouloir combattre». Vendredi soir, Vincent Peillon a demandé à débattre face à Eric Besson, mais «dans des conditions normales». «Je demande un débat politique. Qu’(Arlette Chabot NDLR) organise un débat démocratique –ce sera utile à tous les Français– dans des conditions d’égalité du service public». Il a répété qu’il avait trouvé que France 2 faisait de la «politique spectacle» avec ce «grand match Besson-Le Pen».
Publié par la rédaction le 15 janvier 2010 à 18:27
L’appel de Ban Ki-Moon a été entendu. «Il ne fait aucun doute que nous sommes face à une urgence humanitaire majeure et qu’un effort équivalent en matière de secours s’avère nécessaire. J’appelle tous les membres de la communauté internationale à venir en aide à Haïti en cette heure de grande nécessité», avait déclaré le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), suite au violent séisme qui a ravagé la capitale Port-au-Prince mardi. Depuis, les promesses de dons ont afflué du monde entier. L’ONU a estimé ce vendredi avoir reçu 268,5 millions de dollars de promesses d’aide de nombreux gouvernements et entreprises. A cette somme, s’ajoutent les 100 millions de dollars que le Fonds monétaire international (FMI) a mis sur la table. Lors d’une conférence de presse à Washington, hier soir, son directeur général Dominique Strauss-Kahn a précisé que cette aide, qui sera débloquée «très rapidement» par le conseil d’administration du FMI, proviendrait d’une extension d’un prêt existant à Haïti. La veille, la Banque mondiale avait annoncé une aide du même montant. Les gouvernements au rendez-vous Parmi la vingtaine de donateurs signalés par l’ONU figurent la Belgique (0,65 million de dollars), la Suède (0,85 million), la Chine (1 million), l’Italie (1,46 million), la Finlande (1,8 million), le Danemark (1,9 million), la Suisse (1,9 million), l’Allemagne (2,17 millions), les Pays-Bas (2,91 millions), l’Espagne (4,37 millions), l’Union européenne (4,37 millions), le Canada (4,8 millions), le Brésil (5 millions), l’Australie (9,3 millions), le Royaume-Uni (10 millions) et les Etats-Unis (100 millions). En France, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a profité de la présentation de ses vœux à la presse, ce matin, pour demander aux pays créanciers membres du Club de Paris l’annulation de la totalité de la dette de Haïti. Le pays doit encore 54 millions d’euros à la France, par exemple. Paris avait déjà annulé unilatéralement et sans condition 4 millions d’euros de dette, le 11 décembre dernier. Christine Lagarde a également fait appel au Venezuela et à Taiwan, deux importants créanciers d’Haïti qui ne font pas partie de ce groupe. Initiatives solidaires des entreprises Mais la générosité n’est pas le seul apanage des grandes institutions et des gouvernements. Les ONG et associations sont au premier rang, tant sur le terrain qu’au niveau de la collecte de dons. Les appels à l’aide se sont multipliés ces trois derniers jours. Outre les particuliers, de nombreuses entreprises ont personnellement répondu à ces appels, comme après le tsunami qui avait frappé l’Asie fin 2004. De multiples initiatives ont été annoncées, notamment en France. La Poste, par exemple, va éditer dans ces prochains jours un timbre de solidarité avec les victimes du séisme. Son prix de 1 euro intègre un don de 44 centimes à la Croix-Rouge. EADS et sa filiale Airbus ont décidé de prêter à l’association Action contre la faim un gros porteur A 340 pour porter secours aux Haïtiens. L’appareil doit décoller de Lyon ce vendredi après-midi, avec à son bord 150 mètres cubes de matériels d’hygiène et de télécommunications, ainsi que des poches d’eau potable. Suite à l’appel du ministre de l’Industrie Christian Estrosi, mercredi, l’industrie pharmaceutique française a fait don de 56.000 traitements d’urgence aux équipes de secours se rendant en Haïti. Enfin, la compagnie aérienne française Air Caraïbes a indiqué ce matin qu’elle allait mettre en place des vols à des tarifs spéciaux à destination de Port-au-Prince, dès que l’aéroport de la capitale haïtienne sera rouvert aux vols commerciaux. Le défi de la reconstruction Un tel élan de générosité n’est pas sans poser de défis. Cet effort nécessite une coordination internationale, a rappelé Dominique Strauss-Kahn. Premier couac, l’Union européenne a reconnu ce vendredi avoir été informée «par la presse» de la conférence internationale pour la reconstruction et le développement de Haïti annoncée par la France hier. «Je ne suis pas au courant» de cette conférence, a indiqué le porte-parole de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, au cours d’un point presse à Bruxelles. Pourtant, selon Bernard Kouchner, le rendez-vous serait déjà pris. Cette conférence, à laquelle se joindraient les Etats-Unis, le Brésil, le Canada et d’autres pays, pourrait se tenir en mars, a précisé le ministre des Affaires étrangères ce matin. Haïti, un pays à genoux • Population : 9,8 millions d’habitants (estimations de l’ONU en 2008) • Revenu national brut (RNB) par habitant : 560 dollars • Pauvreté : 78% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour et plus de 50 % avec moins d’1 dollar par jour • Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) : 146e rang mondial sur 177 pays • Espérance de vie : 59 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes • Taux de mortalité infantile : 60 pour 1.000 naissances • Aides au développement : La Banque mondiale a accordé 273 millions de dollars d’aide financière à Haïti depuis 2005, via l’Association internationale de développement (IDA). (Source : Banque mondiale) LIRE AUSSI » Dossier spécial : Séisme, Haïti dévasté
Publié par la rédaction le 15 janvier 2010 à 8:54
L’eurodéputé socialiste Vincent Peillon devait participer jeudi soir à un débat avec Eric Besson, invité principal de l’émission de France 2 «À vous de juger», consacrée à l’identité nationale. Pourtant, il n’est jamais venu. Dans un communiqué adressé à l’Agence France-Presse (et publié sur son blog), diffusé à 21 heures, alors que l’émission était en cours, il s’est insurgé contre l’organisation de ce programme. Il a demandé le départ d’Arlette Chabot, animatrice de l’émission, directrice générale adjointe de France 2 chargée de l’information, ainsi que des «dirigeants de France 2 qui ont autorisé cette opération». Il a déploré que la chaîne n’ait «pas trouvé mieux» que «de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen», vice-présidente du FN. Le débat Besson-Le Pen a bien eu lieu en première partie d’émission. La chaîne «prend ainsi en otage le service public et les personnels qui y travaillent», a accusé le responsable PS. «C’est indigne et c’est inacceptable. Jamais une telle dérive ne s’était produite». «Pour habiller le tout, on m’a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d’abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée», a argumenté Peillon. Interrogé sur le site Internet Rue89, il ajoute : «J’avais pris ma décision depuis plusieurs jours. C’était préparé avec quelques uns. Je voulais qu’il y ait un incident. Il fallait que ça fasse un peu scandale.» «Méthode de voyou» Cette défection a suscité étonnement et indignation chez France 2. Peu après la diffusion du communiqué, la rédactrice en chef, Nathalie Saint-Cricq, qualifiait de «méthode de voyou» le retrait in extremis de l’eurodéputé, exprimant son «immense étonnement qu’il n’ait pas pris la peine de téléphoner». Réagissant en direct à l’antenne, Arlette Chabot a dénoncé un «coup d’éclat regrettable». «Ce n’est pas lui qui est piégé, c’est nous», selon la journaliste, pour qui l’émission a été préparée «dans la plus totale transparence». Elle a déploré de ne pas avoir été avertie en amont car «M. Peillon n’est pas le seul socialiste» et a dit s’être entretenue avec lui mercredi et jeudi. L’eurodéputé cherchait précisément l’effet de surprise pour éviter d’être remplacé au pied levé. Voir la réaction d’Arlette Chabot : Dans un communiqué, France 2 a réaffirmé jeudi soir «son entière confiance à Arlette Chabot ». Marine Le Pen a ironisé sur cette absence, assurant qu’Eric Besson, transfuge du PS lors de la dernière élection présidentielle, pouvait jouer le rôle à la fois «du socialiste et du responsable de l’UMP». «Un acte politique de résistance» Aussitôt, la défection du responsable socialiste a suscité des commentaires au sein de la classe politique. «La fuite de M. Peillon le jour même où le PS a déposé sa proposition de loi sur le droit de vote des étrangers en dit long sur sa difficulté à assumer publiquement devant des millions de Francais la manipulation qu’il a montée pour séduire l’extrême gauche et exciter l’extrême droite», a ainsi déclaré le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, accusant le PS de «fuir le débat». Au contraire, le socialiste Patrick Mennucci (PS), qui fait partie du même courant que Vincent Peillon au PS, l’a «félicité» pour son attitude, «un acte politique de résistance à l’abaissement de la République par des politiciens prêts à tout pour conforter leur pouvoir». Vendredi matin, sur le blog de Vincent Peillon, l’ensemble des commentaires des internautes soutenaient la démarche de l’eurodéputé. Mercredi, les journalistes CGT de France 2 avaient demandé la déprogrammation du débat qualifiant de «totalement inadmissible qu’un tel spectacle ait lieu sur les antennes du service public» qui «servira encore mieux à flatter les mauvais instincts». LIRE AUSSI » Le débat entre Éric Besson et Marine Le Pen tourne au duel
Publié par la rédaction le 15 janvier 2010 à 0:55
« Monsieur Besson, vous êtes capable de faire le socialiste et le responsable de l’UMP». Jeudi soir, sur le plateau de l’émission politique « À vous de juger » de France 2, la vice-présidente du Front national Marine Le Pen a dès le début de son débat avec Éric Besson donné la tonalité de l’échange à venir. L’absence de l’eurodéputé PS Vincent Peillon, qui a déclaré forfait à la dernière minute - une «méthode de voyou», selon la rédactrice-en-chef de l’émission Nathalie Saint-Cricq, a permis ce bon mot à la fille du leader d’extrême droite, qui a ainsi renvoyé le ministre de l’Immigration à son parcours d’ex-bras droit de François Hollande et d’actuel secrétaire général adjoint de l’UMP. Mais Éric Besson, qui a répété jeudi qu’il souhaitait conserver son portefeuille, n’était pas venu les mains vides. Après avoir rappelé que « l’histoire de France, c’est l’histoire de l’Immigration» et souligné que 29 000 étrangers clandestins, il a annoncé la tenue prochaine d’un séminaire gouvernemental consacré à l’identité nationale autour de François Fillon. Objectif : «que les décisions soient assumées par tous les membres du gouvernement», a précisé le ministre. Il n’a pas donné la date de la réunion mais a indiqué qu’elle aurait lieu «début février». Ce séminaire va-t-il permettre au gouvernement de resserrer les rangs autour du débat ? À ce jour, rares sont les ministres à avoir participé aux débats organisés au niveau local par les élus et les préfets. Selon l’entourage du ministre de l’Immigration «quatre ou cinq» membres du gouvernement - parmi lesquels Hubert Falco (Anciens combattants), Nadine Morano (Famille) ou encore Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement)- auraient sacrifié à l’exercice. Un séminaire qu’a critiqué Marine Le Pen en réclamant un référendum sur l’immigration. Bataille de chiffres Le face-à-face entre le ministre et la vice-présidente du Front national a été houleux. Il n’a sans doute pas permis aux Français d’y voir plus clair tant Besson et Le Pen ont éprouvé des difficultés à garder leur calme. «Vous êtes une espèce de dinosaure de la vie politique», lui-a-t-il lancé avant de reprocher à l’eurodéputée FN son manque d’assiduité au Parlement européen et d’implication sur la directive immigration. «Vous n’y êtes pas, vous n’êtes jamais» à Strasbourg, a martelé Besson. Marine Le Pen rétorque en l’accusant de « régler des petits comptes minables ». Puis dresse un bilan très critique de la politique d’immigration conduite depuis le début du quinquennat, affirmant que les derniers chiffres de l’immigration avancés par le ministre sont « exactement les mêmes qu’en 2005 ». Donc que rien n’aurait changé. « Tous les trois ans, il y a l’équivalent d’une ville comme Lille qui entre dans notre pays », a-t-elle lancé face à un ministre déstabilisé. Le débat risque d’émousser encore un peu plus l’intérêt des Français. Selon un sondage IFOP-Paris Match paru jeudi, seulement 36 % d’entre eux en ont parlé cette semaine. Loin derrière la vague de froid en France, la grippe A, le décès de Philippe Séguin et… le début des soldes. LIRE AUSSI » L’initiative d’Éric Besson trouble l’UMP » L’adhésion des Français aux idées du FN en net recul
Publié par la rédaction le 14 janvier 2010 à 16:09
Plus de 24 heures après le séisme meurtrier qui a frappé Haïti, difficile d’établir un bilan de la catastrophe. Après les chiffres donnés par le premier ministre haïtien - «bien au-dessus de 100.000 morts» - c’est au tour du président René Préval de fournir une estimation. Il a évoqué mercredi sur CNN un bilan de 30.000 à 50.000 morts, sans préciser d’où venaient ces estimations. «Le Parlement s’est effondré. L’hôtel des impôts s’est effondré. Des écoles se sont effondrées. Des hôpitaux se sont effondrés. Il y a beaucoup d’écoles avec beaucoup de morts dedans», avait-il expliqué plus tôt. «Tous les hôpitaux sont pleins. C’est une catastrophe», a ajouté René Préval, qui a également appelé la communauté internationale à l’aide. Alors que la capitale, Port-au-Prince, a passé une deuxième nuit de cauchemar au milieu des décombres, des milliers d’Haïtiens paniqués tentaient de rejoindre les hauteurs de Pétionville, une ville située en banlieue de Port-au-Prince. En cause, une rumeur annonçant l’arrivée prochaine d’un tsunami. «Des personnes ont senti de fortes vibrations. Il a fait très froid soudainement. Et des gens annoncent que l’eau monte», a expliqué une femme. Mais aucun élément concret ne permettait de confirmer la montée des eaux aux abords de Port-au-Prince. Plusieurs témoins ont toutefois fait état de répliques au séisme. Le centre de la capitale est transformé en immense camp de réfugiés, où des centaines de milliers de personnes, plongés dans le noir, réclament désespérément de l’eau, de la nourriture et des médicaments. Des quartiers entiers sont devenus des cimetières à ciel ouvert. Nombre de réfugiés se sont installés sur le Champ de Mars, une célèbre avenue de Port-au-Prince, près du Palais présidentiel qui s’est affaissé sous le choc du séisme. Ils ont fabriqué des tentes. Des survivants errent dans les rues alors que d’autres tentent de retrouver des rescapés dans les ruines. Les corps retirés des décombres sont alignés dans les rues, à même le sol, recouverts d’un drap (Voir la vidéo CNN). Les rues sont le théâtre de pillages et de tirs, a rapporté Valmir Fachini, porte-parole de l’ONG brésilienne «Viva Rio» qui travaille au développement social en Haïti. Course contre la montre Dans le même temps, d’énormes moyens militaires ont commencé à être mis en oeuvre. L’aéroport de Port-au-Prince a vite été saturé. Parallèlement, un bâtiment des garde-côtes des Etats-Unis est arrivé, suivi par un second bateau. Un porte-avions nucléaire américain devait être jeudi en vue d’Haïti et Washington envisage d’y envoyer un navire-hôpital. Le tout sur fond de mobilisation majeure annoncée par l’ONU en faveur du pays le plus pauvre des Amériques, où le secrétaire général devait se rendre «dès que possible». Dans une course contre la montre pour retrouver les éventuels survivants, des sauveteurs français, canadiens, vénézuéliens ou encore chiliens, accompagnés de chiens et de tonnes de matériel, étaient attendus. Quelque 1.400 Français se trouvaient en Haïti, dont 1.200 environ à Port-au-Prince, avant le tremblement de terre. On a appris jeudi que deux d’entre eux, employés d’une entreprise du Cantal spécialisée dans la conception de ponts, sont décédés. Il s’agit des deux premières victimes françaises formellement identifiées. Le Quai d’Orsay n’a pas confirmé cette information annoncée par l’entreprise en question. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré mercredi qu’environ 260 s’étaient regroupés dans ce qui reste de l’ambassade et qu’une cinquantaine étaient activement recherchés. Il a ajouté que 91 Français blessés ou choqués, dont 7 grièvement atteints, avaient été évacués vers la Martinique pour y être soignés. François Fillon a, de son côté, cité le chiffre de 71 personnes évacuées. À leur arrivée à Fort-de-France, les premiers étaient sur pied mais semblaient en état de choc. Le ministre des Affaires étrangères a aussi annoncé la nomination d’un ambassadeur, Pierre Duquesne, «à la tête d’une cellule interministérielle chargée de coordonner la distribution» d’aide et les efforts à venir de reconstruction. Le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, doit partir jeudi soir pour Haïti. Enfin Bernard Kouchner a indiqué que du personnel consulaire français et des agents du ministère des Affaires étrangères «partent aujourd’hui» pour Haïti pour seconder l’ambassadeur de France, très légèrement blessé dans le séisme. Plus de 100 personnes expatriées de l’ONU en Haïti sont par ailleurs toujours portées disparues. Les Nations unies refusent toujours de confirmer le décès du chef de leur mission sur place. Selon le dernier bilan officiel, 16 employés de l’ONU sont morts et 56 ont été blessés. LIRE AUSSI : » Le premier ministre haïtien craint plus de 100.000 morts » Les exilés haïtiens attendent des nouvelles de leurs proches » L’ONU touchée en plein coeur par le séisme en Haïti » Ouragans, pauvreté, crise … Haïti accumule les malheurs » EN IMAGES - Scènes de désolation à Port-au-Prince » Séisme en Haïti : les images vidéo de la catastrophe
Publié par la rédaction le 13 janvier 2010 à 20:07
Alors que Brice Hortefeux doit animer jeudi la conférence annuelle de résultats du ministère de l’Intérieur, Le Figaro est en mesure de révéler les grandes tendances de la délinquance pour l’année écoulée. Comme le laissait présager l’année 2008, avec un reflux de seulement 0,9 % de crimes et délits, la baisse de la délinquance générale connaît un palier. Le niveau des crimes et délits portés à la connaissance des services en 2009 équivaut donc à celui de l’année précédente, autour de 3,52millions de faits, soit 1 %. Décembre a été un mois favorable, qui a évité un renversement de tendance. Les atteintes aux biens stagnent , autour de 2,2 millions de faits (moins de 1% de baisse). En revanche, les atteintes aux personnes augmentent, d’un peu moins de 3 %. Mais on est loin de l’inflation à deux chiffres des années Jospin. La hausse des violences dites non crapuleuses (autour de 240 000 faits), principalement des violences intrafamiliales, s’accompagne en 2009 d’une hausse des violences crapuleuses, c’est-à-dire commises dans le but de voler (autour de 115 000 faits), alors que celles-ci diminuaient jusqu’alors. Les infractions économiques et financières baissent pour la première fois depuis trois ans, de l’ordre de 3 % (373 000 faits). Le taux d’homicides le plus bas depuis 1996 Derrière ces évolutions de masse se dessine un bilan contrasté. La situation s’est améliorée sur le front des vols d’automobile (un peu moins de 130 000 faits), des destructions et dégradations, des règlements de comptes entre malfaiteurs (qui diminuent de moitié) ou des homicides et tentatives (près de 200 crimes en moins en un an). Soit le taux d’homicides le plus bas depuis 1996. Mais les vols simples repartent à la hausse, de même que les petites escroqueries aux chèques. Quant au plan de lutte contre les cambriolages, il commence juste à porter ses fruits. En sept ans, la délinquance générale a diminué de 14 %, faisant environ 500 000 victimes de moins par an en moyenne par rapport à 2002. «Il faut se souvenir du tournant des années 2000, quand la barre de 4 millions de crimes et délits par an venait d’être franchie», rappelle Brice Hortefeux, qui entend bien renvoyer la gauche à son propre bilan : «+ 14 % de hausse de la délinquance entre 1997 et 2002», ajoute-t-il. Et 40 % de hausse des violences. Passer à une véritable culture du résultat L’entourage du ministre de l’Intérieur ne manque pas de rappeler que les forces de l’ordre, qui élucidaient une affaire sur quatre en 2001, en résolvent désormais plus d’une sur trois. On valorise aussi l’augmentation régulière des gardes à vue, des mises en cause, des mises sous écrou. Le tout obtenu à effectif constant. Alors que la loi Aubry sur la réduction du temps de travail avait instantanément obéré la capacité opérationnelle des services de 10 %. La préfecture de police de Paris, sous l’autorité du préfet Michel Gaudin, est également citée en exemple. Comme si elle tirait les résultats nationaux vers le haut, avec dans son ressort, désormais élargi aux trois départements de la petite couronne, une chute des crimes et délits pour la huitième année consécutive, de 1,5 % environ en 2009. Ce qui représente un quart de faits en moins depuis 2001. Tandis que la police parisienne a vu son taux d’élucidation passer de 16 à 38 % entre 2001 et 2009! La conférence de jeudi devrait ouvrir sur d’importantes évolutions dans la présentation des statistiques du ministère de l’Intérieur et de l’Observatoire national de la délinquance (OND), présidé par le Pr de criminologie Alain Bauer. «Pour passer, dit un haut fonctionnaire, de la religion du chiffre à une véritable culture du résultat ». LIRE AUSSI : » Le sentiment d’insécurité a augmenté » Les chiffres de la délinquance en repli selon Hortefeux
Publié par la rédaction le 13 janvier 2010 à 1:59
Martine Aubry a-t-elle enfoncé un coin entre le ministre d’ouverture Éric Besson et le secrétaire général adjoint de l’UMP Éric Besson ? Le premier a rouvert dimanche le débat sur le droit de vote des étrangers aux élections locales en défendant cette évolution dans les «dix ans à venir ». Le second affronte l’ire de ses collègues UMP. Au point que Besson s’est plié mardi à certaines contorsions sur l’opportunité de lancer ce débat «en situation économique et sociale tendue ». Jean-François Copé n’a pas pris de telles précautions pour rappeler, dès lundi, son «opposition totale » à l’élargissement du droit de vote aux étrangers «non communautaires » et en l’absence de «réciprocité ». Le patron des députés UMP préfère mettre l’accent sur les «naturalisations ». Xavier Bertrand souligne de son côté que la «position constante » du parti comme celle de son secrétaire général est une «opposition à une telle mesure ». En a-t-il parlé avec son adjoint ? «Oui, bien sûr. Mais quelle que soit la position personnelle d’Éric Besson, la position du mouvement ne variera pas », explique-t-il avant de dénoncer «les grosses ficelles de Mme Aubry. » À l’Assemblée, Chantal Brunel confirme. «Je suis contre, archi contre, explique la députée de Seine-et-Marne. Nous sommes tous de sang mêlé mais un principe est incontournable : la nationalité française, et elle seule, donne le droit de vote. L’accorder aux étrangers, c’est changer la définition de la citoyenneté française. » Brunel met en garde contre les visées électoralistes d’une telle proposition : «Martine Aubry est une femme politique remarquable, mais il ne faut pas qu’elle joue la carte de la montée du FN comme François Mitterrand en son temps. » La difficulté pour l’UMP est que Nicolas Sarkozy, lui-même, s’est montré à plusieurs reprises favorable à une telle mesure. Ministre de l’Intérieur, il avait posé en 2005 que pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine, il fallait «renforcer la chance de l’intégration pour les étrangers en situation légale ».«Le droit de vote aux municipales en fait partie », avait-il précisé en estimant : «C’est une mesure que je pense juste. » Si elle n’a pas été retenue dans le programme présidentiel en 2007, Sarkozy en 2008 se déclarait toujours favorable, «à titre intellectuel », au vote des étrangers installés en France «depuis dix ans » et «sur la base de la réciprocité ». Mais, avait expliqué le président de la République, il ne disposait pas de «majorité pour faire passer ce projet ». Un argument qui hérisse Tout ne serait donc question que de majorité ou de temps, comme l’a souligné mardi le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, en jugeant que «les Français n’étaient pas mûrs ». Mais cet argument hérisse le député de la Drôme Hervé Mariton : «une mauvaise idée, reportée dans le temps, ne devient pas meilleure », dit-il en se présentant comme «défavorable durablement » à la mesure. «Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, payer des impôts ne donne pas droit au vote ou bien c’est le rétablissement du suffrage censitaire », poursuit-il. LIRE AUSSI » Fillon conseille à Besson de ne pas écouter les médias
Publié par la rédaction le 12 janvier 2010 à 23:31
• Une perturbation neigeuse accompagnée de pluies verglaçantes a commencé mardi après-midi à balayer la Bretagne. Elle doit progresser vers l’Est dans la nuit, gagnant les trois quarts nord du pays, selon Météo Consult. Un redoux est attendu mercredi en début d’après-midi, même si les conditions hivernales persisteront à l’Est. Au total 58 départements ont été placés en vigilance orange par Météo France dans une large bande centrale du pays, de la Bretagne à la Bourgogne et de la Picardie à l’Aveyron et à la vallée du Rhône. • Vitesse réduite sur les routes Dès mardi après-midi, la circulation s’est avérée délicate sur certaines routes de Bretagne . En début de soirée, l’A84 Rennes/Caen a été fermé dans le Calvados , plusieurs camions s’étant mis en travers de l’autoroute. Des mesures d’interdiction de circulation des poids lourds ont été prises dans certains départements, comme dans la Manche ainsi que, de minuit à midi, dans les huit départements d’ Ile-de-France . Les préfectures du Rhône , de la Drôme , de l’Ardèche et de l’Ain ont par ailleurs annoncé des mesures de limitation de vitesse à partir de mardi 22h00. La vitesse de tous les véhicules sera limitée à 70 km/h sur toutes les routes de la Drôme et de l’Ardèche, ainsi que sur le réseau autoroutier et national du Rhône. Le préfet de l’Ain a quant à lui limité à 90 km/h la vitesse sur autoroute. Plus largement, «des mesures de limitation des vitesses à 70 km/h», accompagnées d’une interdiction de doubler pour les poids lourds, ont été prises dans le Sud , sur l’ensemble de l’A7, sur l’A9 entre Orange et Nîmes et sur l’A61. En Ile-de-France , un PC zonal de circulation devait être activé mardi à 20h00, et la préfecture a recommandé aux automobilistes de différer leurs déplacements. Le préfet leur demande en outre de faciliter les opérations de déneigement et de salage, rappelant que le Code de la route interdit le dépassement d’un engin de salage en action. » Les conditions de trafic routier • Le trafic aérien fortement perturbé Après l’épisode neigeux du week-end dernier, les passagers vont à nouveau devoir faire preuve de patience mercredi. Responsable de la sécurité et de la gestion du transport aérien, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé mardi aux compagnies aériennes d’annuler mercredi 30 à 50% des vols à Roissy et la moitié des vols à Orly . Un appel à la grève chez les contrôleurs aériens, mercredi et jeudi, va également contribuer à perturber le trafic. Les syndicats s’inquiètent d’un projet gouvernemental de structure européenne intégrée pour la navigation aérienne, dans lequel ils voient un «démantèlement de la DGAC». Ils dénoncent aussi les réductions de postes dans le cadre du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Air France a annoncé qu’elle assurerait mercredi tous ses vols longs courriers au départ de Paris, mais seulement 50% (Orly) à 75% (Roissy) de ses vols domestiques et européens. Des perturbations sont également à prévoir à Marseille, Toulouse, Nice et Lyon , et des interrogations demeurent pour Beauvais, Brest, Montpellier . La DGAC recommande aux passagers de contacter leur compagnie aérienne. • Transports scolaires annulés dans l’Ouest Allant au-delà de l’interdiction des transports scolaires en vigueur depuis mercredi dernier, le préfet des Côtes d’Armor a décidé de fermer écoles, collèges et lycées pour mardi et mercredi. Les transports scolaires sont en outre annulés mercredi dans l e Vaucluse, l’Eure, la Seine-Maritime et l’Essonne . • Trafic normal à la SNCF Eurostar , dont 80% des trains devaient circuler mardi, prévoit un quasi retour à la normale, tandis qu’aucune annulation ni retard n’a été annoncé à la SNCF. » Retrouvez toutes les prévisions météo dans votre département
Publié par la rédaction le 12 janvier 2010 à 18:23
L’interdiction de la burqa n’en finit plus de faire parler d’elle. Fin décembre, Jean-François Copé avait surpris les députés, notamment dans les rangs de l’UMP, en annonçant le dépôt en janvier d’une proposition de loi interdisant le port du voile dans l’espace public sans attendre les conclusions de la mission parlementaire, prévues pour fin janvier. Mardi, alors que les parlementaires faisaient leur rentrée, le sujet était encore sur toutes les lèvres. Mardi matin, la majorité des cadres de l’UMP ont d’abord reproché à Jean-François Copé d’avoir agi trop vite. Le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez a ainsi accusé le député-maire de Meaux de vouloir utiliser le débat pour une «opération d’autopromotion». Le président de l’Assemblée nationale lui-même est intervenu mardi : Bernard Accoyer assure qu’il «serait prématuré de déposer une proposition de loi par un seul groupe politique ou par quelques députés alors qu’il y a possibilité de trouver une solution partagée». D’autres émettaient des doutes sur la légitimité d’une loi. A l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet qui a estimé qu’une loi précipitée risque de tomber sous le coup d’une annulation du Conseil constitutionnel». La secrétaire d’Etat a plaidé pour «une résolution adoptée à l’unanimité» contre le port du voile intégral. La résolution parlementaire permet aux députés de s’exprimer solennellement sur une question de leur choix. Mais reste non-contraignante. Une disposition pas assez contraignante pour François Fillon, qui est venu recadrer la majorité. S’exprimant mardi à huis clos lors de la réunion hebdomadaire des députés UMP, le premier ministre a déclaré que l’interdiction du port du voile intégral devait «passer par une résolution suffisamment ferme pour fixer les principes, ainsi que des textes législatifs et des décisions réglementaires pour appliquer ces principes». «L’objectif, c’est de faire en sorte que la burqa n’ait pas sa place en France», a assuré François Fillon. «Il faut que la mission parlementaire aille à son terme au plus vite, ça n’empêche pas les uns et les autres d’exprimer les positions», a ajouté le premier ministre. L’UMP peine à trouver une unité Un soutien implicite à la proposition de Jean-François Copé qui plaide depuis l’automne pour un dispositif législatif. Le patron des députés UMP devrait en tirer profit, alors même que «tout au long de cette semaine», il soumet pour signature à ses «amis députés» sa proposition de loi. Dès dimanche, Jean-François Copé annonçait que 220 députés «étaient tout à fait déterminés à signer une proposition de loi». « Nous sommes bien rassemblés, les responsables du parti sont maintenant aussi sur cette ligne», a-t-il ajouté mardi. Si François Fillon rejoint le député-maire de Meaux sur le principe de légiférer, il souhaite tout de même temporiser. Selon lui, un débat subsiste «sur le contenu, sur les sanctions, sur la compatibilité avec la constitution et la jurisprudence européenne» d’une loi interdisant la burqa. Débat qui «sera tranché après les régionales», assure-t-il. Quelques minutes plus tard, lors de son point presse hebdomadaire, Jean-François Copé prenait acte de cette exigence en annonçant que sa «contribution» sera discutée à l’Assemblée «la dernière semaine de mars». A droite, les réactions ne se sont pas faites attendre. A la suite de l’intervention de François Fillon, Xavier Bertrand a approuvé le principe d’une résolution assortie d’une loi. Un véritable revirement pour le secrétaire général de l’UMP qui avait exprimé en novembre 2009 ses réticences vis-à-vis d’«une loi qu’on ne peut pas appliquer». L’UMP peine donc à trouver une unité sur un sujet qui a déjà provoqué de nombreux remous au sein de la majorité. De son côté,le PS essaye de faire front uni. Longtemps partagée sur la légitimité d’une loi, l’opposition semble s’être mise au diapason. Lors de ses vœux à la presse, mardi matin, Martine Aubry s’est clairement prononcée contre «une loi de circonstance», estimant que le droit actuel permettait d’«empêcher» le port du voile intégral. La première secrétaire du PS assure que le «thème de la burqa sert aujourd’hui de chiffon rouge pour stigmatiser et pour diviser, ne doit pas nous leurrer».
Publié par la rédaction le 11 janvier 2010 à 23:38
Les bonus des traders sont sur la sellette ? Qu’à cela ne tienne : plusieurs banques augmentent leur salaire fixe pour contourner le problème. Selon une étude internationale du cabinet Mercer auprès de 42 banques, 65 % d’entre elles ont augmenté les salaires de base, tandis que 83 % diminuaient la part des bonus dans la rémunération. «Les champions de la banque d’investissement ont augmenté de 50 % en moyenne les rémunérations fixes dans les activités marchés de capitaux depuis l’été dernier», constate Éric Singer, chasseur de têtes dans la finance. Morgan Stanley, UBS, Citibank et HSBC ont revu leurs grilles à la hausse l’an passé, Barclays Capital et Credit Suisse seraient sur le point de le faire. Goldman Sachs y réfléchit. Les patrons d’activités verraient ainsi leurs salaires de base réévalués, entre 180 000 euros annuels (Barclays) et 350 000 chez UBS. «Les fixes étaient sous-évalués et ne reflétaient pas l’expérience d’un diplômé de Harvard ou du MIT avec quinze ans d’expérience», justifie Éric Singer. «Le fixe est en train de devenir le point de focalisation pour les marchés, confirme son confrère Gaël de Roquefeuil, du cabinet Korn Ferry. Les banques cherchent les moyens de rester compétitives pour attirer les talents, tout en étant politiquement correctes face à l’opinion publique. Elles ont les moyens d’augmenter les salaires après une très bonne année en 2009.» Sans surprise, ce sont les anglo-saxonnes qui donnent le la. Aux États-Unis, les grandes banques se sont empressées de rembourser les aides publiques pour s’affranchir des limitations des rémunérations fixées par l’État. À Londres, malgré un lobbying intense et des menaces de délocalisation face à la taxation des bonus, la plupart des établissements ont laissé entendre qu’ils prendraient la fameuse taxe à leur charge sans la répercuter dans les montants versés aux salariés. Les banques françaises peinent à suivre le mouvement. À Paris, «c’est le flou artistique», selon Gaël de Roquefeuil. «L’année a été excellente, les banques ont gagné énormément d’argent, il va bien falloir payer des bonus significatifs, la seule chose qui pourrait gâcher la fête est le populisme de gouvernements stigmatisant des professionnels qui ne sont pour rien dans la crise financière», s’inquiète Éric Singer. S’ils ne savent pas à quelle enseigne ils vont être logés, les traders parisiens ne se font pas d’illusion. L’annonce des montants des bonus, habituellement en février, pourrait être décalée d’un mois, le temps que les directions des ressources humaines s’adaptent à ce nouveau contexte. «Alors que les marchés sont repartis de plus belle et que les banques n’ont jamais fait autant de fric, on s’attend à percevoir le moins possible», pronostique Francis Vergnaud, délégué syndical SNB-CFE-CGC chez Natixis. Un responsable d’activité de la même banque partage ce scepticisme : «Mon équipe de quarante personnes n’a pas touché de bonus en 2008 après avoir réalisé sa meilleure performance de tous les temps. Alors, pour cette année, on ne sait pas trop à quoi s’attendre.» Une augmentation générale des bases fixes ne semble pas encore à l’ordre du jour sur la place parisienne. «La direction botte en touche en disant que ce sera un chantier d’avenir, poursuit le syndicaliste de Natixis. Nous ne serions pas opposés à ce qu’on revalorise les rémunérations d’une façon qui pousse moins à la prise de risque.» Chez HSBC France, les hausses des traitements de base n’ont pas encore été répercutées. «Mon fixe n’a pas bougé depuis cinq ans, raconte un manager. On ne s’était jamais préoccupé de ça : c’était plus pratique de verser un bonus discrétionnaire plutôt que d’augmenter les gens régulièrement.» Dans les salles des marchés, la part variable peut représenter une à cinq fois le fixe, voire cinquante fois pour quelques stars. Or, si l’on augmente les fixes, on ne peut plus les baisser en cas de mauvaises performances.
Publié par la rédaction le 11 janvier 2010 à 5:35
«Les armes vont continuer à parler. Nous sommes en guerre et tous les coups sont permis», a menacé dimanche le secrétaire général des Forces de libération du Cabinda-Position militaire, qui ont revendiqué l’attaque contre le bus des footballeurs togolais. Rodrigues Mingas, qui s’exprimait du Luxembourg et vivrait en exil en France, ne représente sans doute qu’un groupuscule. Mais, en choisissant une cible médiatique, il vient de remettre en scène un conflit oublié, dont le pétrole est l’enjeu principal. L’enclave du Cabinda, province angolaise de 7 280 km2 située entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo (RDC), est parfois surnommée le « Koweït de l’Afrique ». Le Cabinda produit officiellement plus de la moitié des quelque 1,9 million de barils-jour du pétrole angolais, un privilège qui a toujours fait son malheur. En 1975, quand le gouvernement portugais issu de la révolution des Œillets décide d’accorder leur liberté à ses colonies africaines, les Cabindais espèrent une indépendance séparée. Territoire colonial administré par les Portugais, tout comme l’Angola, l’ancien royaume de Loango possède son propre mouvement de lutte, le Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec). Mais ce dernier n’est pas invité aux négociations de transition. Le Portugal ne discute qu’avec les trois principaux mouvements angolais - MPLA, FNLA et Unita - et considère que le Cabinda doit devenir une province angolaise. Le Flec réagit en instaurant un gouvernement provisoire et proclame son indépendance, ignorée par l’Organisation de l’Unité africaine (OUA). En novembre 1975, c’est le coup de force. Aussitôt après la déclaration d’indépendance angolaise, les troupes du MPLA, qui a pris le dessus, envahissent le Cabinda, renversent le gouvernement provisoire et font du petit territoire une province angolaise. Des troupes cubaines viennent renforcer la protection des installations pétrolières. Et qu’importe si l’or noir cabindais est exploité par une compagnie américaine, l’avidité est plus forte que l’idéologie. Commence alors une guerre de basse intensité, compliquée par l’enjeu pétrolier. Des puissances régionales et internationales soutiennent le séparatisme cabindais, dans le cadre de la lutte contre le gouvernement prosoviétique angolais, et surtout du combat pour le contrôle de ses ressources. Une menace sous-estimée Différentes tendances du Flec se trouvent ainsi aidées par le dictateur Mobutu du Zaïre, l’actuelle RDC. Mobutu, qui lorgne sur le pétrole, a demandé en vain à l’OUA d’organiser un référendum sur l’avenir du Cabinda. Les États-Unis et l’ex-compagnie française Elf, qui cherchent à assurer l’avenir de leur approvisionnement, sont également présents. Mais la fin de la guerre froide sonne le glas des espoirs séparatistes. Aujourd’hui, si un différend subsiste entre l’Angola et la RDC à propos de l’exploitation de champs offshore mitoyens, les pétroliers occidentaux s’entendent très bien avec l’Angola. Les champs cabindais sont exploités à 41 % par la compagnie nationale angolaise, l’Américain Chevron, opérateur avec 39,2 %, le Français Total (10 %) et l’italien ENI (9,8 %). En 2006, le dirigeant des principales tendances du Flec, Antonio Bento Bembe, signe un accord avec Luanda et intègre le gouvernement angolais comme ministre des Droits de l’homme. Mais des éléments du Flec le désavouent, dénonçant la corruption endémique engendrée par le pétrole, décrite comme un «problème majeur» par la CIA elle-même sur son site Internet. Dimanche, Antonio Bembe reconnaissait avoir «peut-être sous-estimé» la menace séparatiste. Quant à Rodrigues Mingas, le leader qui a revendiqué l’attaque, le Quai d’Orsay reconnaissait dimanche qu’il avait «vécu en France». Sa situation actuelle restait à confirmer.
Publié par la rédaction le 10 janvier 2010 à 19:28
Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, ne plaisantent pas avec les délocalisations. Surtout si c’est Renault qui y pense. Le ministre de l’Industrie rencontrera lundi à Bercy les représentants des sous-traitants et de la direction de Renault. Mercredi, Nicolas Sarkozy recevra Patrick Pelatat, le directeur général de Renault. Raymond Soubie, conseiller du président de la République en charge des dossiers sociaux, et Christian Estrosi seront présents. Le constructeur envisagerait de produire la future Clio, quatrième du nom et remplaçante du modèle actuellement commercialisé, en Turquie et non plus à Flins, en région parisienne. Le site français ne produirait plus que des batteries. Une information publiée par le quotidien La Tribune est à l’origine de l’ire gouvernementale. Le ministre de l’Industrie et l’UMP goûtent peu l’idée de voir une partie supplémentaire de la production automobile de Renault partir à l’étranger, en l’occurrence à Bursa, en Turquie, où sont déjà produites des Clio. L’année dernière, les constructeurs automobiles français, Renault et PSA Peugeot-Citroën, ont reçu chacun une aide de l’État de 3 milliards d’euros, en échange de l’engagement de maintenir sur le territoire leurs usines d’assemblage. Une production 100 % turque de la Clio serait contraire à cet engagement. Pourtant le dispositif industriel évoqué n’a rien de très nouveau. Début novembre, Carlos Ghosn, le PDG de Renault, expliquait que l’usine de Flins serait au cœur de la stratégie du groupe dans la voiture électrique (nos éditions du 6 novembre). Coentreprise Outre la construction d’un véhicule électrique «au cœur de la gamme» de Renault et d’une taille équivalente à celle de la Clio, Carlos Ghosn précisait que l’usine francilienne produirait aussi des batteries électriques. Renault, son partenaire japonais Nissan, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et le Fonds stratégique d’investissement (FSI) ont signé une lettre d’intention pour créer une coentreprise. De son côté, l’État, qui détient toujours 15 % du capital de Renault, doit accorder un prêt à un taux bonifié, d’un maximum de 150 millions d’euros, au projet. Il n’a en revanche jamais été question que la Clio «ne soit plus produite en France», explique une porte-parole de Christian Estrosi. Au ministère, on estime que Renault dispose de suffisamment d’usines en France pour y maintenir la production de la future Clio. D’autant que ce modèle est un des best-sellers de la marque et qu’il bénéficie amplement de la prime à la casse et du bonus écologique. De son côté, la CGT de Renault s’insurge contre une «mise en concurrence entre les pays, les sites et les salariés». Le syndicat dénonce le «chantage permanent exercé par la direction de Renault, pour obtenir des subventions et des allégements de charges». Face à ces critiques, la direction de Renault affirme «que le futur de Flins est assuré».
Publié par la rédaction le 10 janvier 2010 à 1:37
Environ 700 étrangers ont déjà quitté samedi la ville de Rosarno après des violences, notamment une «chasse à l’homme» contre des immigrés, qui ont fait 67 blessés dans cette localité de Calabre (sud de l’Italie), tandis que 200 autres se préparent au départ. «Environ 700 étrangers ont été évacués vers Crotone et Bari», deux autres villes du sud de l’Italie, «et 200 immigrés supplémentaires partiront dans le courant de la nuit», a expliqué le préfet de police Mario Morcone, tout en précisant que «la situation revient lentement à la normale». Signes du retour au calme, les barricades érigées par la population ont été levées, l’occupation de la mairie par des habitants a pris fin et les magasins ont ouvert dans la matinée. Rosarno a été le théâtre jeudi de violentes manifestations d’immigrés protestant contre des agressions dont certains d’entre eux avaient été la cible : elles avaient été marquées par des heurts avec la police, et suivies, le lendemain, d’exactions de la population à leur encontre. Pour faire face à ces tensions, le chef de la police italienne Antonio Manganelli avait annoncé dès vendredi soir l’envoi d’un «important contingent de policiers» en renfort, plus de 200 selon la presse. Manifestation à Rome Le dernier bilan des violences à Rosarno et dans ses environs depuis jeudi est de 67 blessés, à savoir 31 étrangers, 19 policiers et 17 habitants italiens de cette petite ville de 15.000 âmes. La majorité n’ont subi que des contusions ou des blessures légères. Mais six immigrés sont encore hospitalisés, parmi lesquels deux grièvement blessés vendredi soir à coups de barres de fer. Samedi après-midi une manifestation de soutien en faveur des immigrés s’est déroulée à Rome, non loin du siège du ministère de l’Intérieur. Elle a donné lieu à des échauffourées entre policiers, dont un a été légèrement blessé par un jet de pierres. Au cours de cette manifestation, les immigrés présents ont demandé la démission du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni. La mafia montrée du doigt Selon la presse, au moins 4.000 immigrés sont employés - en général illégalement - chaque année à Rosarno pendant deux mois pour cueillir clémentines et mandarines. Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés et le principal syndicat italien, la Cgil, ont dénoncé leurs «conditions de vie inhumaines : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène» et des «salaires de misère» (25 euros par jour). Le rôle de la mafia a également été montré du doigt. «La mafia qui contrôle le territoire, exploite les immigrés avec cynisme et une détermination impitoyable. Les cerveaux criminels savent que les immigrés clandestins ne peuvent même pas tenter de se rebeller car ils sont privés de documents d’identité et donc de la protection de l’Etat», a déclaré à La Stampa don Luigi Ciotti, un prêtre ayant fondé l’association antimafia Libera.
Publié par la rédaction le 9 janvier 2010 à 22:32
Volte-face ou simple précision ? Elie Domota, le leader du LKP, a démenti samedi sur France Info avoir lancé un appel à une nouvelle grève générale dans l’île à partir du 20 janvier. «On ne sait pas d’où cette date peut bien venir. Nous avons appelé à une manifestation le 9 janvier, et nous avons déclaré que nous allons voir dans les jours qui viennent les modalités d’organisation des différentes manifestations», a-t-il expliqué. «Depuis ce matin, nous sommes harcelés de coups de téléphone par la presse française qui nous dit, ‘vous êtes en grève générale à compter du 20 janvier’. Ça n’a jamais été décidé au niveau du LKP». Pourtant, dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France vendredi, il avait appelé à une telle grève générale à cette date et «pour une durée indéterminée». «Nous sommes mobilisés sur tous les terrains», pour «faire avancer nos revendications» a précisé le leader syndical samedi. «Nous n’allons pas cesser de réclamer justice et vérité sur tous les points de revendications». Ce qui s’apparente à une volte-face intervient alors que la classe politique et le gouvernement ont marqué vendredi leur scepticisme sur la capacité du LKP à déclencher une grève générale. Et ce même si tous s’attendent à plusieurs milliers de manifestants samedi dans les rues de Pointe-à-Pitre lors d’une manifestation contre la hausse des prix des carburants et de la vie chère. Ce rassemblement devrait servir de test au LKP, qui pourra mesurer peu ou prou sa capacité à enclencher un mouvement de contestation comparable à celui de l’an dernier. Cette manifestation survient à la veille du référendum sur l’évolution vers un statut d’autonomie de la Martinique et de la Guyane. Comme on lui demandait s’il comptait sur une forte mobilisation, Elie Domota a expliqué, samedi toujours, sur Europe 1: «Le mouvement a commencé le 16 décembre 2008. Les journalistes, les politiques, le gouvernement ont dit que le LKP était mort, et il est toujours là». «On se croirait dans un pays occupé» L’élément déclencheur de l’appel du LKP à manifester samedi a été la réunion, le 30 décembre dernier, de l’Observatoire départemental des prix à l’issue de laquelle le préfet a augmenté le prix des carburants de 4 centimes. Aussitôt, le LKP avait lancé un appel à la grève générale mais sans fixer de date. Elie Domota, également secrétaire général de l’UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe), a prévenu la classe politique et le gouvernement que ce n’était «pas en faisant de l’intimidation, en ne répondant pas aux revendications et en passant leur temps à discréditer et diaboliser (le LKP), que le peuple guadeloupéen (allait) rentrer dans le rang». «Nous avons foi en l’avenir, nous demandons justice, vérité et respect des engagements» pris il y a un an pour mettre fin à la grève générale. Début 2009, le LKP avait été à l’origine d’une grève générale ayant paralysé la Guadeloupe 44 jours. Elle avait débuté le 20 janvier. Samedi, Elie Domota, s’est aussi indigné de la présence de «près de 800 gendarmes en Guadeloupe depuis septembre», relevant que depuis le 1er décembre, ceux-ci étaient «postés aux carrefours». «On se croirait dans un pays occupé», s’est-il exclamé. » Guadeloupe : Domota appelle à une nouvelle grève générale » La Martinique et la Guyane consultées sur leur autonomie
Publié par la rédaction le 9 janvier 2010 à 16:40
Le bilan du mitraillage du bus du Togo vendredi est désormais de trois morts. L’entraîneur adjoint de l’équipe et le chargé de communication sont en effet décédés samedi matin, selon un membre de la délégation de la Confédération Africaine de Football présente dans l’enclave de Cabinda, entre le Congo-Brazzaville et l’Angola. La mort du chauffeur du car avait déjà été annoncée vendredi. Les Eperviers, le nom de l’équipe Togolaise, ont été attaqués alors qu’ils effectuaient en bus le trajet entre le Congo, où ils étaient en stage de préparation depuis fin décembre, et Cabinda, leur lieu de résidence durant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Un trajet d’environ 200 kilomètres. Plusieurs personnes, dont deux joueurs, Kodjovi Obilalé, qui évolue à Pontivy (CFA) et Serge Akakpo, qui joue lui à Vaslui, en Roumanie, ont été blessés. Le premier, le plus gravement touché, a pris une balle dans les reins, alors que le second a été effleuré par deux balles au niveau du dos. «C’est comme si nous étions en train de rêver. Je suis choqué. Je suis l’un de ceux qui ont porté les blessés jusqu’à l’hôpital, c’est là que j’ai vraiment réalisé ce qui se passait. Tout le monde criait, appelait sa mère, pleurait au téléphone, prononçait ses derniers mots en pensant qu’on allait mourir», raconte Emmanuel Adebayor au micro de BBC Sport Africa. Evoquant ces trois décès, le gardien togolais, Kossi Agassa, explique : «On est tous abattu par cette nouvelle. Aucun joueur de l’équipe n’est prêt à faire cette CAN», a-t-il déclaré. «Tout le monde veut rentrer dans sa famille.» Les rebelles regrettent «Il y a eu beaucoup de sang et de peur dans le car», témoigne de son côté Hubert Velud sur RMC, sélectionneur français du Togo. Légèrement touché au bras, il en a également profité pour remercier l’armée angolaise qui escortait le convoi. «Ils nous ont sauvés. Sans eux, les rebelles nous auraient achevés.» Cette attaque a été revendiquée par le Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC), qui milite depuis 1975 pour l’indépendance de cette bande de terre enclavée entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo-Brazzaville. Une fois de plus, la politique s’est donc invitée à un rendez-vous sportif majeur … «Nous regrettons que ce soit le bus du Togo qui a été pris pour cible, a cependant tenu à préciser par téléphone sur Infosport Rodrigues Mingas, le secrétaire général du mouvement. On n’a pas fait exprès de tirer sur un bus de joueurs. C’aurait tout aussi bien pu être le bus des Ivoiriens, le bus de n’importe qui… On est en guerre, tous les coups sont permis.» Le mode de transport mis en cause Forcément après un tel évènement, les interrogations sont multiples. La première d’entre elle, concernant le maintien ou non de la compétition, a été balayée d’un revers de main par la Confédération Africaine de football (CAF) vendredi soir. Les autres, en revanche, restent pour le moment sans réponse. Pourquoi la délégation togolaise n’a-t-elle pas pris l’avion pour effectuer son trajet comme le stipule les règlements de la CAF ? Les autres équipes du groupe B qui doivent séjourner dans la même région (la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Ghana) vont-elles accepter de rester sur place sachant que le FLEC a annoncé que cet attentat n’était que le premier d’une longue série ? Et le Togo va-t-il se retirer de la compétition avant même que celle-ci ne commence ? «En tant que capitaine de l’équipe, je peux dire que si la sécurité n’est pas assurée, alors nous partirons peut-être samedi, confiait Adebayor vendredi soir. C’est du football et l’une des plus grandes compétitions en Afrique mais je ne pense pas que les gens soient prêts à donner leur vie. Je vais parler avec mon équipe et on prendra une décision qui est bonne pour nos carrières, nos vies et nos familles. Beaucoup de joueurs veulent partir. Ils ont vu la mort de très près et veulent retrouver leurs familles.» En attendant la décision définitive des Eperviers, qui devrait être connue dans la journée, ce triste épisode a déjà pris des proportions internationales. En Angleterre, le club de Hull City a ainsi demandé le retour de ses joueurs qui participent à la CAN. D’autres devraient en faire de même dans les prochaines heures. Quoiqu’il en soit, un peu partout, c’est une autre question qui commence à faire son petit bonhomme de chemin. Compte tenu de ces évènements, mais aussi de ceux qui avaient entouré le match de qualification entre l’Egypte et l’Algérie en décembre dernier, la prochaine Coupe du Monde qui doit se dérouler en juin prochain en Afrique du Sud est-elle en danger ? » Le car de l’équipe de foot du Togo mitraillé » DOSSIER SPÉCIAL CAN 2010 (sport24.com)
Publié par la rédaction le 8 janvier 2010 à 14:38
Un élève de 18 ans se trouvait entre la vie et la mort vendredi matin après avoir été poignardé par un camarade à l’intérieur d’un lycée du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne. L’élève, scolarisé au lycée Darius Milhaud, a été transporté dans un état grave à l’hôpital Henri Mondor de Créteil (Val-de-Marne). «Ses jours sont en danger. On peut être très pessimiste» quant à ses chances de survie, a précisé une source policière. Selon les premiers éléments de l’enquête, confiée à la Sûreté territoriale du Val-de-Marne, le drame serait survenu vers 10 heures 40 à l’intérieur de l’établissement. Une dispute aurait éclaté entre les deux élèves, âgés de 18 ans. Selon une de leurs camarades, qui dit avoir assisté à la scène, le différend aurait concerné la soeur de la victime. L’un des deux jeunes aurait alors porté un coup de couteau dans le thorax de l’autre, avant de prendre la fuite. Il était toujours recherché par la police vendredi midi. Les élèves «choqués» par l’agression Devant les grilles du lycée Darius-Milhaud, fermé pour l’après-midi, les élèves rassemblés faisaient part vendredi midi de leur «surprise» et du «choc» provoqué par la nouvelle de l’agression. «C’est arrivé à la récréation, dans un couloir du lycée. On est tous très choqués, on ne s’y attendait pas», a confié Tony, 17 ans, élève de seconde générale. D’après la mairie du Kremlin-Bicêtre, «il n’y a eu aucun incident notable dans cet établissement dans les années précédentes». Le maire MRC Jean-Luc Laurent «a longuement discuté avec le proviseur et doit se rendre sur place», a indiqué son secrétariat. Le lycée polyvalent Darius-Milhaud accueille 1.500 élèves dans des sections générales et professionnelles. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, et son confrère de l’Education nationale, Luc Chatel, doivent également se rendre vers 16 heures, vendredi, dans l’enceinte du lycée.
Publié par la rédaction le 8 janvier 2010 à 9:33
La France a finalement emboîté le pas au reste du monde pour renforcer la sûreté dans ses aéroports. Plusieurs scanners corporels vont être commandés pour les aéroports parisiens et devraient être opérationnels «d’ici à la fin du mois», selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). L’utilisation de cette technologie aurait permis de localiser les explosifs que portait à la jambe le Nigérian de 23 ans qui est monté à bord d’un avion de la compagnie Northwest au départ d’Amsterdam et à destination de Detroit le 25 décembre dernier. La généralisation des scanners corporels n’est pas à l’ordre du jour, car elle ne peut se faire que dans le cadre d’une évolution de la réglementation européenne. En revanche, Bruxelles autorise des expérimentations. Un test avait été programmé il y a moins d’un an sur l’aéroport de Nice. Il avait été abandonné face à la bronca des associations de défense des libertés individuelles. Cette technologie encore peu connue pose en effet plusieurs questions. Cliquez sur l’aperçu pour agrandir l’infographie • Qu’est-ce qu’un scanner corporel ? Cet appareil se présente comme un portique (voir notre infographie). • Est-il dangereux pour la santé ? Deux types de scanners corporels sont utilisés aux États-Unis. L’un utilise des ondes millimétriques qui s’arrêtent à la surface de la peau et identifie tout objet dissimulé sur la surface du corps. L’autre utilise le système X-Ray, comme dans les systèmes d’inspection de bagages, et pénètre sous la peau. Une exposition marquée ou régulière à ces ondes est nuisible à la santé. C’est le premier type de scanner, totalement inoffensif, qui sera utilisé dans les aéroports français. D’après la DGAC, ses ondes sont 500 fois moins puissantes que celles d’un téléphone portable. • Respecte-t-il l’intimité des passagers ? C’est le sujet de préoccupation des associations de défense des droits de l’homme. Selon la DGAC, toutes les précautions ont été prises pour respecter l’intimité des passagers. L’agent ne voit pas apparaître à l’écran un corps dénudé mais un androïde reconstitué en trois dimensions dont l’identité lui est masquée. De plus, le portique est agencé de telle façon que l’agent ne voit pas la personne en train de se faire scanner. Il ne peut donc pas faire le rapprochement entre un passager et l’image qui s’affiche sur son écran. Les parties génitales et le visage seront floutés sur l’écran. Enfin, comme pour les palpations aux portiques de sécurité, ce seront des hommes qui contrôleront des hommes et des femmes qui contrôleront des femmes. • Sera-t-il obligatoire ? Tant qu’aucune décision n’a été prise au niveau européen et que le scanner corporel n’est utilisé qu’à titre expérimental, il n’est pas obligatoire. Les passagers pourront toujours choisir la traditionnelle palpation manuelle. «Nous proposons un système plus rapide, moins gênant et plus sûr en lieu et place d’un système plus intrusif quand les palpations sont bien faites et moins sûres du fait d’une potentielle faille humaine», explique-t-on à la DGAC. En Angleterre et en Allemagne où de tels dispositifs sont testés depuis respectivement un an et neuf mois, 98 % des passagers acceptent de passer au scanner corporel. • Renforcera-t-il la sûreté ? Cette technologie permet de voir toute matière dissimulée à la surface du corps : couteau même en céramique, poudre à explosifs… Associé au système X-Ray qui, lui, est utilisé pour contrôler les bagages à main, il rend quasi impossible le passage d’armes ou d’objets dangereux. • La France peut-elle s’en procurer rapidement? Les autorités sont plus discrètes sur ce sujet. Outre la France, plusieurs pays ont déjà passé commande du matériel qui coûte 100 000 à 150 000 euros : les États-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le Nigeria et bientôt l’Allemagne. Il n’y a pas de fabricant de scanner corporel en France. ADP devrait passer commande au Britannique Smith Detection ou à l’américain Rapiscan System. LIRE AUSSI » L’Europe peine à s’accorder sur la sûreté aérienne » Des contrôles toujours plus draconiens dans les aéroports » Les scanners corporels devraient attendre quelques années
Publié par la rédaction le 7 janvier 2010 à 23:39
La rencontre était annoncée sur l’agenda de l’UMP mais pas dans celui de Matignon. François Fillon la souhaitait discrète, Xavier Bertrand, lui, était prêt à en faire la publicité… avant de se raviser à l’issue de la réunion. Le premier ministre a reçu mercredi le secrétaire général de l’UMP pour une heure d’entretien sur l’épineuse question du mode de scrutin des élus territoriaux. Épineuse car la solution retenue par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux crée beaucoup d’insatisfaction. «Je sais ce que souhaite le gouvernement, mais, ici, je ne sens pas aujourd’hui, je le dis clairement, de majorité !» Lancée le 17 décembre dernier, la menace du président du Sénat, Gérard Larcher, continue de peser sur la majorité en cette veille de rentrée parlementaire. Bien que la question du mode de scrutin ne soit pas explicitement à l’ordre du jour du Parlement, elle sera dans toutes les têtes lors du débat sur la réforme des collectivités territoriales, qui sera lancé le 19 janvier au Sénat. Dans les textes présentés, le gouvernement précise la nouvelle organisation des départements et des régions qui doivent être animés par les mêmes élus en 2014. Les conseillers territoriaux de chaque département siégeront également à l’assemblée de leur région, remplaçant du même coup conseillers généraux et conseillers régionaux. Pour élire ces doubles représentants, le ministère de l’Intérieur a concocté un mode de scrutin panaché inédit en France. Dans chaque département, 80 % des conseillers territoriaux sont élus au scrutin uninominal organisé par canton, comme le sont aujourd’hui les conseillers généraux. Mais au terme d’un seul tour au lieu de deux, le candidat arrivant en tête, même avec une majorité très relative, étant élu. Les voix exprimées en faveur des candidats battus sont reversées dans un pot commun au niveau départemental pour pourvoir aux 20 % des sièges restant, à la proportionnelle, sur la base de liste. Un sort à la parité Ce scrutin favorise ainsi très largement les formations capables de réunir sur leur nom et en un tour le maximum de voix, comme l’UMP qui y est parvenue lors des européennes. Pour les partis associés comme le Nouveau Centre ou le PRG, la situation est plus compliquée. Soit ils parviennent à imposer leur candidat dans le cadre d’un accord, soit ils présentent un candidat concurrent pour décrocher des sièges à la proportionnelle, au risque de faire perdre leur camp. La stratégie qu’impose ce mode de scrutin est loin de faire l’unanimité à droite. À l’UMP, certains s’inquiètent d’un «laminage» des petites formations. Au Nouveau Centre, où l’on réclame depuis longtemps l’introduction de la proportionnelle, on souhaite que la part des élus sur liste soit plus importante. Mais cette prime à la proportionnelle pourrait inciter à multiplier les listes concurrentes… Ce mode de scrutin fait par ailleurs un sort à la parité qui régnait jusqu’à présent dans les assemblées régionales et réduit la représentation obligatoire des femmes à la moitié des sièges répartis à la proportionnelle, soit 10 % des élus. Il conduit également à une forte politisation des élus cantonaux, puisque chaque candidat devra se revendiquer d’une formation dans le cadre de la représentation de liste. Enfin, il pose plusieurs questions sur sa constitutionnalité ou sa simple mise en pratique dans le cadre de partielles (lire nos éditions du 16 décembre). Reçu à l’Élysée le 23 décembre, Gérard Larcher a d’ailleurs «senti que Nicolas Sarkozy était prêt à évoluer» sur cette question. Dans l’entourage du président, on fixe les marges de manœuvre : «soit on introduit une part de proportionnelle et le scrutin est à un tour, soit on conserve les deux tours mais il n’y a plus de proportionnelle». Xavier Bertrand, pour sa part, pose que le sujet «n’est pas et ne doit pas devenir un sujet de discorde au sein de notre famille politique» : «Ce n’est de toute façon pas le cœur de la réforme», ajoute-t-il. «Fillon et Bertrand peuvent se rencontrer autant qu’ils le souhaitent, ironise un responsable de la majorité, la partie se joue entre le président et les groupes.» Gérard Larcher avait sonné le tocsin, la majorité est-elle prête à sonner le glas pour le mode de scrutin des territoriales ? LIRE AUSSI » Collectivités : Sarkozy réduit le nombre d’élus locaux » Scrutin territorial : l’avertissement de Larcher » INTERVIEW - «La réforme territoriale est bonne pour l’emploi»
Publié par la rédaction le 7 janvier 2010 à 20:22
Combien la France aura-t-elle dépensé au total pour relancer son économie entre 2009 et 2010 ? Le budget affecté à la mission relance s’élevera sur deux ans à 38,8 milliards d’euros… 29 milliards ont été dépensés l’an dernier, il en reste un peu moins de dix pour 2010. Cela correspond à près de 2% du PIB. Cette somme exclut les autres fonds débloqués dans le cadre de plans spécifiques tels que les aides aux banques, à l’automobile, au logement ou encore les mesures en faveur des PME. La France a donc déjà mis sur la table 75 % des sommes consacrées à relancer son économie. Cela signifie qu’elle dispose pour 2010 de moins de ressort que l’Allemagne par exemple qui n’en a consommé que 25 %… C’est au contraire parce que nous avons fait beaucoup l’an dernier que la France est le pays qui a le mieux résisté à la crise. Je vous rappelle que la récession française a été de 2,2% en 2009, alors qu’elle a atteint 4 % en Europe… et même 5 % chez nos voisins allemands. La moral de l’histoire, c’est que notre plan -tourné vers l’investissement- était le bon. Grâce à cela, nous partons de moins loin pour 2010. En outre, s’il est vrai que les autres pays ont encore la grosse majorité de leur plan de relance à mettre en oeuvre, cela nous permettra de bénéficier de leurs efforts, via notre commerce extérieur. Enfin, les effets de notre plan vont monter en puissance cette année : 75 % des sommes sont engagées, mais elles ne sont pas toutes payées. Certains chantiers, par exemple, n’ont reçu que des accomptes. Idem pour le remboursement anticipé de la TVA aux collectivités ; la moitié des sommes -qui doivent au total servir à financer 54 milliards d’investissement- seront payées cette année. A vous entendre, il n’y a donc plus de raisons de s’inquiéter ? Bien sûr que si. Notre principale préoccupation maintenant, c’est l’emploi. D’ailleurs via le Fonds d’investissement social (Fiso) du plan de relance, l’enveloppe consacrée en 2010 à l’emploi -à travers le contrat de transition professionnel, chômage partiel, fonds d’expérimentation pour la jeunesse, etc- sera trois fois plus importante en 2010 qu’en 2009 et tournera autour de 2 milliards d’euros. Plusieurs mesures monteront en puissance, en particulier XXX. Selon nos estimations, volontairement prudentes, notre plan aura permis de sauvegarder ou de créer environ 400 000 emplois en deux ans. Quels seront les chantiers emblématiques de la relance cette année ? Les 1200 chantiers ont été lancés l’an dernier et rien de nouveau, formellement n’est prévu. Parmi les plus empblématiques, je retiens les 50 millions d’euros consacrés au tunnel de Fréjus mais surtout le lancement en mars de la construction d’un bateau de projection et de commandement qui servira à lutter contre la piraterie maritime. Il sera réalisé par les chantiers de Saint-Nazaire, pour un coût de 420 millions d’euros et mploiera 1700 personnes. D’une façon générale, il nous reste en ce début d’année à accélerer les chantiers qui sont en retard. Je pense notamment aux CHS qui ne vont pas assez vite ou à certains logements Outre-Mer. Le président du conseil européen, Hermann Van Rompuy, a convoqué le 11 février prochain un sommet extraordinaire européen consacré à la relance. Que pensez vous de cette initiative ? Je félicite monsieur Van Rompuy pour cette excellente initiative. Je déplore qu’en 2009 la commission européenne n’ait joué aucun rôle de coordination entre les plans de relance. Les primes à la casse, par exemple, auraient gagnée à être mieux coordonnées. Quand nous l’avons lancée, on nous a taxés de protectionnisme, mais au final la moitié des états européens nous ont suivi, avec des montants différents. Nous aurions pû aussi mieux coordonner au niveau européen les sorties de ces primes à la casse. J’espère que le sommet du 11février permettra de prendre des mesures nouvelles, sous légide de la commission. Comment le plan de relance va-t-il s’articuler avec le futur grand emprunt dédié aux investissements d’avenir ? Le plan de relance était destiné à lutter immédiatement contre la crise. Nous n’avons pas créé de nouveaux investissements mais contribué à financer les projets déjà prêts mais qui ne trouvaient pas de capitaux. Le grand emprunt se situe dans une philosophie totalement différente : il doit définir de nouveaux projets d’investissement, ce qui nécessite de prendre du temps. Que deviendra le ministère de la relance fin 2010 ? C’est au président de la République d’en décider. Mon souhait est que la France sorte vite de la crise et que le plan de relance devienne, par voie de conséquence, inutile. Cela voudra dire que ma mission aura réussi.
Publié par la rédaction le 6 janvier 2010 à 22:17
Deux prisonniers ont pris en otage mercredi soir un surveillant dans une cellule de la prison d’Ensisheim, près de Mulhouse (Haut-Rhin). «Vers 17H45, deux détenus ont pris en otage un lieutenant. Ils sont retranchés dans une cellule. Ils le menaceraient avec un objet tranchant», a indiqué dans un bref communiqué Bernard Cabon, du syndicat de gardiens UFAP. Selon Eric Gemmerlé, du syndicat UFAP, les preneurs d’otage ont un temps menacé de couper le doigt de leur victime, un jeune lieutenant d’une trentaine d’années, père de famille. «La découverte d’un téléphone portable serait à l’origine de cette prise d’otage», selon Bernard Cabon.Les deux détenus, qui doivent encore purger 16 et 18 ans de réclusion, «seraient armés de lames de rasoir et de fourchettes» et «comptent chacun entre six et huit condamnations précédentes», selon le secrétaire général du syndicat de gardiens UFAP-UNSA, Eric Gemmerlé. Selon lui, «l’un des détenus demande son transfert dans un autre établissement, tandis que les motivations de l’autre restent floues». Selon une source proche de la gendarmerie, une unité du GIGN a été dépêchée sur place.«Le contact est établi avec les négociateurs de la gendarmerie nationale», explique le préfet du Haut-Rhin, Pierre-André Pleyvel. «Les négociateurs ont quelques éléments pour faire avancer la négociation. Toutes les conditions sont réunies, toutes les chances sont en place, pour que nous puissions dénouer la crise», a renchéri Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, plus tard dans la soirée. A Paris, le ministère de la Justice a évoqué dans un premir temps un seul preneur d’otage. La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a mis en place une cellule de crise à la direction de l’administration pénitentiaire.
Publié par la rédaction le 6 janvier 2010 à 17:22
Alors que l’épidémie de grippe H1N1 régresse en France et que la polémique enfle sur le coût de sa gestion, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a finalement annoncé que les médecins généralistes pourraient vacciner dans leurs cabinets comme ils le réclamaient depuis l’été. De quoi rajouter à la confusion des Français, de plus en plus nombreux à s’interroger sur l’utilité de se protéger contre une grippe qui ne paraît pas si méchante. Pour l’Organisation mondiale de la santé, la vaccination est toujours recommandée. «Il ne faut pas baisser la garde», a averti mardi une porte-parole de l’OMS, en précisant que «le nombre de pays touchés par la grippe pandémique continue d’augmenter » et que «les pays de l’hémisphère Nord se trouvent au milieu de l’hiver». Les spécialistes français sont sur la même ligne, préconisant la vaccination avant tout chez les personnes à risque (femmes enceintes, enfants, malades chroniques…) mais aussi chez les adultes sans antécédents médicaux particuliers. Initialement réservé sur le bien-fondé de protéger ces derniers, le Pr Paul Léophonte (Toulouse) assure que sa position a évolué. «Le vaccin a maintenant fait les preuves de son innocuité, il faut plus que jamais se vacciner, sans réserve», estime le pneumologue qui juge la polémique actuelle «mal venue». «Cinq millions de personnes ont été vaccinées et environ 10 millions ont été infectées, ce qui veut dire que trois quarts de la population française n’est pas protégée. Cela vaut la peine de continuer à vacciner», renchérit le virologue Claude Hannoun, prédisant que le virus H1N1 va probablement continuer à circuler pendant des mois. «On ne peut pas savoir quelle sera la virulence de l’éventuelle deuxième vague, le terme d’imprévisibilité doit toujours être prononcé avec les virus grippaux», ajoute le Pr Léophonte. De plus, selon lui, la vague actuelle n’est pas si bénigne. «Nous n’avons jamais eu autant de décès de femmes enceintes et d’enfants avec une grippe saisonnière, relève même le Pr Hannoun. On ne peut pas comparer les 200 décès annoncés en France avec ce H1N1, qui ne sont que des décès directs, et les 2 000 morts annuelles par grippe saisonnière.» Décision trop tardive Les 50 000 généralistes, dont beaucoup sont furieux d’avoir été jusqu’ici exclus du dispositif, l’entendront-ils de cette oreille ? «Nous n’avons pas d’état d’âme sur le choix qui a été fait de vacciner en masse. Nous proposerons donc le vaccin à tous nos patients, comme nous le faisons déjà depuis des mois», assure Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), principal syndicat de médecins libéraux. Il dénonce toutefois une décision trop tardive du ministère de la Santé, accusé de multiplier les volte-face. «Comme tous les médecins, j’ai des patients à risque qui n’ont pas pu aller dans un centre de vaccination et je vais m’occuper d’eux en priorité», souligne le Dr Vincent Renard, vice-président du Collège national des généralistes enseignants. Le CNGE se dit plus perplexe, à ce stade de l’épidémie et compte tenu de son profil, sur l’utilité de vacciner les adultes sans facteur de risque. LIRE AUSSI : » DOSSIER SPECIAL - Tout sur la grippe A » Grippe A : des millions de cas sans symptômes » «La peur des adjuvants n’est pas justifiée» » Vaccin H1N1: la liste des personnes prioritaires
Publié par la rédaction le 6 janvier 2010 à 15:27
Le problème des cartes bancaires en Allemagne n’est toujours pas résolu. Dans un communiqué publié ce mercredi, le fabricant français Gemalto, numéro un mondial des cartes à puces et l’un des plus gros fournisseurs des banques allemandes, se veut toutefois rassurant. Il indique que «le fonctionnement des cartes bancaires concernées est largement rétabli sur le territoire». Le remplacement des cartes ne sera pas nécessaire Le groupe précise qu’il a été informé de la situation le 3 janvier et qu’il a travaillé d’arrache-pied avec les banques allemandes pour «analyser et rétablir la situation». Une situation qui ne concerne pas d’autres pays que l’Allemagne, insiste-t-il. « Nous nous efforçons de minimiser la gêne occasionnée aux porteurs de carte. En notre qualité de partenaire, nous nous conformerons bien évidemment à nos obligations contractuelles, et continuerons à soutenir nos clients. Nous pensons pouvoir déployer rapidement avec les banques allemandes une solution qui permettra le retour complet à la normale», déclare Olivier Piou, directeur général de Gemalto, dans le communiqué. Les utilisateurs allemands devraient être soulagés. Selon Gemalto, ils n’auront pas à faire remplacer leurs cartes bancaires. Un tracas supplémentaire dont ils se passeraient certainement. «Gemalto et les banques allemandes développent actuellement ensemble une procédure corrective qui vise à éviter le remplacement des cartes concernées», assure le groupe français. Gemalto doit gérer correctement ce problème A 13h00 à la Bourse de Paris, le titre Gemalto perdait plus de 3%, passant sous la barre des 30 euros. Natixis note que l’Allemagne est un marché significatif pour Gemalto, même s’il n’est pas le plus important. Il représenterait environ 5% du chiffre d’affaires du groupe, selon les estimations de Natixis. C’est pourquoi, l’impact réel de ce problème sur les comptes de Gemalto devrait être «très limité» du point de vue financier, «au plus quelques millions». Surtout si Gemalto gère ce problème en développant une solution logicielle. Ce bug en reste donc à un «problème d’image» pour le groupe et ne remet pas en cause ses perspectives ni son leadership. Natixis maintient son opinion sur Gemalto à «renforcer» avec un objectif de cours à 33 euros. LIRE AUSSI » Bug de l’an 2010 : 20 millions de cartes bancaires paralysées
Publié par la rédaction le 6 janvier 2010 à 2:56
LIRE AUSSI » Posez vos questions à Jean-Marie Le Guen » Une proposition de loi UMP pour interdire la burqa » Voile intégral : le casse-tête d’une interdiction générale
Publié par la rédaction le 5 janvier 2010 à 6:39
La France revoit son plan anti-grippe A. Le gouvernement, qui avait lancé l’été dernier l’achat de 94 millions de doses de vaccins en prévision de l’épidémie de grippe A, vient en effet de résilier les commandes de 50 millions de doses de vaccins. «Ces commandes n’avaient été ni livrées ni payées, elles sont donc résiliées », a expliqué lundi soir la ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur TF1. «Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose », a affirmé la ministre, se défendant d’en avoir fait «trop ou pas assez». Elle a néanmoins insisté sur l’économie que va permettre selon elle la résiliation annoncée des commandes : «Plus de 350 millions d’euros», soit une «économie de plus de la moitié» de la somme totale. Estimant par ailleurs qu’il ne faut «pas relâcher la garde sur la vaccination», elle a annoncé que les médecins généralistes volontaires, autre sujet de polémique, pourront vacciner dans leur cabinet à partir de la semaine prochaine. La vaccination va également se poursuivre dans les centres de vaccination et doit continuer jusqu’à septembre prochain. Lundi, selon le ministère de l’Intérieur, le cap des 5 millions de Français vaccinés contre la grippe H1N1 devait seulement être franchi. Le PS exige les chiffres exacts des commandes L’intervention de la ministre répondait à la déferlante de critiques qui s’est abattue lundi sur le gouvernement, mettant en cause sa gestion de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. La nouvelle, dimanche, de la revente à l’étranger d’un certain nombre de vaccins excédentaires avait mis le feu aux poudres. Le PS, puis le Nouveau Centre, le NPA et le PC ont alors dénoncé une «gabegie» financière, au profit des laboratoires pharmaceutiques. Montrés du doigt, ces derniers (GSK, Sanofi Pasteur) se sont dits prêts à rediscuter leurs contrats avec le gouvernement. Malgré l’annonce de Roselyne Bachelot, l’opposition ne désarme pas. Le député PS Jean-Marie Le Guen, qui avait été le premier à réclamer une mission d’information parlementaire sur la gestion gouvernementale du plan de vaccination, estime que «c’est un fait avéré que notre pays est celui qui a dépensé le plus pour vacciner le moins». Le député de Paris continue d’exiger que «le gouvernement fournisse les chiffres exacts sur les commandes et les montants donnés en exemple». Dans la journée, le PS avait été plus loin en réclamant une commission d’enquête parlementaire, plus contraignante qu’une mission. François Bayrou (MoDem) s’était en revanche refusé «à jeter la pierre au fait qu’on ait pris des précautions». Un argument brandi depuis dimanche par la majorité pour justifier les commandes de cet été. Au cour de la réunion hebdomadaire des dirigeants de l’UMP à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a rappelé selon un participant que le pays a connu par le passé «beaucoup de crises sanitaires» et se doit de respecter le «principe de précaution». Message relayé par le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, qui a évoqué les polémiques comme le scandale du sang contaminé et plus récemment, la canicule meurtrière de 2003. Pour Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l’UMP, la volte-face du gouvernement lundi soir montre que «la polémique lancée par le Parti Socialiste était à la fois inutile et malveillante». » DOSSIER SPECIAL - Tout savoir sur la grippe A
Publié par la rédaction le 4 janvier 2010 à 6:08
Après l’Irak et l’Afghanistan, le Yémen ? L’Administration américaine se défend de vouloir lancer un nouveau front dans ce pays de la péninsule arabique, et Barack Obama se garde d’utiliser la rhétorique de «guerre contre le terrorisme». Mais tout indique que le président américain entend éradiquer le groupe al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqap), lequel multiplie les attaques depuis la fusion de ses branches yéménite et saoudienne il y a un an. C’est cette cellule qui a revendiqué l’attentat manqué du 24 décembre sur un avion assurant la liaison Amsterdam-Detroit. John Brennan, le conseiller antiterroriste du président, a déclaré dimanche que les États-Unis allaient «anéantir» al-Qaida, tout en affirmant n’avoir aucune intention de déployer des troupes «pour le moment» au Yémen . Dans un premier temps, Washington veut travailler de concert avec les autorités de Sanaa. «Le gouvernement yéménite fait preuve de bonne volonté pour combattre al-Qaida et est enclin à accepter notre aide. Nous fournissons tout ce qu’ils demandent. Ils ont vraiment progressé», a expliqué John Brennan. Plusieurs facteurs indiquent cependant que la tension sur place augmente. Dimanche, les États-Unis et le Royaume-Uni ont fermé leurs ambassades respectives à Sanaa en raison de la crainte d’un attentat. Samedi, Barack Obama a consacré l’essentiel de son intervention radio à la branche locale d’al-Qaida, la citant pour la première fois publiquement. Il confirme ainsi les revendications de celle-ci, promettant qu’elle devra rendre des comptes pour la tentative d’attentat contre le vol 253. «Tous ceux qui sont impliqués dans l’attaque terroriste manquée de Noël doivent le savoir : vous devrez en répondre», a-t-il averti. Visite surprise de Petraeus Dans un effort destiné à apaiser les Américains et à battre en brèche les accusations des républicains le décrivant comme «faible» dans la lutte contre le terrorisme, le président a rappelé ses propos tenus lors de son investiture. Il avait alors parlé des États-Unis comme étant «toujours en guerre» et avait promis de «n’épargner aucun effort pour vaincre» la nébuleuse terroriste. Samedi, il a également fait allusion à de récents succès, sans toutefois mentionner les attaques aériennes contre les bases d’al-Qaida au Yémen les 17 et 24 décembre dernier. «Des camps d’entraînement ont été touchés, des leaders éliminés, des attentats évités», a-t-il affirmé, rappelant que de «nombreuses vies» américaines avaient été sauvées grâce aux efforts des États-Unis et de leurs alliés ces derniers mois. John Brennan s’est fait plus précis dimanche : «Nous avons des renseignements solides qui indiquent qu’al-Qaida est en train de former des hommes au Yémen.» Le commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, le général Petraeus, a fait, quant à lui, une visite surprise samedi au président yéménite, Ali Saleh, officiellement pour le féliciter de ses efforts et pour annoncer un doublement de l’aide à son pays estimée à 70 millions de dollars en 2009. Le Royaume-Uni se joindra aux États-Unis dans ce soutien, pour former notamment une unité spéciale antiterroriste et protéger les frontières. Un sommet consacré au Yémen aura lieu le 28 janvier à Londres. Mardi, Barack Obama consacrera sa réunion spéciale avec les chefs des agences de sécurité à l’attentat manqué de Noël et à la situation dans ce pays arabe. Les attaques récentes de drones (avions sans pilote) montrent la détermination des États-Unis d’éradiquer al-Qaida et laissent présager de nouveaux raids. Mais le problème dépasse les frontières du Yémen, avec des ramifications en Somalie, en Arabie saoudite et dans toute la région. LIRE AUSSI » INFOGRAPHIE - Al-Qaida s’est transformé en «label» terroriste
Publié par la rédaction le 4 janvier 2010 à 1:30
«Quand je me vois, je me désole, quand je me compare, je me console» : voilà, dressé par un cadre du parti, le bilan en demi-teinte de 2009 pour l’UMP. L’année avait commencé en fanfare, au conseil national du 24 janvier où Xavier Bertrand a pris les rênes du parti. Grisé par les déboires du Parti socialiste au congrès de Reims, Nicolas Sarkozy était venu célébrer à la Mutualité «la plus belle preuve d’ouverture» qui soit avec la nomination d’Éric Besson au poste de secrétaire général adjoint. Non sans faire grincer les dents de certains caciques. Pour 2009, le parti présidentiel s’était donné une priorité : faire oublier les désastreuses élections municipales de 2008. L’occasion de la revanche est venue avec les européennes. Au terme d’un douloureux processus d’élaboration des listes, faisant la part belle aux alliés - du Nouveau Centre à la Gauche moderne -, la majorité recueille 27,9% des suffrages, plus de 10 points d’avance sur les listes du PS et celles des Verts. «Nicolas Sarkozy sait nous faire gagner les élections», conclut Xavier Bertrand. De ce résultat, plus que probant pour une élection à un tour, l’Élysée tire une stratégie, celle du «rouleau compresseur» : faire le plus haut score possible au premier tour afin que la «dynamique» créée permette de l’emporter au second. Ce qui implique le «rassemblement» maximum, autrement dit des listes communes de la majorité partout. Dans la perspective des régionales de mars 2010, ce choix tactique mobilise aujourd’hui le parti. Imaginé au lendemain des municipales, le comité de liaison de la majorité est créé en avril en regroupant le Nouveau Centre, la Gauche moderne et les Progressistes autour de l’UMP et de ses partis fondateurs, le Parti radical et le Parti chrétien-démocrate. En juin, au lendemain des européennes, le comité s’est étendu au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et à Chasse, pêche, nature et traditions, tous soumis à la règle des listes uniques. Reste à transformer l’essai aux régionales et à faire mentir les sondages qui donnent ces listes en tête au premier tour et, généralement, battues au second. Même gagnées de justesse, comme à Rambouillet, les législatives partielles en 2009 ont validé cette stratégie. «Préparer les prochaines générations politiques Pour se donner toutes ses chances, l’UMP cherche également à approfondir sa politique en faveur de la diversité et du renouvellement. «Il faut préparer les prochaines générations politiques», a donné pour consigne Nicolas Sarkozy. À cette fin, Xavier Bertrand sillonne la France au rythme de deux à trois déplacements par semaine depuis janvier, occasions pour lui de rencontrer les élus et les aspirants à l’élection. «Sur les 22 régions, il y a 19 nouvelles têtes de liste, explique-t-il. En 2004, il y avait une seule femme tête de liste régionale, il y en aura six cette fois-ci.» Ce renouvellement à marche forcée doit permettre à l’UMP de présenter de nouveaux visages dans la perspective des législatives de 2012. «Les parlementaires de la majorité, aujourd’hui, sont quasiment tous le produit des années Chirac, précise un cadre du parti. Nicolas Sarkozy souhaite voir émerger une génération plus à sa main.» D’ici là, il faudra passer l’écueil des régionales. Même si l’UMP l’emporte dans une poignée de régions (Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Centre et Basse-Normandie représentent les meilleurs espoirs à droite), une majorité des vingt-six assemblées pourrait rester à gauche. Il n’est pas impossible non plus que l’opposition l’emporte en Corse ou en Alsace, victoires très symboliques puisque ce sont les deux seules régions à droite depuis 2004. Xavier Bertrand, qui effectuera des déplacements de 36 heures dans chacune des régions à partir de janvier, le répète à l’envi : «Chaque région gagnée sera une victoire.» Il serait difficile de mieux se préparer au pire. Des militants moins nombreux La désaffection des militants inquiète au plus haut point. Fin 2007, porté par l’élection présidentielle, le parti recensait quelque 370.000 cartes. Début 2008, on en dénombrait encore très officiellement 270.000. En novembre, le nombre de militants est tombé à 228.740. Une contre-performance que le secrétaire général de l’UMP relativise en attendant la mise à jour des cotisations. Reste que la route sera très longue pour Xavier Bertrand, qui s’est engagé en janvier dernier à dépasser les 500.000 adhésions d’ici à 2012. Pour susciter les vocations militantes, l’UMP pariait notamment sur la mise en place de son nouveau site Internet participatif, Les créateurs de possibles, prévue en juin, puis en novembre. Le projet, conçu par l’agence de communication Isobar et supervisé par Christophe Lambert, n’a pas encore vu le jour.
Publié par la rédaction le 30 décembre 2009 à 0:22
Coup de théâtre au Conseil constitutionnel. Mardi soir, c’est ni plus ni moins le pilier du budget 2010 que les Sages ont retoqué en décidant d’annuler la taxe carbone dans son intégralité. Dans leur décision, les juges constitutionnels - saisis la semaine dernière par les parlementaires socialistes - ont estimé que la loi créait trop d’exemptions, ce qui est «contraire à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique» et crée une inégalité face à l’impôt. «Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone», en raison de ces multiples exemptions, ont-ils argumenté. Dans le détail, le Conseil constitutionnel a ainsi souligné qu’«étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, les émissions des 1018 sites industriels les plus polluants» (raffineries, cimenteries, cokeries…), «les émissions du transport aérien» ou encore «celles du transport public routier de voyageurs». «Ces exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone», selon le texte. La taxe aurait donc «porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l’une des sources d’émission de dioxyde de carbone». Peu de temps après la publication de la décision des Sages, Matignon a annoncé que François Fillon présentera le 20 janvier en conseil des ministres un nouveau dispositif tenant «pleinement compte des observations du Conseil constitutionnel». Le premier ministre maintient cependant que «cette contribution est nécessaire pour orienter les comportements des entreprises et des ménages en matière de consommation d’énergie et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre». Le cabinet de Jean-Louis Borloo a pour sa part indiqué que le ministre de l’Ecologie et du Développement durable réagirait mercredi à cette invalidation. Une mesure chère au chef de l’Etat Voulue par Nicolas Sarkozy, cette taxe, rebaptisée «contribution carbone» par le Sénat, était une mesure phare du projet de budget 2010. Au total, elle aurait dû se traduire par 4,1 milliards d’euros de recettes fiscales l’an prochain, dont 2,2 milliards payés par les ménages. Le chef de l’Etat lui-même l’avait présentée comme une «révolution fiscale» et un «virage majeur» afin de «modifier durablement» les comportements des Français. La taxe visait à inciter les individus à réduire leurs émissions de CO2 en s’appliquant à la consommation d’énergie des ménages et des entreprises, avec une compensation pour les particuliers. Pour les entreprises, la taxe carbone devait se substituer à la taxe professionnelle, dont l’abandon a en revanche été validé par le Conseil constitutionnel. Selon les calculs de l’Insee, son entrée en vigueur - prévue au 1er janvier - devait avoir pour effet une augmentation générale des prix de 0,3% au premier trimestre 2010, et une hausse d’environ 4 centimes par litre d’essence à la pompe. Fixée à 17 euros la tonne de dioxyde de carbone (CO2), elle avait toutefois soulevé d’importantes contestations à gauche, mais aussi à droite, où certains dénonçaient l’instauration d’un nouvel impôt. LIRE AUSSI » DOSSIER SPECIAL - La taxe carbone » Les deux tiers des Français rejettent la taxe carbone
Publié par la rédaction le 29 décembre 2009 à 7:21
Combien de personnes ont-elles déjà été infectées par le virus de la grippe H1N1 ? Sans doute beaucoup plus que ce que l’on croyait jusqu’à présent, si l’on tient compte des formes asymptomatiques. Dans chaque épidémie, les réactions individuelles à l’infection sont différentes, les uns souffrant de symptômes graves, voire mortels, d’autres ne présentant que très peu ou pas du tout de troubles. Dans l’épidémie actuelle liée au virus H1N1, s’il est facile de recenser les personnes atteintes d’une grippe clinique, il est plus compliqué de débusquer celles ayant été contaminées sans symptôme. Une étude visant à doser dans le sang systématiquement les anticorps contre le virus H1N1 vient d’être conduite à Marseille chez des femmes enceintes. Les premiers résultats pour cette tranche d’âge de 20-39 ans révèlent que pour une personne ayant consulté pour grippe, quatre ont été infectées. Si l’on extrapole grossièrement ce qui n’est pas prudent, selon les experts ces résultats à toute la population, près de 20 millions de personnes en France auraient déjà été infectées par le H1N1, puisque près de cinq millions de Français ont déjà consulté pour grippe depuis septembre. Ces travaux réalisés sous l’égide de l’École des hautes études en santé publique invitent à revoir à la baisse le risque de décès lié au H1N1 et indique que désormais une part importante de la population est déjà immunisée. L’étude sur la surveillance de la séroprévalence, réalisée par l’unité des virus émergents (université Aix-Marseille) dirigée par le Pr Xavier de Lamballerie, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire, vise donc à connaître l’importance de la contamination asymptomatique liée au H1N1. Dans ce but, à Marseille, 500 femmes enceintes, au premier trimestre de la grossesse, chaque semaine, se voient proposer, en même temps que la recherche de toxoplasmose ou rubéole, un test pour détecter les anticorps contre le H1N1, si elles n’ont pas été encore vaccinées. Les résultats préliminaires ont été donnés dans la revue en ligne PLoS Current Influenza, le 27 décembre. «Cette surveillance sérologique nous a permis de constater que, pour la semaine 49 (première semaine de décembre, NDRL), 10 % des femmes enceintes d’âge compris entre 20 et 39 ans présentaient des anticorps consécutifs à une infection récente par le virus pandémique H1N1, explique le Pr Antoine Flahault, cosignataire de l’étude et expert en santé publique. Le réseau de surveillance Sentinelle la même semaine montre que seulement 2 % de la population générale dans cette tranche d’âge a consulté un médecin pour grippe clinique. Cela nous permet de dire qu’il y aurait beaucoup plus de personnes contaminées que ce que mesure le réseau Sentinelle, soit parce que ces personnes n’ont pas eu ou peu de symptômes, soit parce qu’elles ont été grippées, sans consulter leur médecin.» Ainsi, dans cette tranche d’âge, sur 10 personnes ayant été infectées par le virus, seules deux ont été repérées par le système de surveillance et huit (quatre fois plus) ne l’ont pas été. «C’est beaucoup plus que dans la grippe saisonnière pour laquelle on a calculé qu’une personne sur deux est asymptomatique», ajoute le professeur Flahault. Ces données ont été obtenues pour la tranche des 20-39 ans plus souvent infectées que les plus âgées. Néanmoins, si l’on extrapole ces chiffres à la population générale et non plus seulement aux 20-39 ans, on aboutit à 20 millions de français déjà infectés par le virus (5 millions de consultations pour grippe ont été recensées depuis le début de l’épidémie). «Il faut être très prudent et attendre d’avoir des chiffres plus précis, dont on devrait disposer bientôt, avant de faire ces extrapolations, assure le Pr Xavier de Lamballerie. Même si les données sont convergentes pour dire qu’il y a avec le H 1N1 plus de formes asymptomatiques qu’avec la grippe saisonnière.» L’Institut de veille sanitaire, dans son «Bulletin épidémiologique hebdomadaire» publié le 24 décembre avec des extrapolations différentes, estime que le nombre de personnes déjà immunisées contre le virus H1N1, soit par l’infection ou la vaccination, serait compris entre 11,2 et 18,1 millions de personnes. C’est d’ailleurs cette masse de personnes désormais immunisées qui exercerait un effet «barrage» expliquant le début de la décrue de l’épidémie. D’autres enquêtes de séroprévalence menées aux États-Unis et en Grande-Bretagne dont les résultats vont apparemment dans le même sens devraient bientôt être publiées. Ces travaux devraient entre autres inciter à revoir nettement à la baisse le taux de mortalité attribuable au virus H1N1. Dans chaque épidémie, les réactions individuelles à l’infection sont différentes, les uns souffrant de symptômes graves, voire mortels, d’autres ne présentant que très peu ou pas du tout de troubles. LIRE AUSSI » DOSSIER SPECIAL - Tout savoir sur la grippe A » Virus H1N1 : les décès liés à plusieurs types de lésions » Grippe A : seulement 7% de Français vaccinés
Publié par la rédaction le 28 décembre 2009 à 21:05
L’attentat manqué du vol 253 relance à Paris le plan de sûreté des transports aériens concocté par Brice Hortefeux. Le ministre de l’Intérieur veut profiter de la période charnière de la nouvelle année pour faire avancer au niveau européen son projet de contrôle renforcé des passagers sur les vols internationaux. En voici les axes forts. • Transmission des données passagers dès la réservation des billets À ce jour, les informations réclamées aux compagnies sont uniquement recueillies lors de l’embarquement, c’est-à-dire aux comptoirs des vols, lorsque l’individu se présente avec ses papiers. Ces données dites Apis (advanced passenger information system) correspondent aux éléments d’identité usuels (nom, prénom, âge, date et lieu de naissance) que l’on trouve notamment sur le passeport. Mais le nouveau système interviendrait plus en amont. À l’instar de ce qui se pratique déjà aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001, Paris veut une procédure de PNR (personal name record). Cette fois, les données seraient recueillies non pas à la va-vite dans la bousculade des salles d’embarquement, mais dès la phase de réservation des billets. Que celui-ci soit commandé en agence ou via Internet. Avec des informations aussi précises que le moyen de paiement, l’adresse de facturation, les numéros de téléphone et adresses électroniques des passagers, le lieu de réservation et le nom de l’agent de voyage. Autant de fils à tirer en cas de problèmes ou de soupçons. Le nouveau système vaudrait pour toutes les compagnies desservant la France, y compris Air France, et au-delà l’Europe. Brice Hortefeux sait qu’il peut compter sur l’appui de ses homologues espagnols, italiens et britanniques dans ce combat. Il espère voir avancer le projet à grands pas à compter du 1er janvier prochain, dès que l’Espagne aura décroché la présidence du Conseil de l’Union. • Échange européen de données pour les vols en correspondance «Les kamikazes, comme Richard Reid ou le Nigérian du vol 253, prennent toujours des vols avec correspondances», constate un expert à l’Intérieur. Ils savent que seuls les vols directs sont concernés par l’obligation d’information sur les passagers. Paris milite donc pour que les données transmises concernent également toutes les personnes qui ont pu transiter par un pays ami (un Lagos-Amsterdam-Paris, par exemple). Les Européens devront apprendre à communiquer entre eux. • Amendes contre les compagnies défaillantes des pays à risques Au-delà de ce dispositif de portée générale, pour certains pays à risques, Brice Hortefeux a décidé, sans attendre, que, à compter du 1er janvier 2010, les compagnies aériennes qui négligent ou refusent de transmettre à l’avance aux autorités françaises la liste de leurs passagers seront systématiquement verbalisées par la police aux frontières (PAF). Elles devront s’acquitter d’une amende de 50 000 euros, particulièrement dissuasive. Celle-ci n’était jamais réclamée. Elle avait été prévue dans le cadre de l’expérimentation de nouvelles mesures antiterroristes adoptées en 2006. Les pays concernés étaient alors le Yémen, la Syrie, le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. L’expérience devait durer deux ans. Elle a été prorogée en janvier dernier et étendue depuis le 19 février à l’Algérie et au Mali. • Élargissement de la liste des zones à risques Brice Hortefeux envisage maintenant d’inclure d’autres pays. En s’inspirant d’une liste définie par l’Unité de coordination et de lutte antiterroriste (Uclat). Ce ne sont plus sept mais trente pays dont les compagnies aériennes seraient alors contraintes de livrer les informations sur les personnes voyageant dans leurs avions à destination de la France. Cette liste reste classifiée. Mais celle du ministre, que l’Élysée et Matignon regarderont de près, comptera, à n’en pas douter, nombre de pays où les intérêts français ont été menacés ces dernières années. LIRE AUSSI » Attentat : le Nigérian inculpé se revendique d’al-Qaida » Tentative d’attentat contre un avion américain » Roissy perturbé par les nouvelles mesures de sécurité
Publié par la rédaction le 28 décembre 2009 à 15:39
Rester assis sans objet sur les genoux pendant la dernière heure de vol. C’est la dernière consigne de sécurité adoptée par Singapore Airlines à la suite de la tentative d’attentat de vendredi dernier. L’incident du vol Amsterdam-Detroit a entraîné un durcissement immédiat des mesures de sécurité dans les aéroports du monde entier. Mais les récentes décisions ne sont qu’une nouvelle étape dans une course à la sûreté engagée depuis plusieurs années. Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les contrôles n’ont cessé d’être renforcés. Et les expérimentations se succèdent dans les aéroports. L’aéroport de Schiphol, à Amsterdam, fait figure de pionnier en la matière. Le scanner corporel y est ainsi testé depuis 2008. L’appareil envoie une décharge d’ondes radio haute fréquence qui dessine les contours du corps du voyageur et permet de détecter immédiatement tout objet dissimulé. Une technologie que les experts décrivent comme très efficace. «Tant que les rayons X ne seront pas remplacés par des scanners corporels pour inspecter les passagers, le danger ne sera pas écarté», expliquait ainsi Douglas R. Laird, l’ancien directeur de la sécurité de Northwest Airlines, au lendemain de la tentative d’attentat de vendredi. «Parce que si vous n’utilisez pas un scanner corporel, vous ne pouvez pas savoir ce qu’une personne a sous ses vêtements». La mode du biométrique Mais la précision de l’appareil est à la fois un atout et un défaut majeur. Car une utilisation peu scrupuleuse du scanneur pourrait donner lieu à des dérives voyeuristes. C’est d’ailleurs ce que lui reprochent une partie des députés européens qui doivent légiférer sur le sujet. Certains parlementaires s’inquiètent aussi des conséquences que pourraient avoir les radiations sur la santé des passagers. Pour le moment, l’utilisation du scanner corporel en Europe n’a pas été prononcée. «Aucune décision n’a été prise du côté de Bruxelles», indique-t-on lundi à la direction générale de l’aviation civile. «Mais il est certain que l’événement de vendredi va relancer le débat». La biométrie a aussi fait son apparition dans de nombreux aéroports. Depuis 2004, aux Etats-Unis, existe le système US Visit, qui enregistre les empreintes digitales et la photographie de tous les étrangers qui atterrissent sur le territoire américain. D’après le département de la sécurité américain, 14 400 visiteurs étrangers posent ainsi chaque jour leurs empreintes à l’aéroport John-Fitzgerald-Kennedy de New York. Un système qui a été importé en France en 2006, à une échelle moindre : une expérimentation a été menée à l’aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, mais elle ne concernait que les passagers volontaires. Dans le même registre, le scan d’iris est de plus en plus pratiqué. Il a notamment été testé à l’aéroport d’Heathrow (Londres) ainsi qu’à Amsterdam. Si elles concernent en premier lieu le contrôle des passagers, des technologies ont aussi été mises au point pour améliorer le suivi des bagages. Ainsi, depuis 2006, l’utilisation d’étiquettes radio-fréquences (RFID) se généralise dans les aéroports. Cette innovation, développée par IER, une entreprise française spécialisée dans la sécurité appartenant au groupe Bolloré, permettent un traçage complet des bagages. Une puce intégrée dans une étiquette permet de localiser les bagages enregistrés avec plus précision que le traditionnel code-barres. La technologie est actuellement utilisée à l’aéroport Charles de Gaulle ainsi qu’à Amsterdam. LIRE AUSSI » L’attentat manqué met en alerte les aéroports VOS TÉMOIGNAGES - La sécurité dans les aéroports a été renforcée ce week-end. Vous avez une anecdote à raconter à propos d’un contrôle de sécurité dans un aéroport, vous avez réussi à faire passer des objets interdits ou au contraire vous êtes restés bloqués à cause d’un malentendu ? Racontez-nous vos expériences dans les commentaires ci-dessous ou par mail à temoin@lefigaro.fr
Publié par la rédaction le 27 décembre 2009 à 17:13
Pour leurs vacances d’hiver, les Français sont-ils plus neige que soleil ? «La neige l’emporte sur le soleil pendant les vacances scolaires (fêtes de fin d’année, février et Pâques), surtout quand elle est au rendez-vous, répond au Figaro Christian Mantei, directeur général d’Atout France, l’agence publique de développement touristique de la France. En dehors des vacances scolaires, c’est l’inverse car les couples sans enfant partent vers des destinations soleil.» Bilan des courses ? «Comme les familles pèsent plus lourd dans la fréquentation globale, les Français partent plus à la neige qu’au soleil l’hiver», déclare Christian Mantei . Au Club Med, c’est 50-50 : la clientèle se répartit de manière égale entre les villages à la neige et ceux au soleil, mais février est traditionnellement un mois de ski. La tendance se confirme chaque année. Les sports d’hiver restent cependant réservés à quelques privilégiés. Seulement 3 % des Français envisagent de passer leurs vacances de Noël à la montagne, selon Atout France. Une tendance relativement stable. Ils y resteront moins d’une semaine (4,7 nuits en moyenne), en logeant surtout chez des proches. «La majorité des Français passent leurs vacances de Noël en famille ou chez des amis, plutôt à la campagne ou dans leur région d’origine, constate Alain de Mendonça, directeur général du site Promovacances. Ceux qui partent l’hiver vont surtout à la neige mais sans passer par une agence. Ils réservent une location en direct ou sur Internet.» Hausse des réservations L’hiver, les agents de voyages vendent donc surtout des séjours au soleil. «Les séjours aux sports d’hiver ne représentent que 15 % de nos ventes d’hiver, précise Georges Colson, le président du Snav, le Syndicat national des agences de voyages. Traditionnellement, l’hiver, les Français privilégient les destinations soleil où les formules tout compris en club sont généralement moins chères qu’un séjour au ski.» Selon René-Marc Chikli, président du Ceto, l’association des tour-opérateurs français, 860 000 Français devraient acheter un séjour (soleil et neige) cet hiver. Sur ce total, un tiers devrait rester en France, essentiellement à la montagne. Comment se présente la saison ? «Dans l’ensemble, les réservations d’hiver sont en hausse de 20 à 30 % par rapport à l’an dernier, se félicite René-Marc Chikli. Pour le long-courrier, les destinations les plus recherchées sont l’île Maurice, puis les Seychelles et les Maldives. Le Kenya redémarre aussi. En revanche, les réservations au ski se vendent moins vite que l’an dernier.» Georges Colson est pourtant optimiste. Au Snav, il constate une hausse des réservations de 12 % tous massifs confondus, après une saison 2009 très bonne, avec beaucoup de neige. «En 2003, 2004 et 2005, la fréquentation avait baissé de 30 % chaque année, se souvient-il. Le ski était un peu passé de mode et il avait manqué de neige. Depuis, l es stations font davantage de publicité et de promotions. La demande repart.»
Publié par la rédaction le 26 décembre 2009 à 22:51
Quelles étaient les motivations du jeune Nigérian qui a tenté, vendredi soir, d’actionner un engin explosif dans un avion de la compagnie américaine Northwest Airlines ? Samedi soir, le procureur fédéral a accusé Umar Farouk Abdulmutallab d’avoir «tenté de détruire un avion Northwest Airlines en approche finale de l’aéroport de Detroit le jour de Noël, et d’avoir introduit un explosif à bord de l’appareil». «Si cette tentative présumée de détruire un avion avait réussi, de nombreuses personnes innocentes auraient été tuées ou blessées», a déclaré le ministre de la Justice, Eric Holder. Sérieusement brûlé après sa tentative d’attentat, le jeune homme de 23 ans est pour l’instant hospitalisé sous la garde des enquêteurs dans un établissement d’Ann Arbor, dans le Michigan. Il devait être présenté pour la première fois à un tribunal dans la journée. Des ordres venus du Yemen Déjà interrogé par le FBI, il aurait «abondamment parlé», selon CNN. Il aurait ainsi revendiqué des liens avec al-Qaida et indiqué avoir pris ses ordres au Yemen. Selon des enquêteurs cités par ABC, les dirigeants de la mouvance terroriste auraient cousu les éléments d’une petite bombe de 80 grammes de penthrite, un puissant explosif, dans les sous-vêtements du suspect. Tout au long de la journée, les forces de police et les services de renseignement de plusieurs pays se sont activées pour retracer le parcours du suspect, dans ce qui est devenu une vaste enquête internationale. Fils de l’ancien directeur de l’United bank of Africa et de la First bank of Nigeria, Umar Farouk Abdulmutallab a vécu plusieurs années à Londres. Samedi, un cortège de policiers a fouillé un immeuble de Mansfield Street, dans le quartier chic de Marylebone, dernière adresse connue du jeune homme. Non loin de là, l’University College London a confirmé qu’elle avait bien compté dans ses rangs un étudiant du même nom, lors d’«un cursus d’ingénierie mécanique entre 2005 et 2008». Fiché depuis deux ans par les Etats-Unis Aux Pays-Bas, le Coordinateur national pour l’antiterrorisme a assuré que le suspect disposait d’un visa pour les Etats-Unis. Umar Farouk Abdulmutallab était pourtant fichée depuis aux moins deux ans par les Américains, figurant parmi les personnes susceptibles d’avoir des contacts avec des terroristes, ont indiqué plusieurs sources. Cette liste est gérée par le Centre national antiterroriste. Elle comprend environ 550.000 noms. Mais ces personnes ne sont pas forcément jugées actives, et peuvent donc être autorisées à embarquer sur des vols vers les Etats-Unis. L’histoire récente a quoi qu’il en soit montré que la Grande-Bretagne en général, et Londres en particulier, avaient abrité plusieurs extrémistes devenus terroristes. Le plus célèbre d’entre eux reste le Britannique Richard Reid qui avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en dissimulant un explosif dans sa chaussure, le 22 décembre 2001.Plus récemment, en septembre 2009, trois islamistes vivant au Royaume-Uni ont été condamnés à la prison à vie pour avoir voulu faire exploser des avions au-dessus de l’Atlantique au moyen d’explosifs liquides en 2006, des attentats qui auraient été comparables au 11-Septembre selon la justice.
Publié par la rédaction le 26 décembre 2009 à 16:04
Les festivités de Noël ont connu un début dramatique jeudi soir avec une agression contre le pape. Une «femme apparemment déséquilibrée» l’a jeté à terre à l’entrée de la basilique Saint-Pierre, où il s’apprêtait à célébrer la traditionnelle messe de minuit. Mais alors que Benoît XVI n’a pas été blessé et qu’il a pu célébrer normalement l’office, le cardinal français Roger Etchegaray, âgé de 87 ans, s’est de son côté cassé le col du fémur dans la bousculade et a dû être admis à l’hôpital Gemelli, à Rome. Le vice-doyen du Sacré Collège des cardinaux devrait être opéré dimanche matin en vue de se voir poser une prothèse de hanche, a indiqué samedi le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican. Ses «conditions générales sont bonnes et les médecins essayent de vérifier que les conditions sont réunies pour procéder à l’opération qui aura lieu - selon ce que tout laisse prévoir aujourd’hui (samedi, NDLR) - dimanche matin», a précisé le père Lombardi. Et d’ajouter: «Il prie pour le pape et attend avec optimisme l’intervention chirurgicale». L’incident est intervenu durant la procession qui marque le début de la célébration, exceptionnellement entamée à 22 heures cette année pour ménager le pape, âgé de 82 ans. «C’était une agression mais pas dangereuse car elle n’était pas armée», a expliqué le porte-parole du Vatican, soulignant «la grande maîtrise de soi et de la situation» dont a fait preuve Benoît XVI. Il s’est en effet rapidement relevé pour célébrer la cinquième messe de Noël de son pontificat comme si rien ne s’était passé. L’inconnue aurait déjà tenté de s’approcher de Benoît XVI Des images transmises par la chaîne de télévision Sky News montrent clairement une femme qui saute la barrière de sécurité, prend le pape par le col et le tire vers elle, le faisant tomber à terre, alors qu’il s’avançait dans la basilique accompagné d’une trentaine de cardinaux. «J’étais à deux pas, j’étais l’un des plus proches de lui (…), nous avancions en chantant dans la joie, l’allégresse de Noël et toc tout d’un coup j’ai entendu un cri, je me suis retourné et voilà, une personne qui bondissait», a affirmé sur RTL le cardinal français Paul Poupard. Il a ajouté ne pas avoir vu toute la scène, qui s’est déroulée très rapidement: «vous êtes trois mètres en avant et quand vous vous retournez, c’est déjà fait. (…) Je me suis retourné et toc, j’ai vu qu’on remettait la mitre au pape et voilà». La femme, une Italo-suisse âgée de 25 ans qui souffrirait de troubles psychiques, avait déjà tenté de s’approcher du chef de l’Eglise catholique l’an dernier lors de la messe de minuit. Elle avait alors été maîtrisée avant de parvenir à lui. Jeudi, elle a été bloquée par les services de sécurité qui ont accouru sur le lieu de l’agression. Elle a ensuite été interrogée par les gendarmes du Vatican, avant d’être conduite à l’hôpital. Il ne s’agit pas de la première agression dont est victime Benoît XVI. Le 6 juin 2007, un jeune Allemand de 27 ans, lui aussi décrit comme «déséquilibré», avait tenté de sauter dans sa voiture découverte, place Saint-Pierre. Il avait été aussitôt maîtrisé par la sécurité et interné peu après dans un établissement psychiatrique. Mais le pape ne s’était apparemment pas rendu compte de l’incident, qui rappelait fortement l’attentat commis dans des circonstances similaires le 13 mai 1981 contre Jean Paul II. Benoît XVI doit prononcer vendredi son traditionnel discours de Noël, puis donner sa bénédiction Urbi et Orbi depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre. .
Publié par la rédaction le 26 décembre 2009 à 8:18
Commentant cette agression, Silvio Berlusconi, lui-même victime d’une attaque le 13 décembre, a souhaité «arrêter la haine et l’extrémisme». Interrogé sur d’éventuelles poursuites judiciaires, le porte-parole du Vatican a affirmé que la justice du Vatican était «en général très clémente». Sur Facebook, un groupe de soutien à la jeune femme comptait vendredi soir près de 700 membres. Impossible d’assurer une sécurité à 100% Le souverain pontife, qui a perdu sa mitre et sa crosse, n’a pas été blessé. Il est resté au sol quelques secondes puis s’est relevé avec l’aide de plusieurs personnes, et a repris sa marche vers l’autel, flanqué d’agents de sécurité visiblement tendus, sous les acclamations de «Viva il Papa!». Benoît XVI n’a fait aucune mention de l’incident durant la cérémonie. Victime d’une fracture du col du fémur dans la bousculade, le cardinal Roger Etchegaray, qui occupe depuis longtemps des fonctions diplomatiques au Vatican, doit lui être opéré à l’hôpital Gemelli de Rome. Son état serait «satisfaisant». Vendredi, Benoît XVI s’est adressé comme prévu à la foule rassemblée place Saint-Pierre, à l’occasion de sa traditionnelle bénédiction et de son message «urbi et orbi» (à la Ville et au monde) pour Noël. Il est apparu fatigué et un peu chancelant mais s’est exprimé sans difficulté visible. C’était la première fois jeudi soir, en cinq années de pontificat, que Benoît XVI se retrouvait en contact direct avec un assaillant potentiel, mais des spécialistes de la sécurité ont mis en garde à plusieurs reprises le Saint-Siège contre la trop grande exposition du souverain pontife lors de ses apparitions publiques. En 2007, au cours d’une audience place Saint-Pierre, un Allemand souffrant de troubles mentaux avait franchi une barrière de sécurité puis agrippé l’arrière de la voiture découverte du pape avant d’être maîtrisé. En 1981, le Turc Mehmet Ali Agça avait sérieusement blessé Jean Paul II au ventre lors d’une tentative d’assassinat place Saint-Pierre. La protection du pape est à la fois assurée par les Gardes suisses, la police du Vatican et la police italienne. Elle a été renforcée depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Vendredi, le Vatican a annoncé qu’il procèderait à un réexamen de ses procédures de sécurité, tout en indiquant qu’il n’était pas possible d’assurer à 100% la sécurité du pape, régulièrement en présence de dizaines de milliers de personnes pour ses audiences hebdomadaires, des messes, et d’autres événements.
Publié par la rédaction le 25 décembre 2009 à 21:28
Par le passé, un Etat disposait d’une arme redoutable pour faire fondre ses dettes : l’inflation. En laissant les prix augmenter jusqu’à parfois dépasser le taux d’intérêt auquel il a emprunté, un pays peut diminuer le poids de sa dette. Un exemple : une inflation de 3,5% annule la charge des intérêts sur la dette si le taux d’intérêt est lui aussi de 3,5%. Si les prix augmentent encore, c’est la valeur même de la dette qui diminue. Séduisant pour les Etats, ruineux pour les investisseurs. Aujourd’hui, le marché se demande si certains Etats ne seront pas tentés d’utiliser cette arme pour s’en tirer à moindre frais. «La reprise de l’inflation n’est pas à craindre à court terme, mais plutôt à un horizon de trois ans», tempère Olivier Gasnier, économiste à Société Générale CIB. «S’il apparaît contre-productif de faire des efforts budgétaires pour réduire l’endettement, certains, notamment du côté des Etats-Unis, pourraient bien envisager de laisser filer les prix afin de réduire le poids relatif de la dette». La Banque centrale américaine, la Fed pourrait se laisser tenter. Elle poursuit en effet un double objectif : contenir l’inflation et soutenir le plein-emploi. Or, elle pourrait éventuellement décider de sacrifier le premier pour sauver le second. En Europe, la question ne se pose pas. «La Banque centrale européenne (BCE) est moins accommodante que la Fed», rappelle Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas. Et pour cause : au contraire de son homologue américaine, elle ne poursuit qu’un seul objectif, la maîtrise de l’inflation. Elle ne laissera pas partir les prix à la dérive. De toute façon, «une forte inflation n’est pas un outil efficace pour réduire le dette», prévient le Fonds monétaire international dans son dernier rapport sur les finances publiques. D’après ses calculs, «une hausse des prix de 6% durant cinq ans érodera d’à peine un quart l’augmentation prévisible des ratios de dette.» Surtout, les marchés ne devraient pas rester sans réagir et une reprise de l’inflation pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt. » 2009 et 2010, les années déficit » Les dettes publiques menacent peu les taux
Publié par la rédaction le 25 décembre 2009 à 0:53
Le père Noël n’est pas en odeur de sainteté auprès du Grand Rabbinat en Israël. Comme chaque année, les propriétaires d’hôtels, de restaurants et autres lieux publics ont été prévenus que mieux valait pour eux éviter d’utiliser des sapins, des chapeaux rouges et autres poupées en forme de père Noël dans leur décoration à l’approche des fêtes de fin d’année. Cet avertissement a été assorti d’une menace à peine voilée. «Nous envisageons de rendre publique une liste des établissements qui passeront outre et d’appeler ensuite à les boycotter», a affirmé à la presse Ofer Cohen, directeur du «lobby pour les valeurs juives» du Rabbinat. Autrement dit, les restaurants contrevenants pourraient se voir retirer leur certificat de «cacheroute» délivré par le Grand Rabbinat, qui vérifie périodiquement que la cuisine servie répond aux strictes exigences des lois alimentaires du judaïsme. Se voir retirer ce précieux document pourrait contraindre des établissements, notamment à Jérusalem, à fermer leurs portes, faute de pouvoir accueillir les juifs observants. À noter que l’offensive du Grand Rabbinat concerne également le réveillon de la Saint-Sylvestre, beaucoup plus fêté que Noël. Des sapins très diplomatiques Sur le front diplomatique, les anathèmes lancés par le Grand Rabbinat ont provoqué cette année quelques remous. L’ambassade d’Israël au Vatican a reçu des appels d’ecclésiastiques, de médias chrétiens qui ont demandé quelques explications. Plus inquiétant : des membres du Congrès américain se sont adressés aux diplomates israéliens en poste à Washington pour exprimer leurs réserves, selon le quotidien Yédiot Aharonot. Le dossier est ensuite monté en «haut lieu» au ministère des Affaires étrangères qui s’est adressé au Grand Rabbinat. Soucieux d’éviter une crise, son directeur général Oded Weiner a tenté d’arrondir les angles. Il a précisé que des fêtes de fin d’année pourraient avoir lieu dans des hôtels sans que leur certificat de «cacheroute» soit sur la sellette à condition que ces réveillons soient organisés dans des pièces fermées. Détail curieux : le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas vraiment donné l’exemple dans cette bataille. Il s’est assuré comme chaque année que les milliers de diplomates en poste en Israël reçoivent un sapin avant l’arrivée du père Noël…
Publié par la rédaction le 24 décembre 2009 à 14:46
Après un gain cumulé de 3% depuis le début de la semaine, le CAC 40 clôture ce jeudi (fermeture des marchés à 14 heures) en timide progression de 0,05% à 3.912,73 points, dans un volume d’échanges d’à peine 430 millions d’euros. Une hausse symbolique, mais qui permet tout de même à la Bourse de Paris d’enchaîner un nouveau record annuel. Depuis le début de l’année, le CAC 40 affiche une hausse de près de 22%. Et depuis le point le plus bas du 9 mars 2009, la Bourse s’est adjugé… 55%! Ailleurs en Europe, mêmes tendances sur les places bruxelloise et amstellodamoise. A Madrid, Milan, Francfort et Zurich, les Bourses sont fermées. A Londres (clôture à 13 heures) , les investisseurs se sont montrés un peu moins timides, l’indice Footsie-100 des principales valeurs a gagné 30,03 points, soit 0,56% par rapport à la clôture de mercredi, pour s’établir à 5.402,41 points, un nouveau sommet depuis la mi-septembre 2008. Cet après-midi, à 14h30, les Etats-Unis publieront les inscriptions aux allocations chômage hebdomadaires et les commandes de biens durables de novembre. A Wall Street, les marchés devraient ouvrir dans le calme, après une séance laborieusement haussière mercredi. Icade plébiscité Dans l’actualité des valeurs ce jeudi, le gendarme boursier américain, la SEC, a porté plainte contre deux Français, Gilles Roger et Nicolas Condroyer devant un tribunal d’Atlanta. Ils sont soupçonnés d’avoir commis des délits d’initiés lors du rachat du groupe américain Chattem par Sanofi-Aventis. Ils auraient, selon la SEC, empoché un bénéfice de 1,4 million et 2,8 millions de dollars respectivement. Le titre Sanofi-Aventis signe ce jour la cinquième plus forte baisse du CAC 40, de -0,43%, à 55,41 euros. Icade a gagné 3,94% à 69,64 euros soutenu par la signature d’un protocole d’accord pour le rachat des 94,5% de la société foncière Compagnie La Lucette. Dans son sillage, Unibail Rodamco, une autre valeur immobilière progresse (+1,40% à 152,5 euros) ainsi que la Foncière des Régions (+2,92% à 70,9 euros). En hausse également Pernod Ricard (1,59% à 59,97 euros), PPR (+1,11% à 84,01 euros), des valeurs de consommation et qui sont toujours très prisées en ces fêtes de fin d’année. Vivendi a relevé sa participation dans l’opérateur télécoms brésilien GVT à 81,82% après l’exercice d’options. Le taux de couverture en France d’Orange pour son réseau haut débit mobile 3G/3G+ s’élève à plus de 87% de la population fin 2009, selon l’Autorité des télécoms (Arcep). Par ailleurs, cette dernière a annoncé qu’Orange, filiale de France Telecom, et SFR étaient mis en demeure de respecter leurs engagements dans la couverture 3G. Par ailleurs, Sanofi Pasteur, la division vaccins de Sanofi-Aventis, indique que la Food and Drug Administration (FDA) a donné son aval pour la mise sur le marché américain d’un vaccin contre la grippe spécialement destiné aux personnes de 65 ans et plus. Crédit Agricole (-0,49%) et Société Générale (+0,31%) lanceront le 1er janvier conjointement une filiale commune, Amundi. Il s’agit d’une société de gestion d’actifs. Le titre Thomson ne déroge pas à la tradition se montrant une nouvelle fois très volatil: le titre cédait 4,75% à 0,903 euros.
Publié par la rédaction le 23 décembre 2009 à 15:47
Pour convaincre la commission Juppé-Rocard de limiter au maximum le montant du grand emprunt, les fonctionnaires de Bercy avaient joué sur la corde patriotique : pas question qu’en 2010 la France s’endette plus que l’Allemagne. L’argument a fait mouche. Paris empruntera l’an prochain 20 milliards d’euros de moins que Berlin. Maigre consolation alors que dans l’absolu la France émettra en 2010 pour 188 milliards d’euros de nouvelles obligations, soit 23 milliards de plus qu’en 2009. Un record : il y a dix ans, la France empruntait moitié moins… Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2010, en septembre, le gouvernement tablait sur 175 milliards d’euros d’émission. La révision en hausse de ces projections s’explique par la décision prise dans l’intervalle par Nicolas Sarkozy de lancer un grand emprunt pour financer les dépenses d’avenir. L’État empruntera 22 milliards de plus. La dette publique française atteignait 1 430 milliards au 30 juin 2009. Elle devrait donc dépasser allégrement la barre des 1 600 milliards l’année prochaine. D’un point de vue purement technique, cette hausse de l’endettement ne pose guère de souci au ministère de l’Économie. L’Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l’État sur les marchés, estime l’appétit des investisseurs suffisamment élevé pour absorber le papier. L’AFT prévoit notamment cette année de créer une nouvelle OAT à long terme à quinze ans et, surtout, n’exclut pas de lancer un emprunt de maturité, quarante ou cinquante ans. «Les taux à très long terme sont nettement au-dessous de la moyenne historique, ce segment profite d’une forte demande de certaines catégories d’investisseurs, comme les fonds de pension et les assureurs», souligne Philippe Mills, directeur général de l’AFT. «En 2009, notre taux d’emprunt à trente ans se situe près de 4,2 % alors que la moyenne depuis la création de l’euro était plutôt à 5 %.» Une politiquede marketing très active Pour Laurence Boone, économiste chez Barclayus France, «le fait d’emprunter à très très long terme est assez habile, car cela met la dette en cohérence avec les dépenses d’avenir prévues par la commission Juppé-Rocard». L’AFT compte aussi poursuivre la vente des emprunts français dans le monde entier, via une politique de marketing très active. Résultat, selon des statistiques arrêtées à fin septembre, le stock de la dette française est détenu à 67,3 % par des non-résidents. «La détention de nos emprunts est répartie en trois tiers : un tiers d’investisseurs français, un tiers de membres de la zone euro et un tiers pour le reste du monde», résume l’AFT. Deux risques pèsent sur ce scénario. Une remontée des taux d’intérêt, tout d’abord, qui pourrait se produire courant 2010 si la Banque centrale européenne décide de remonter ses taux directeurs. Une défiance des agences de notation, ensuite. Pour l’heure, la France reste notée AAA, c’est-à-dire la meilleure catégorie possible. Mais dans une étude publiée ce mardi, l’agence Fitch sonne déjà l’alerte : «L’Angleterre, l’Espagne et la France doivent mettre en œuvre une politique budgétaire crédible dans les prochaines années, étant donné le rythme de dégradation de leurs comptes et les défis auxquels ils devront faire face pour stabiliser leur endettement.» Si ces trois pays n’y parviennent pas, avertit l’agence, «la pression s’intensifiera fortement sur leur notation». Une mise en garde on ne peut plus claire. » ANALYSE VIDÉO - «Les marchés peuvent absorber la dette» » Le Liban confronté à une dette publique galopante » Dette : Moody’s dégrade à son tour la note de la Grèce
Publié par la rédaction le 22 décembre 2009 à 15:56
Le groupe Thomson, en proie à de grandes difficultés financières, a obtenu l’accord de l’ensemble de ses créanciers pour réduire sa dette de près de moitié, selon un communiqué. Après le Comité des fournisseurs et le Comité des créanciers bancaires lundi, le Comité des obligataires (détenteurs d’obligations de la société) a approuvé à la quasi-unanimité le plan rendu public le 9 décembre. Le plan vise à transformer une partie de la dette en capital -via une augmentation de capital de 348 millions d’euros - et en obligations: l’objectif est de la réduire à 1,55 milliard, soit une baisse de 45%. La dette de la société s’élève à 2,84 milliards d’euros. Mais il reste encore quelques obstacles à franchir pour le groupe. Le plan de restructuration doit être soumis au vote des actionnaires de Thomson lors de l’Assemblée générale ordinaire et extraordinaire qui se tiendra le 27 janvier 2010. Thomson, qui emploie quelque 20.000 salariés dans le monde, entend se rebaptiser du nom d’une de ses filiales, Technicolor, et se concentrer sur les services pour le cinéma et la télévision, en se débarrassant d’autres activités, notamment ses filiales Grass Valley (équipements vidéos professionnels) et Screenvision (régie publicitaire pour le cinéma). LIRE AUSSI: » Thomson présente son plan de restructuration » Un groupe ébranlé par des revirements stratégiques
Publié par la rédaction le 22 décembre 2009 à 9:10
La vertu pédagogique et préventive du permis à points produirait-elle enfin son effet ? Selon un dernier bilan établi par le ministère de l’Intérieur et porté à la connaissance du Figaro, le nombre de permis de conduire invalidés pour solde de points nul marque pour la première fois un tassement. Sur les neuf premiers mois de l’année, 69.751 conducteurs ont perdu leur précieux sésame après avoir épuisé leurs 12 points, soit une baisse de 8% par rapport à l’année précédente. Un meilleur comportement et, surtout, la peur des radars expliquent ce résultat. Au total, 6,7 millions de points ont été retirés dans le cadre de 4,3 millions d’infractions relevées (- 3%). Dans près de huit cas sur dix, les mauvais élèves de la route ont commis une infraction grave. Outre les excès de vitesse supérieure à 40 km/h et la consommation de stupéfiants, l’alcool reste le point noir. «Les suspensions de permis par accumulation de perte de points sont presque toujours liées à une faute de six points consécutive à la boisson», assure Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière. «Peu de conducteurs perdent leur permis de conduire après n’avoir commis que de petites infractions», relève-t-on au ministère de l’Intérieur où l’on se félicite que «75% des 38 millions d’automobilistes possèdent leur totalité de points». À titre d’exemple, seuls 17 conducteurs ont perdu douze fois un point l’année dernière, soit un anecdotique 0,02% des titulaires de permis. Une projection de ces statistiques sur l’année, en se fondant sur la moyenne mensuelle des trois premiers trimestres, indique que 93.000 permis à points pourraient être supprimés cette année. Soit un recul par rapport à 2008, où pas moins de 98.057 papiers roses avaient été invalidés. Moralisation des usagers Plus que jamais mobilisés dans leur traque des conducteurs circulant sans permis, policiers et gendarmes ont surpris 79.764 clandestins du bitume lors des neuf premiers mois de l’année. Ce qui marque encore une augmentation de 2% après celle, plus spectaculaire (+ 12%), de 2008. «Beaucoup de chiffres sans fondement circulent sur l’ampleur du phénomène, certains évoquant jusqu’à deux millions de contrevenants, résume-t-on Place Beauvau. Dans son bilan annuel, l’Office national interministériel de la sécurité routière (ONISR) estime que 300.000 conducteurs pourraient se retrouver dans cette situation.» Cette année encore, environ les deux tiers de ces conducteurs fantômes n’ont jamais passé leur permis, tandis que les autres contrevenants continuaient à prendre le volant malgré une perte totale de points et l’invalidation de leur permis. Dénonçant un «comportement dangereux qui doit être plus sévèrement réprimé», l’entourage de Brice Hortefeux rappelle que «le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) prévoit l’immobilisation immédiate et la confiscation obligatoire du véhicule de l’auteur d’un délit de conduite sans permis». Davantage soucieuses de respecter les règles du Code de la route et, surtout, de capitaliser pour l’avenir, 1,8 million de personnes ont recouvré la totalité des points sur leur permis, soit un bond de 40% par rapport à l’année dernière. Et ce, en faisant des stages ou en ne commettant plus de nouvelles infractions pendant trois ans, sachant qu’un assouplissement a été consenti pour les petites infractions : depuis début 2007, le point perdu peut en effet être récupéré après un an. Selon les experts, seule une moralisation des usagers pourrait pacifier les routes de France. Mais cela leur semble illusoire. «Oublions l’angélisme faisant croire que l’éducation et les appels au civisme vont bonifier les comportements», déplore-t-on à la Ligue contre la violence routière. Un avis que partage le colonel Guy-Patrick Fontenaille, chef du bureau sécurité routière à la Direction générale de la gendarmerie. Pour cet observateur attentif : «La certitude d’une sanction est la meilleure des préventions.» Autant dire que les suppressions de points et les retraits permis ont encore de beaux jours devant eux. LIRE AUSSI » De nouvelles pistes pour la Sécurité routière » Le seuil des 4.000 morts pourrait être dépassé
Publié par la rédaction le 21 décembre 2009 à 17:29
Nouveau rebondissement dans l’affaire des listings HSBC. La France a décidé de transmettre «très rapidement» à la Suisse les fichiers saisis auprès de l’informaticien de la banque britannique en début d’année. Selon le procureur général d’Aix-en-Provence François Falletti, cité par l’AFP, «le parquet général en liaison avec le ministère de la Justice a analysé les éléments de la demande d’entraide suisse. Il n’y a pas d’élément particulier qui conduirait à une absence de transmission». Ce dossier très complexe avait jeté un froid entre Paris et Berne, qui avait formulé une demande d’entraide judiciaire dès la mi-janvier. Cette demande a été examinée selon le procédé juridique habituel, précise au Figaro.fr le porte-parole du ministère de la Justice. Lorsqu’il a été avéré qu’aucun élément de ce dossier ne touchait aux «intérêts nationaux», le ministère a décidé d’accéder à la requête suisse. La Suisse mène une enquête pour piratage, alors que les investigations ouvertes en France par le parquet de Nice en juillet se concentrent sur d’éventuels faits de blanchiment. «Nous sommes sur deux terrains différents. Les investigations pourront se poursuivre des deux côtés de la frontière», déclare François Falletti à l’AFP. Le procureur général ajoute que la France a remis à la Suisse dès le 20 janvier, date de la perquisition au domicile d’Hervé Falciani, les procès verbaux de perquisitions et d’auditions. Le complément, à savoir «les fichiers saisis», va maintenant être transmis aux autorités helvétiques. Le ministère public de la Confédération suisse a déclaré dans un communiqué avoir «pris note» de la décision française. Les données n’auraient pas été monnayées Dans un entretien avec Le Figaro paru lundi, Hervé Falciani, l’homme qui a informé le fisc français, revient sur la chronologie des évènements. «Je veux la poursuite de cette enquête et je veux que soient préserver les intérêts de la France.» Il nie les accusations de la Suisse, selon lesquelles il aurait monnayé les données contenues dans les listings au Liban en février 2008. Hervé Falciani rappelle également qu’il avait «alerté les autorités suisses à la fin de l’été 2006» sur l’opacité du fonctionnement de la HSBC Private Bank de Genève. C’est la «non-réponse» de la Suisse qui pousse alors l’informaticien de 38 ans à «démarcher d’autres autorités». A ce jour, les listings dérobés en Suisse comprendraient 4 000 noms de clients français, pour des avoirs estimés à plus de 6 milliards d’euros. Des données que la banque HSBC a réfutées le 20 décembre dernier, affirmant qu’elles étaient «soit incomplètes soit erronées». LIRE AUSSI: » 4 000 noms sur la liste noire des évadés fiscaux en Suisse » La liste des évadés fiscaux serait erronée, selon HSBC » Hervé Falciani : «Je veux la poursuite de cette enquête»
Publié par la rédaction le 20 décembre 2009 à 22:14
La décision prise samedi par Benoît XVI d’élever au rang de «vénérable», dernier stade avant la béatification, Jean-Paul II et le plus controversé Pie XII, provoque des remous en Israël. Dimanche, l’Etat hébreu a demandé officiellement a consulter des archives historiques du Vatican concernant celui qui dirigea l’Eglise durant la seconde Guerre mondiale. En même temps qu’il élevait son prédecesseur, le pape a choisi de faire le même honneur à un personnage plus controversé. Eugenio Pacelli, qui dirigea l’Eglise catholique de 1939 à 1958 sous le nom de Pie XII, est accusé par plusieurs historiens d’avoir été totalement muet sur la question de l’Holocauste, même lorsque les Juifs de Rome furent déportés fin 1943. C’est pour ce motif qu’Israël s’est élevé, en 2008, contre la volonté de Benoît XVI de béatifier Pie XII. Le ministre israélien des Affaires sociales, Yitzhak Herzog, avait alors protesté, estimant que «le projet visant à transformer Pie XII en saint est inacceptable. Durant la Shoah, le Vatican savait pertinemment ce qui se passait en Europe (…) Le pape a gardé le silence et a peut-être fait pire, au lieu de s’élever, conformément au précepte biblique, contre le sang versé». Controverse historique Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil central des juifs d’Allemagne s’est dit «furieux» et «triste», estimant que Benoît XVI «réécrit l’histoire». Pour certains, en effet, le Pape chercherait à profiter de l’immense popularité de Jean-Paul II dans la communauté chrétienne pour «faire passer» la béatification de Pie XII, plus controversée. La communauté juive de Rome a exprimé une position «critique», demandant l’accès aux archives vaticanes de l’époque et rappelant le départ en 1943 d’un train de déportés juifs vers Auschwitz «dans le silence de Pie XII». Une version que l’Eglise conteste, de même que certains historiens, qui estiment que Pie XII a joué un grand rôle pour sauver des centaines de milliers de Juifs victimes des persécutions nazies. S’il ne s’éleva pas publiquement pour défendre les juifs romains, Pie XII fit aider ou cacher nombre d’entre eux au Vatican. C’est également ce qu’affirme Benoît XVI, qui affirme détenir des preuves de ces faits au sein des archives du Saint-Siège. Dimanche, Israël a demandé à pouvoir consulter ces archives, qui ne seront normalement ouvertes aux chercheurs qu’en 2013. ««Le processus de béatification ne nous regarde pas, c’est une question qui ne concerne que l’Eglise catholique. Quant au rôle de Pie XII, c’est aux historiens de l’évaluer et c’est pourquoi nous demandons l’ouverture des archives du Vatican durant la guerre mondiale», a expliqué le porte-parole des Affaires étrangères Yigal Palmor. » BLOG - Surprise et polémique
Publié par la rédaction le 19 décembre 2009 à 20:21
La neige continue de recouvrir la France. Cinquante départements ont été placés samedi après-midi en vigilance orange (niveau trois sur quatre) selon Météo France et 39 selon Météo Consult en raison de la neige, du verglas et du grand froid, et ce jusqu’à lundi 7 heures. L’alerte, qui concernait jusque là 34 départements, a été étendue à 16 autres. Sont désormais placés en alerte les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Centre, Franche-Comté, Ile-de-France, Limousin, Lorraine, Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Poitou-Charentes ainsi que le département de l’Allier. Dans l’Est, les températures maximales sont restées très basses samedi après-midi, avec -11°C en plaine d’Alsace et en Lorraine, -9 °C en Franche-Comté. Et une nouvelle perturbation venant des îles Britanniques va s’abattre sur le nord-ouest de la France et apportera des chutes de neige et du verglas dans le nord du pays, met en garde Méteo Consult. Cela se traduira par des pluies parfois verglaçantes entre la Bretagne et l’Anjou, et de neige ailleurs. Les conditions météo s’annoncent particulièrement délicates au nord-est de la Seine et vers les frontières du Bénélux. Dimanche, les températures minimales seront glaciales : -7 à -12 du Massif central et Rhône-Alpes aux Ardennes et au Nord-est, -3 à -6 ailleurs, 0 à 3 sur les côtes bretonnes, corses et de la Côtes d’Azur. Les maximales iront de 0 à 5 en général, 4 à 8 sur le littoral et de 7 à 10 sur les côtes Sud-Est. » Plus de précisions sur le site de Meteoconsult Ces intempéries entrainent beaucoup de perturbations sur les rails et les routes. Routes En Normandie où l’A84 est restée fermée jusqu’à la mi-journée entre Caen et Avranches. Depuis 14 heures, elle est réouverte à tous les véhicules sur l’axe Rennes/Caen dans les deux sens. Les transports en commun ne fonctionnent pas à Dieppe ni à Evreux et sont très perturbés à Rouen et dans l’agglomération rennaise, la situation étant aggravée dans ces deux villes par une grève. Dans les Alpes-maritimes, les chutes de neige ont entraîné la fermeture dans les deux sens de l’autoroute A500 pour l’accès à Monaco. Dans le sens Italie-France, l’A8 est également coupée entre la frontière et La Turbie dans le sens Italie-France en raison du traitement de la chaussée après les chutes de neige de la nuit. En Isère, où plusieurs accidents matériels sans gravité se sont produits, la circulation est aussi délicate en raison des chutes de neige combinées à des températures très basses qui rendent le salage moins efficace, selon la DDE. Dans le Sud-Ouest, le tunnel du Somport (Pyrénées-Atlantiques), fermé dans la matinée en raison des conditions atmosphériques, a été réouvert dans l’après-midi. Dans l’Est, où les intempéries ont aussi altéré les conditions de circulation, pompiers et gendarmes font état de quelques sorties de route, là encore sans gravité. La préfecture du Doubs a déclenché le Plan Intempérie qui prévoit l’interdiction de circulation de tous les poids lourds et des véhicules légers non équipés sur la RN 57 entre Besançon et la Suisse, en cours de déneigement et de salage, ainsi que sur la RN 83. Dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme, les poids lourds vont être interdits de circulation sur l’autoroute A16 de samedi 20 heures à lundi 6 heures. La préfecture de la zone de défense Nord va émettre un arrêté entre la frontière belge et la barrière de péage d’Abbeville. En Île de France, le préfet de police de Paris a lancé un appel à la prudence sur les routes, des chutes de neige ou du verglas étant annoncé. Le préfet a donc «recommandé aux automobilistes, aux transporteurs routiers et aux piétons une extrême vigilance lors de leurs déplacements et invité chacun à privilégier les transports en commun». Trains Les TGV au départ de Paris-gare de Lyon en direction du sud-est connaissent depuis le début de la journée des départs allant d’une trentaine de minutes à deux heures trente de retard en raison des intempéries. Le trafic Eurostar ne reprendra que lundi et ce progressivement. Quelques trains ont circulé samedi au départ de la gare du Nord à Paris vers Londres et le service sera «limité» dimanche et réservé aux voyageurs prioritaires. » le trafic SNCF en temps réel Avions En raison de l’arrivée de nouvelles chutes de neige dans la nuit, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes opérant à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle d’annuler 40% de leur programme de vol de dimanche jusqu’à 15 heures, et 20% pour le reste de la journée. La DGAC recommande «aux passagers aériens de contacter leur compagnie aérienne». Air France a déjà annoncé que des perturbations sur les vols intérieurs et vers l’Europe sont à prévoir dimanche à Paris-Orly et à Paris-Charles de Gaulle. En revanche la compagnie assurera la totalité de son programme long-courrier à Paris-Charles de Gaulle. Air France invite donc ses passagers à consulter les informations mises à jour en temps réel sur www.airfrance.fr, rubriques «horaires» et «actualité des vols», par téléphone au 3654, par SMS en envoyant le numéro de vol au 63654 (exemple: AF2062).
Publié par la rédaction le 19 décembre 2009 à 17:44
Le trafic des Eurostars reprend peu à petit. Un train a quitté Paris samedi à 15h30 pour Londres. Un peu plus tôt que ce qu’avait annoncé la direction d’Eurostar. La compagnie avait tablé samedi matin sur une interruption jusqu’à dimanche après que cinq de ses trains ont été victimes dans la nuit de vendredi à samedi de pannes apparemment dûes aux intempéries. Les difficultés ont été provoquées par la différence de températures entre l’extérieur glacial et l’air plus chaud à l’intérieur. Les pannes en série de vendredi soir ont forcé plus de 2.000 voyageurs de cinq Eurostar à passer la nuit dans le tunnel sous la Manche, parfois sans eau ni nourriture et dans le froid. Certains passagers ont décrit une évacuation chaotique et mal organisée. D’autres ont fustigé le manque de communication dont a fait preuve Eurostar face à cette crise. «Des altercations ont opposé des personnels d’Eurostar et des passagers qui n’en pouvaient plus d’être enfermés. La gestion humaine a été catastrophique», raconte un passager. «Tous les passagers sont sains et saufs. Nous n’avons aucun blessé», a commenté de son côté le porte-parole d’Eurostar, Bram Smets. Mais le service des Eurostar devrait être très limité pour le reste du week-end, a-t-il précisé, exhortant les passagers à reporter leurs déplacements. La reprise partielle a permis à 700 passagers d’embarquer samedi après-midi dans un premier train. Un deuxième Eurostar, dont le départ était prévu à 16h13 à la Gare du Nord, devrait partir pour Londres avant la fin de l’après-midi, a indiqué la SNCF. «Un problème endémique» Le directeur général d’Eurostar, Richard Brown, s’est excusé auprès des passagers et a promis des remboursements ou l’octroi d’un autre billet. «Nous faisons tous nos efforts pour ramener les passagers chez eux». «Les températures dans le nord de la France et les chutes de neige sont les pires depuis huit ans», a-t-il souligné. «C’est un problème endémique aux trains Eurostar alors que la neige n’arrête pas nos navettes», affirme Pascal Sainson, directeur des opérations d’Eurotunnel, qui a géré la situation de crise toute la nuit.Selon lui,«la neige entre dans le système de ventilation et court-circuite le système électrique des moteurs de traction des locomotives Eurostar qui disjonctent dans un tunnel où règne une forte chaleur. Les moteurs s’arrêtent et n’arrivent pas a redémarrer». Mais grâce un système de tunnel avec deux tubes séparés - l’un pour la circulation des trains et l’autre pour le service avec une porte de secours tous les 375 mètres -, l’évacuation des passagers pris au piège a pu se dérouler en bon ordre. Le trafic marchandises de la France vers la Grande-Bretagne a lui repris. En revanche, le trafic en sens inverse est pour l’instant suspendu en raison de l’état des routes dans le nord de la France. » Informations sur le trafic sur le site d’Eurostar
Publié par la rédaction le 19 décembre 2009 à 15:43
«Chez moi, Fillon est très bien adapté pour ma campagne. Avec Sarkozy, je redoute un mauvais buzz.» Sous couvert d’anonymat, ce ministre candidat aux régionales ne cache pas sa préférence : il aimerait mieux ne pas voir débarquer chez lui le chef de l’État avant les élections. Secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand a donné le choix à toutes les têtes de listes : «Sarko, Fillon et moi pouvons venir chez toi. Dis-nous ce qui t’arrange.» Pour l’instant, la balance penche nettement du côté du premier ministre. «Il est très demandé», admet-on à l’UMP. «Le premier ministre en fera un maximum. Au moins une réunion dans chacune des vingt-deux régions», dit-on à Matignon. François Fillon compte déjà deux déplacements à son compteur. Le 8 novembre, il a animé un premier meeting dans les Pays de la Loire, le fief perdu en 2004. Le premier ministre est allé au début du mois lancer la campagne de Valérie Pécresse dans son QG parisien. «C’est mon rôle, c’est ma place d’être là», a-t-il expliqué ce jour-là. Une manière pour lui d’affirmer son titre de chef de la majorité. Si François Fillon se prépare à sillonner la France de long en large, Nicolas Sarkozy n’a pas encore arrêté sa stratégie. «Le président ne va pas aller battre les estrades. Il n’est pas candidat. C’est plutôt Fillon qui fera la campagne classique. Mais Sarkozy a l’intention de mettre sa petite touche de couleur lors de ses déplacements en province», confie un de ses conseillers. Conforter les fiefs de la droite Nicolas Sarkozy a déjà commencé, lui aussi, la campagne en clôturant, le 28 novembre dernier, le conseil national de l’UMP à Aubervilliers. Une présence très critiquée par le PS. Il a ensuite enchaîné avec un meeting à huis clos en marge d’un déplacement en Alsace, une des deux régions détenues par la droite. Ce jour-là, le chef de l’État ne s’est pas fait prier pour railler la gauche sous l’œil d’une caméra cachée. La scène a fait florès sur Internet. Mardi, il recevra à l’Élysée les vingt-deux têtes de la liste de la majorité. En janvier, il se rendra en Corse, l’autre région gérée par l’UMP. Preuve que le chef de l’État tient en priorité à conforter les derniers fiefs de la droite. Ensuite, on devrait le voir en Provence-Alpes-Côte d’Azur où il a imposé Thierry Mariani, un fidèle. Il est demandé dans le Nord-Pas-de-Calais et en Rhône-Alpes. François Fillon, lui, est attendu dans les régions de la façade atlantique. À l’UMP, Bertrand peaufine son plan de bataille. Fin janvier, les candidats se retrouveront, lors d’un nouveau conseil national à Paris, pour fixer des «engagements communs». En présence de Sarkozy ? Pour l’instant, l’UMP ne confirme pas. En revanche et conformément à ce qui a été décidé à Aubervilliers, la stratégie reste nationale : «On ne gagnera pas en faisant vingt-deux campagnes chacun dans son coin», martèle Xavier Bertrand. Ministre des Affaires sociales et candidat en Aquitaine, Xavier Darcos abonde dans ce sens : «Chez moi, j’ai beau parler des sujets locaux, ça ne change rien dans les sondages. Les électeurs disent qu’ils se détermineront en fonction des thèmes nationaux. Cela prouve que la clé de ce scrutin dépend de notre capacité à mobiliser notre électorat.» Candidat dans les Pays de la Loire, Christophe Béchu veut croire que la «part du local sera plus importante que le national». Il y a au moins un sujet sur lequel se retrouvent la plupart des candidats : ils n’ont pas l’intention de faire campagne sur l’identité nationale. «Chez moi, je peux leur parler de tout, sauf de ça», peste cette tête de liste, qui juge l’argument de la «folie fiscale» des régions plus porteur. Plutôt que de grandes réunions régionales, l’UMP mise sur de nombreux meetings départementaux afin de ratisser plus large. À ce jour, un seul meeting national - sans doute à Paris à la veille du premier tour - est programmé. Avec ou sans Nicolas Sarkozy. LIRE AUSSI » Nicolas Sarkozy dans l’arène des régionales » Régionales: Sarkozy lance la campagne de l’UMP » En banlieue, Sarkozy lance les régionales » Fillon lance la reconquête des régions
Publié par la rédaction le 19 décembre 2009 à 5:27
Le 20 mars 2008, la puissante Association suisse des banquiers donne en effet l’alerte : elle vise Palorva, une société en conseil informatique domiciliée à Hongkong et ayant un bureau en Suisse. Sur son site Internet, une devise énigmatique : «Les affaires, c’est l’art de prendre de l’argent dans la poche de quelqu’un d’autre sans avoir recours à la violence.» Cette entreprise est officiellement spécialisée dans les réseaux informatiques et leur sécurité. Mais deux de ses représentants ont éveillé les soupçons en venant au Liban pour démarcher les responsables de quatre banques dont une succursale de la suisse Audi et les françaises Société générale et BNP Paribas. Les accusant d’être en possession de données piratées, l’Association suisse des banquiers les a dénoncés à la justice. En ce printemps 2008, Hervé Falciani est l’un des représentants de Palorva au Liban, mais il n’utilise pas son vrai nom. Il fournit à ses interlocuteurs des cartes de visite au nom de Ruben al-Chidiack. Il est accompagné de Georgina, une informaticienne qui travaille comme lui pour la HSBC Private Bank. Tous les deux atterrissent début février 2009 à Beyrouth pour un séjour qui ressemble à des vacances de couple amoureux, mais également pour proposer les services de la société Palorva. Selon l’alerte de l’association bancaire, ils cherchent «à vendre, pour un prix qui n’a pas été déterminé, la base de données en question, qui avait été constituée par l’interception de fax et d’e-mails avec l’aide d’une tierce personne». Quand, au mois de décembre 2008, Georgina est interrogée, elle charge lourdement Hervé Falciani. Dès le séjour libanais, elle aurait eu «des doutes quant à la légalité [ du fichier présenté] compte tenu de l’attitude d’Hervé». Et elle ajoute même à l’adresse des enquêteurs suisses qu’elle soupçonne le frère d’Hervé, domicilié à Monaco, d’être lui aussi engagé dans des activités suspectes. Si Palorva a bel et bien existé, le but de sa société reste trouble. Était-ce véritablement une société de conseil ? Hervé Falciani, frustré que ses conseils n’aient pas été acceptés au sein de sa banque, aurait voulu monter sa propre entreprise et démarchait de futurs clients en compagnie de sa collègue, née au Liban il y a trente-cinq ans. Était-ce au contraire pour vendre la liste ? Le fait, durant une semaine de vacances, d’aller voir quatre banques dont une suisse aurait été une façon de se jeter dans la gueule du loup, d’autant que les deux salariés ont, à l’issue de leurs vacances, repris leurs postes à la HSBC Private Bank comme si de rien n’était. Dénoncer la délinquance financière L’objectif était-il enfin de dénoncer la délinquance financière, comme l’affirme Hervé Falciani ? Selon la chronologie de l’affaire, il apparaît que cette phase est arrivée dans un second temps, au printemps 2008. Hervé Falciani aurait alors contacté plusieurs organisations internationales et aurait voulu rendre concrètes les conclusions du sommet du G20 sur l’opacité de la finance mondiale. C’est aussi à cette période que la DGSE, mise au courant de ses démarches, s’était rapprochée de lui et l’avait mis en contact avec les interlocuteurs idoines, à savoir la Direction nationale des services fiscaux. Que savaient réellement les Suisses de ces épisodes ? Officiellement, rien. Dans leur très détaillée demande d’entraide pénale à la France de janvier dernier, ils ne faisaient aucune mention de contacts avec la France. Changement de ton vendredi soir : un porte-parole du procureur fédéral a indiqué dans un courriel à l’Agence France Presse que «l’enquête a permis de déterminer que déjà en juillet 2008, Hervé Falciani a transmis des données ainsi que les codes permettant de les déchiffrer aux autorités françaises». LIRE AUSSI » Fisc : comment «Hervé» a percé les secrets suisses » HSBC : l’ultimatum suisse à la France » HSBC : l’informaticien voulait moraliser le système » Comment le fisc a eu la liste des évadés fiscaux…
Publié par la rédaction le 19 décembre 2009 à 0:03
Avant de confier sa vie à un chirurgien, un citoyen peut-il vérifier que celui-ci n’a pas été condamné ou interdit d’exercice pour de graves fautes médicales ? La question a été soulevée récemment, avec les ennuis de santé de Johnny Hallyday après une intervention pour hernie discale. Certes, la responsabilité de son chirurgien, le Dr Stéphane Delajoux, reste à prouver (une audience est prévue lundi au tribunal de grande instance de Paris pour décider de la réalisation d’une expertise afin de déterminer d’éventuelles responsabilités médicales). On peut toutefois se demander si le chanteur aurait fait appel au «chirurgien des stars» s’il avait connu son passé sulfureux, révélé depuis dans les médias. D’après notre enquête, accéder aux antécédents judiciaires d’un professionnel de santé relève, pour un citoyen lambda, du parcours du combattant. La situation n’a rien de spécifique au milieu médical. «Je ne connais aucune profession réglementée, médicale ou non, qui publie le “passé judiciaire” de ses membres», remarque Lionel Jacqueminet, avocat spécialisé en droit de la santé (Paris). Selon lui, ce n’est pas choquant. «Ce n’est pas parce qu’on est condamné par l’Ordre des médecins, qu’on est forcément un mauvais praticien.» Justice pénale, civile, ordinale… Les médecins peuvent en effet être poursuivis par diverses instances pour des motifs variés qui n’ont pas forcément à voir avec leurs compétences cliniques. Selon plusieurs spécialistes, il n’est en tout cas pas exceptionnel qu’un praticien ait plusieurs condamnations à son actif, sans que ses patients en soient informés. En pratique, quelques informations basiques peuvent être obtenues via le Conseil de l’ordre des médecins. «Toute personne peut téléphoner à l’Ordre départemental pour savoir si un praticien est en capacité d’exercer. L’information est aussi en libre accès sur notre site Internet qui est remis à jour quotidiennement», indique le Dr Jackie Ahr, secrétaire général adjoint du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM). Il précise aussi que les audiences des instances ordinales sont publiques et que leurs décisions définitives sont affichées (quelques jours) dans les bureaux des conseils départementaux. La communication reste toutefois limitée. Un praticien temporairement interdit d’exercice - par décision ordinale ou pénale - ou définitivement radié est effectivement introuvable sur l’annuaire en ligne du CNOM, mais aucune précision n’est apportée quant au motif. Surtout, il est hors de question pour l’Ordre de rendre publiques les autres informations dont il dispose sur les médecins. Ni auprès des assureurs, ni dans leur casier judiciaire La discrétion est également de mise chez les assureurs en responsabilité civile de ces professionnels, qui ont eux aussi accès à l’ensemble du dossier de leurs clients. Inutile enfin de songer à réclamer leur casier judiciaire. En dehors de la personne concernée, une telle demande ne peut être effectuée que par des administrations, des employeurs ou des associations, selon un avocat. Le public se sent-il pour autant pénalisé ? Au quotidien, le Conseil de l’ordre se dit moins souvent sollicité sur le passé judiciaire des médecins que sur leur capacité à pratiquer tel ou tel acte. «Je reçois 500 personnes par an, jamais personne n’a soulevé le problème des condamnations, assure aussi Marie Solange Julia, présidente des Aviam (associations d’aide aux victimes d’accidents médicaux). On nous interroge davantage sur la réputation d’un établissement ou les compétences d’un praticien.» Faudrait-il plutôt miser sur une recherche d’informations positives, attestant des bonnes pratiques d’un médecin ? C’est le sens d’une démarche initiée par la Haute Autorité de santé (HAS) pour accréditer des cliniciens exerçant des spécialités à risque dans des cliniques ou des hôpitaux. En trois ans, près de 4.400 volontaires ont déjà obtenu cette «labellisation», attribuée sur plusieurs critères dont la gestion des risques. «La demande des antécédents de contentieux avait été envisagée, mais il y avait une impossibilité juridique», précise Frédérique Pothier, de l’HAS. La liste de ces praticiens accrédités est publique, mais peu visible sur le site de l’HAS. LIRE AUSSI » Chaque année, un chirurgien sur deux est mis en cause